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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Le tribunal de Ghardaia a pris une semaine supplémentaire de réflexion en reportant au mardi 7 Août son verdict dans l’affaire Salim Yezza. Les juges vont-ils suivre les réquisitions ouvertement illégales du parquet, se mettant ainsi au service d'une énième obscure opération politicienne. Vont-ils au contraire affirmer leur souveraineté au service de la Loi?

Une pétition de soutien à Salim Yezza, est diffusée dans les journaux algériens et sur les réseaux sociaux. On y lit notamment :

 

"À Ghardaïa, le spectre de la provocation, que nous pensions enterré, refait surface. Le parquet près le tribunal de cette ville exhume un vieux statut Facebook, daté du 25 janvier 2014, pour poursuivre un citoyen originaire des Aurès. Il demande à ce qu’il soit emprisonné pour deux années et qu’une amende de 100 000 dinars lui soit infligée. Quatre années et demie nous séparent de cette prise de parole que la justice exhibe, nonobstant le délai légal de prescription fixé à trois ans, pour appuyer des poursuites qui ne peuvent pas se prévaloir de la loi. Les anomalies qui entachent ce procès sont nombreuses et ne se limitent malheureusement pas à cette dérogation au délai de prescription. Elles s’étendent :

  • À une instruction menée exclusivement à charge, sans audition de l’incriminé.

  • Au non-respect des mesures conservatoires et préparatoires qui devait permettre de l’entendre (aucune convocation, aucun télégramme).

  • À une diffusion “initiée” de la commission rogatoire, envoyée par fax au seul Aéroport Mohamed Khider de Biskra par lequel devait voyager le mis en cause.

  • À des erreurs grotesques dans l’énoncé des articles de loi invoqués à l’appui des poursuites.

Salim Yezza, c’est le nom du citoyen qui se trouve dans le collimateur de cette opération judiciaire, est natif de T’koukt dans les Aurès. Au début des années 2000, il a été délégué du mouvement Citoyen dans sa ville. À ce titre il a eu à connaître la répression et à subir l’injustice. Il est connu comme un militant humaniste et progressiste, engagé pour la défense des libertés et défenseur inconditionnel de l’Amazighité. Depuis 2011, il est établi en France où il continue son engagement dans le mouvement associatif. Il est poursuivi en conséquence du subit intérêt que le procureur près le tribunal de Ghardaïa a porté, le 9 avril 2018, à son compte Facebook. Pourtant, à cette date, la région a renoué avec le calme et les publications que le magistrat arbore en trophée sont sorties de la temporalité de l’action légale.(...)

C’est édifiés par les nombreuses expériences passées et attachés à la paix civile que nous citoyens, journalistes, intellectuels, appelons à la cessation immédiate des poursuites injustes engagées à l’encontre de Salim YEZZA. Nous condamnons son arrestation et exigeons sa libération". Source : El Watan

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