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Publié par Saoudi Abdelaziz

Fresque d’Ahed Tamimi en Cisjordanie occupée.

Fresque d’Ahed Tamimi en Cisjordanie occupée.

Ils ont tous deux été libérés après huit à neuf mois de détention, lui, le militaire israélien, pour un meurtre, elle, l’adolescente palestinienne, pour une gifle.

Par Jean-Pierre Filiu, historien, 29 juillet 2018

Ils ont tous les deux été récemment libérés, après neuf mois de détention pour le premier, huit mois pour la seconde. C’est bien leur seul point commun. Lui, le sergent Elor Azaria, a été reconnu coupable d’avoir achevé de sang-froid, en mars 2016 à Hébron, un assaillant palestinien qui gisait déjà à terre, grièvement blessé. Elle, Ahed Tamimi, était accusée d’avoir bousculé, en décembre 2017, deux militaires israéliens ayant pénétré dans la maison familiale, en Cisjordanie occupée. Lui, âgé aujourd’hui de 22 ans, est né dans la ville de Ramla, dans le centre d’Israël. Elle, née en 2001 dans le village palestinien de Nabi Saleh, a fêté son dix-septième anniversaire en prison.

DEUX POIDS, DEUX MESURES

Le procès du sergent Azaria a provoqué une véritable tempête en Israël. La hiérarchie militaire s’est retrouvée dans la position paradoxale de devoir recommander un verdict sévère, alors que le Premier ministre Netanyahou et ses alliés plaidaient la clémence. Aux généraux qui souhaitaient, par une condamnation exemplaire, rappeler à leurs subordonnés les règles élémentaires de la discipline et de la morale, les politiciens de droite et d’extrême-droite opposaient leur surenchère ultra-nationaliste, en phase avec les quelques centaines de colons implantés au coeur de Hébron. Des échauffourées sérieuses éclatent même, en janvier 2017, devant le tribunal militaire de Jaffa entre partisans d’Azaria et police anti-émeutes.

Avant même que la sentence ne soit prononcée, Netanyahou en appelle à la grâce d’Azaria. Mais ce privilège régalien est du seul ressort du président d’Israël, Reuven Rivlin, un des piliers historiques du Likoud, devenu aujourd’hui un des rares contre-pouvoirs face au chef du gouvernement. Rivlin, soucieux avant tout de protéger l’état-major, refuse tout geste de clémence. La peine retenue pour un simple « homicide », l’accusation initiale de « meurtre » ayant été requalifiée, est pourtant bien légère: dix-huit mois de prison. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dénonce un verdict « inacceptable »  qui ne peut qu’encourager la « culture de l’impunité » des troupes d’occupation. Du fait de différents recours, Azaria ne purge que la moitié de la peine prononcée. Il est libéré en mai 2018, après neuf mois d’incarcération.

A CHACUN SON ICONE

Alors que l’opinion israélienne se divise profondément sur le cas Azaria, elle soutient majoritairement la sévérité à l’encontre d’Ahed Tamimi, emprisonnée en même temps que sa mère, après la diffusion virale d’une vidéo où elle tente de repousser deux militaires israéliens hors de chez elle. Il en va, pour de nombreux décideurs et commentateurs, de « l’honneur » de Tsahal qu’aurait défiée cette adolescente palestinienne.

L’engagement non-violent d’Ahed et de la famille Tamimi ne suffit pas à racheter leur résistance opiniâtre à l’occupation, stigmatisée comme une nouvelle forme de « terrorisme », un amalgame bientôt systématisé à l’encontre des marcheurs de la bande de Gaza. Les pressions exercées sur la jeune détenue la contraignent à plaider coupable face à la justice militaire, en contrepartie d’un allègement de sa sentence, réduite à huit mois de prison.

Ce procès met en lumière à la fois les violences infligées aux mineurs palestiniens par l’occupation israélienne et la mécanique implacable d’une justice d’occupation qui condamne 99% des prévenus palestiniens. Ahed Tamimi et sa mère sont détenues en territoire israélien, en violation du droit international, qui interdit le transfert d’un détenu par les troupes d’occupation. Elles viennent toutes deux d’être libérées, après avoir purgé l’intégralité de leur peine. Les autorités israéliennes ont tout fait pour atténuer l’impact médiatique de cette libération. Elles ont même brièvement incarcéré deux Italiens et un Palestinien, qui travaillaient à une fresque de l’adolescente sur le Mur israélien (photo ci-dessus) à Bethléem, non loin de l’hôtel ouvert par Banksy en 2017.

Aucune entrave n’a en revanche été mise au retour d’Elor Azaria, le 3 juillet 2018, sur le lieu de son crime, à Hébron. Il y a été ovationné par des colons qui lui attribuent l’arrêt des attaques au couteau dans cette cité palestinienne. Il est vrai que ces mêmes colons continuent de révérer, au-dessus de la ville de Hébron, la tombe d’un des leurs, Baruch Goldstein, lynché après avoir massacré 29 Palestiniens en prière dans la mosquée d’Abraham, en février 1994.

C’est ainsi que les  emprisonnements, comparables par leur durée, d’Azaria et de Tamimi, ne nous apprennent pas seulement beaucoup sur le deux poids, deux mesures d’une justice d’occupation. Ils révèlent aussi la profondeur du fossé qui semble se creuser inexorablement entre les sociétés israélienne et palestinienne, à l’image d’Elor et d’Ahed, célébrés par les uns, traînés dans la boue par les autres.

Source : filiu.blog.lemonde.fr/

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mehdi mountather 12/08/2018 16:53

Après ces crimes en Yémen et a Gaza ALLAH extermine les saoudiens et les israéliens par des inondations les foudres tempête de sable les grêlons les tornades les séismes les incendies les météorites si la fin du monde 17.8.2018 Mohamed Ben Salmane a l'enfer avant Netanyahu et Trump aux non musulmans de se convertir a l'islam pour éviter ces criminels et Daech a l'enfer.