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Publié par Saoudi Abdelaziz

11 août 1942. L'Algérien Mohammed Ben Slimane est fusillé par les Allemands

Mohammed Ben Slimane fait partie des Algériens, résistants anti-nazi, fusillés au Mont-Valérien entre 1941 et 1944. Jean-Pierre Filiu écrit : "Le Mont-Valérien est aujourd’hui un Haut lieu de la mémoire nationale, établi en hommage aux résistants et aux otages qui y ont été fusillés par l’armée allemande d’occupation de 1941 à 1944."

Extrait de l'article intitulé Les fusillés arabes du Mont Valérien.

 

Né dans le Grand Sud algérien, à Ksar El-Hirane, sans doute en 1899, Mohammed Ben Slimane s’est installé en France métropolitaine à l’issue de ses quatre années de service militaire. Il est embauché en 1931 comme infirmier à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, à Villejuif, où il adhère au Parti communiste français (PCF), devenant un militant actif. En 1933, il épouse, à la mairie de Villejuif, Marie-Louise Corbel, originaire du Morbihan, et cinq enfants naîtront de cette union. L’interdiction du PCF en 1939, du fait du pacte germano-soviétique, ne dissuade pas Ben Slimane de continuer à militer, cette fois hors de tout cadre légal. Il rejoint même, en février 1942, l’Organisation spéciale (OS), l’appareil clandestin du PCF, que l’invasion hitlérienne de l’URSS a fait basculer dans la Résistance.

Le 23 juin 1942, Ben Slimane est arrêté sur son lieu de travail par la police française, qui le livre trois jours plus tard aux autorités allemandes. Il est accusé d’avoir participé à l’attentat à la bombe, le 29 mai précédent, contre un café proche du Palais de Justice de Paris, fréquenté par des collaborateurs français (2 morts et 6 blessés). En outre, Ben Slimane refuse de livrer les noms de ses camarades de l’OS, une preuve aux yeux de l’occupant de son « entente avec l’ennemi ». Le 5 août 1942, un commando de la Résistance attaque des soldats de la Luftwaffe (l’armée de l’Air) au stade Jean Bouin à Paris. Avec huit morts, c’est l’attentat anti-allemand le plus meurtrier perpétré dans la capitale. L’exécution de 88 otages est décidée en « représailles » au Mont-Valérien, le 11 août. Ben Slimane est fusillé ce jour-là, aux côtés d’un de ses camarades de la cellule communiste de Villejuif et de trois autres otages raflés à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. La mention « mort pour la France » est apposé sur son acte de décès à la Libération.

Ben Slimane ne fut pas le premier des fusillés arabes du Mont-Valérien. Mohamed Moali, âgé de 41 ans, fut arrêté, le 19 septembre 1941, par les policiers du 19ème arrondissement de Paris, avec sur lui un pistolet. Livré aux autorités allemandes, il fut condamné à mort pour « détention d’armes », le 26 septembre, et exécuté dès le lendemain. Mohamed Bounaceur, 41 ans, fut arrêté, le 7 décembre 1941, à Ivry-sur-Seine, pour possession d’un revolver. Condamné par un tribunal allemand pour « détention illégale d’armes et de munitions », il fut exécuté le 27 décembre (une rue d’Ivry a pris son nom pour l’honorer). Essaïd Ben Mohand Haddad, 34 ans, fut arrêté dans le 19ème arrondissement, porteur d’un revolver. La perquisition de son domicile révéla des indices d’engagement communiste, mais c’est pour « détention d’armes » qu’il fut condamné par un tribunal allemand et, le 12 janvier 1942, exécuté. C’est encore pour « détention d’armes » qu’Amar Zerboudi, 39 ans, fut arrêté à Aubervilliers, condamné à mort et, le 24 janvier 1942, fusillé. C’est toujours sous la même accusation que Mohammed Aït Abderrahmane, âgé de 37 ans et arrêté dans le 15ème arrondissement, fut condamné par un tribunal allemand et, le 12 mars 1942, exécuté (...).

La plupart des données biographiques, ainsi que la photographie de Mohammed Ben Slimane,  proviennent de l’ouvrage de référence qu’est « Les Fusillés » (Atelier, 2015) et du site qui lui est associé.

Source : Le blog de jean-Pierre Filiu

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