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Publié par Saoudi Abdelaziz

"C’est le secteur privé qui crée le plus de postes d’emploi en Algérie" avait affirmé en janvier 2014, le ministre du Travail Mohamed Benmeradi, qui avait avancé le taux de 58,8%. On est curieux de savoir combien d'adhérents du secteur privé a déclaré la centrale UGTA qui vient de réussir l'examen de représentativité auprès du successeur de M. Benméradi.

Ici, le syndicat n'est le bienvenu. Photo DR

3%

Les choses ont-elle radicalement changé depuis que Mustapha Mékidèche. vice-président du Conseil économique et social affirmait en marge de la Tripartite de septembre 2011: "Le taux de syndicalisation est évalué, par certaines sources crédibles, seulement à 3% dans le secteur privé. Ce déficit de représentativité devient récurrent risquant même de devenir structurel".

Quatre ans plus tard, ce n'est pas de taux de syndicalisation qui préoccupe Smaïn Kouadria, mais l'inexistence même du syndicat dans le privé. Cet ancien responsable syndical au complexe sidérurgique d' El hadjar affirmait en 2015 : "Hormis quelques entités, 90% du secteur privé ne disposent pas de syndicat (...) A Coca Cola, par exemple, on n’arrive toujours pas à créer un syndicat ». Conséquence  : « Rares sont les entreprises du secteur privé qui disposent de conventions collectives"

Convention-maison

On le sait, dans les entreprises dépendant des conglomérats contrôlé par les oligarques, le syndicat n'est pas le bienvenu. Y compris chez ceux qui se réclament, comme M. Rebrab de visions "modernes" de l'entreprise.

Depuis quelques temps, Le trio UGTA-FCE-ministre du travail prépare en catimini, dans le cadre du nouveau code du travail de nouvelles règles permettant que des conventions collectives soient élaborées sans passer par les négociations dans les entreprises. C'est qu'annonçait déjà en 2011 Mustapha Mekidèche  : "Le ministère du travail envisage, à la faveur de l’élaboration  du nouveau code du travail, d’introduire une clause rendant obligatoire l’application des conventions  de branches par les entreprises non signataires du fait de l’inexistence ou de l’absence de la représentation syndicale".

"Syndicalisme buvard"

En mars 2005, évoquant le rôle de l'UGTA Ammar Belhimer écrivait : "L'implication des principaux dirigeants syndicaux dans la gestion des organismes sociaux éloigne leur organisation des fonctions de base du syndicalisme : l'amélioration des conditions de travail et de rémunération des salariés dans les entreprises. Construite autour du rejet de la lutte des classes et de la grève comme arme de lutte, d’une part, et de l’exercice de la cogestion, d’autre part, l’UGTA négocie son avenir autour de cette rente de situation, de cette présomption de représentativité et de la proximité qu’elle lui permet avec les sphères de décision du pouvoir dans le cadre de l’exercice d’un "syndicalisme buvard" qui aspire les revendications de la base et le mécontentement populaire".

POST SCRIPTUM

Taux de syndicalisation en reflux dans le monde

Globalement le taux de syndicalisation aux États-Unis est tombé à 11,1% en 2014 contre 20,1%, en 1983 et un pic de 34,8% en 1954, selon des chiffres du département du Travail.

Pour l’ensemble des pays de l’OCDE, la moyenne de syndicalisation était de 17% en 2013. En Slovénie et en Turquie, pays membres de l’OCDE, le taux de syndicalisation n’est plus respectivement que de 23,1% et 4,5% en 2012 contre 42% et 10,6% en 1999.

Avec un taux européen de 23 % en 2013, on enregistre 11% de syndiqués en France.

En tête, les pays nordiques, où, si l’affiliation à un syndicat demeure encore élevée on observe aussi un fléchissement net : en 2012, 82,6% en Islande, 67,5% en Suède, 53,5% en Norvège, contre respectivement 87,4%, 80,6% et 54,8% en 1999. La fameuse DGB allemande a perdu 48 % d’adhérents depuis le début des années 90. Seule l’Italie connaît une augmentation de son taux de syndicalisation.

Dans la région du Maghreb, le taux de syndicalisation en Tunisie était de 18% en 2012, et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), fondée en 1946, revendique 750 000 adhérents à elle seule, soit environ 17% de la population active. Au Maroc, d'après le Haut-commissariat au plan (HCP), qui a publié en 2017 les résultats d'une enquête portant sur l'emploi, 96,6% des actifs occupés, soit 10.282.000 personnes, ne sont pas affiliés à une organisation syndicale ou professionnelle. Seuls 6% des actifs occupés en milieu urbain adhèrent à une organisation syndicale ou professionnelle, et uniquement 1% en milieu rural.

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