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Publié par Saoudi Abdelaziz

Atteintes aux libertés syndicales. L’Algérie devant la commission du BIT

"C'est la troisième fois consécutive que l’Algérie se voit ainsi classée comme “un pays ne respectant pas les conventions internationales du BIT”

Par D. Loukil, 2 juin 2018

La 107e conférence internationale du travail, qui se tient à Genève depuis plusieurs jours, a décidé d'inscrire l'Algérie dans un groupe de 25 pays, tous soumis à étude au cours de cette session, avec des enjeux importants pour les autorités algériennes qui se retrouvent, de plus en plus souvent, face à de fortes critiques au sein des instances onusiennes.

C'est la troisième fois consécutive que l’Algérie se voit ainsi classée comme “un pays ne respectant pas les conventions internationales du BIT”, d'où son passage à étude devant la commission des normes qui était prévue, hier, toujours à Genève. Face aux représentants de l'État, des syndicalistes de la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (Cgata), non reconnue par le ministère du Travail, et qui regroupe en son sein plusieurs syndicats autonomes, ont été invités à présenter un rapport sur l'état des lieux des droits des travailleurs et du libre exercice syndical dans notre pays.

La coïncidence probablement mal venue, avec la décision récente du ministère du Travail de considérer comme non représentatif un nombre important de syndicats autonomes à l'origine de mouvements de protestation, notamment dans la Fonction publique, ne manquera pas d'être évoquée à Genève.

Il sera encore probablement question de cas précis des syndicalistes de Sonelgaz licenciés et bénéficiant de décisions de réintégration, le refus du ministère du Travail de délivrer des récépissés pour le dépôt d'enregistrement de nouveaux syndicats, les poursuites judiciaires contre des syndicalistes, la révision du code du travail fortement critiqué pour certains de ses articles relatifs au droit de grève et au libre exercice syndical. Pour les syndicalistes algériens qui ont choisi d'exposer leurs cas auprès de l'instance du BIT, leur démarche se pose comme objectif d'“exiger que le libre exercice du droit syndical soit consacré en Algérie…”

Dans un communiqué rendu public, avant le passage et l'audition du cas Algérie, la Cgata explique qu'il faut “comme le prescrit la Constitution algérienne, (que) les conventions et traités internationaux ratifiés par l'Algérie soient supérieurs à la loi algérienne et soient aussi respectés dans l'esprit et la lettre”. Et de revendiquer dans la foulée la mise en place “d'une instance indépendante qui aura à trancher sur la représentativité des organisations syndicales”. Les représentants de l'État, au cours de cette 107e conférence internationale du BIT, auront à cœur de répondre aux critiques qui ne manqueront pas de fuser, et cela, point par point.

Pourtant l'Algérie avait déjà eu une occasion de faire état de sa position, d'éclairer l'avis des experts du BIT, lors d'une mission qui devait se dérouler en Algérie, en février 2018. Mais l'agenda des experts du BIT avait été refusé par les autorités, faisant ainsi annuler cette même visite.

Source : Liberté

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