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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Le 28 février 2018 l'agence APS publiait cette cette dépêche : "La major américaine, ExxonMobil, première compagnie pétrolière mondiale, envisage de s’implanter en Algérie et de développer des projets en commun avec Sonatrach, a annoncé le PDG du groupe pétro-gazier algérien, Abdelmoumen Ould Kaddour. Dans un entretien accordé à l’APS au terme de sa visite de trois jours à Houston, le patron de Sonatrach a fait savoir qu’ExxonMobil était «extrêmement intéressée» par l’investissement en Algérie."

La récente acquisition par  Sonatrach d'une raffinerie sicilienne quasi obsolète appartenant à ExxonMobil serait une sorte de "cadeau" fait par le groupe pétrolier algérien au futur partenaire, selon le consultant blogueur Larbi Zouaimia qui écrit notamment : " Au moment où on s’interroge toujours sur l’astucieux dans cette transaction d’Augusta, des échos résument un tel concordat commercial dans un cadeau offert à Exxon-mobile pour enclencher avec “un business à long terme”. Monsieur Ould Kaddour sait qu’ExxonMobile est la plus grande compagnie en bourse (346 Milliards Cap Bour) qui a performé ses options technologiques dans la fracturation hydraulique avec son savoir faire et que Sonatrach veut, à tout prix, la ramener à Ain Salah."

La raffinerie Esso-Italiana: un achat énigmatique ?

Par Larbi Zouaimia, 19 mai 2018 . Universitaire, blogger, analyste

700 millions de dollars pour une raffinerie sicilienne de 70 ans, une raffinerie croulant sous un chapelet de problèmes ayant débuté en 1990 quand la zone entourant le complexe, fut déclarée un risque pour l’environnement.

 

En vérité, le nœud gordien de la problématique réside essentiellement dans la contamination du sol, à cela vient s’ajouter la pollution de l’eau et de l’air. Une situation ayant poussé les tribunaux à intervenir.

Pour preuve, il faut juste se référer à la décision judiciaire de juin 2017 émise par le procureur en chef du district sicilien : Francesco Paolo Giordano, pour s’en rendre compte.

Le magistrat avait bel et bien ordonné la fermeture de deux parties de la raffinerie suite à un rapport d’enquête sur la qualité de l’air, lequel avait démontré que l’émission de l’oxyde de souffre et l’oxyde d’azote avait dépassé le seuil critique. Drôle de topo donc pour une raffinerie qui doit fermer dans 11 ans ! Car en fait à part l’air et l’eau, à combien va se chiffrer la décontamination du sol, une opération gigantesque de plusieurs années, imputable à la société acquéreuse selon diverses sources ?

A combien s’élève aussi le périmètre concerné par la dépollution pour une raffinerie occupant une aire globale de 310 hectares, faisant d’elle la deuxième en superficie au niveau de l’Europe ?

Peut-on ainsi parler de 600 hectares à traiter ? A vrai dire : traitables sur une étendue pareille en se demandant encore pour quelle profondeur d’excavation tout cela se fera, sachant bien qu’aux USA un Cu Yd* converti en mètre cube de terre, coûte un minimum de 170 dollars.

Une autre interrogation s’impose. Est-ce que le chiffre de 500 millions d’euros avancé et devant être déversé pour la dépollution (soit 600 millions de dollars) , est un montant qui relève de la réalité ? Si tel est le cas, il se peut qu’on se trouverait dans une situation congénère à la raffinerie française de Petrollus en Normandie n’ayant pas trouvé de preneur solvable vu l’état de l’empoisonnement environnemental, et que l’Etat a fini par fermer.

Mais ce qui triture les méninges, c’est cet empressement de Sonatrach à vouloir acheter une raffinerie de 685 employés, une raffinerie sortie de nulle part et qu’aucune intention de vente ou d’intérêt pour achat n’a été mentionnée’ ou exprimée avant.

Le paradoxe est que Sonatrach qui a tant parlé de la facture l’importation du carburant (2,2 milliards $ pour 3,4 millions de tonnes) à cause d’un manque de raffinage, nous avait fait comprendre que cette question sera résolue.

Elle le sera d’après une ribambelle de déclarations, non seulement par une réponse appropriée à la consommation nationale, mais avec une possibilité d’exportation, une fois les complexes de Tiaret et de Hassi Messaoud achevés.

Seulement, voila qu’on vient de changer de cap en prétextant que la construction d’une raffinerie est chère et peut prendre beaucoup plus de temps. Or, cette façon de meubler l’argumentaire semble beaucoup plus applicable aux USA et au Canada, mais pas à l’Algérie... Dans les pays industrialisés, surtout de l’Europe de l’Ouest, les coûts, les charges et les conditions diffèrent.

Que conclure lorsque le stratège du raffinage de l’ouest canadien Ian Mcgregor disait, une fois, qu’une raffinerie peut lui coûter moins chère en Chine mais le problème qu’il ne pouvait pas ramener le bitume là-bas ( allusion: le Canada raffine les sables bitumineux).

Si en Chine le prix est abordable on peut affirmer que la construction d’un complexe à Hassi Messaoud serait encore moins coûteuse . Enfin nous y voila dans les contradictions des prologues pour aller raffiner en Sicile ... mais pourquoi ?

BP, TOTAL et LUKOIL concurrents ?

Au moment où on s’interroge toujours sur l’astucieux dans cette transaction d’Augusta, des échos résument un tel concordat commercial dans un cadeau offert à Exxon-mobile pour enclencher avec “un business à long terme”.

Monsieur Ould Kaddour sait qu’ExxonMobile est la plus grande compagnie en bourse (346 Milliards Cap Bour) qui a performé ses options technologiques dans la fracturation hydraulique avec son savoir faire et que Sonatrach veut, à tout prix, la ramener à Ain Salah.

Mais dans cette foulée surgissait encore des justificatifs fallacieux surtout par des errements journalistiques ayant rallongé la stupéfaction, et voulant dire que de grandes compagnies  ...telles BP, TOTAL et la russe LUKOIL se sont bagarrées pour acheter la raffinerie Augusta “propriété à 100%” d’Exxon mobile ...

Après tout, cette manière de défendre par l’erroné une transaction, relève d’un exercice de néophyte puisque, tout simplement, cette allégation est foncièrement absurde surtout en ce qui concerne la compagnie Lukoil.

Le PDG de la pétrolière russe avait déjà annoncé que sa firme était entrain de revoir et d’évaluer ses opérations à l’étrangers, et étudiait la possibilité de vendre sa raffinerie ISAB proche de celle d’Augusta en Sicile.

La raffinerie ISAB de 160000 b/j date datant 1960 a été modernisée surtout en ce qui concerne sa dotation d’un système de contrôle des émissions de gaz toxiques. Elle est dans de meilleures conditions.

Faut-il souligner qu’ISAB Lukoil est moins exposée à des tracasseries juridiques, comparativement à sa voisine achetée par Sonatrach.

Enfin, la gestion de la raffinerie d’Augusta souffre de l’instabilité particulièrement du staff dirigeant. Exxon Mobile avait multiplié depuis une année les annonces pour recruter des cadres, des ingénieurs et des gestionnaires, une manière pour consolider sa production ayant chuté de 200000b/j en 2012 à 190000 en 2014 et 1 169000 b/j actuellement.

En conclusion, l’histoire de Sonatrach avec Exxon Mobile aurait débuté bien avant janvier 2018 et Ould Kaddour avait déjà eu des contacts avec le buisnessman britannique Ian Taylor, chef du groupe Vitol Group: la compagnie suisse spécialiste du transport du brut assurera la navette de Skikda vers les Terminaux de la raffinerie sicilienne.

Source : Blogs HuffPost-Algérie

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