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Publié par Saoudi Abdelaziz

8 mai 2018. Rassemblement place du Châtelet au centre de Paris. Photo DR

8 mai 2018. Rassemblement place du Châtelet au centre de Paris. Photo DR

Depuis le 8 mai 2015, qui marquait les 70 ans des massacres de masse, dans le Constantinois, de milliers d’Algériens par la police et l’armée française ainsi que par des milices d’européens armés, un rassemblement a lieu chaque année à Paris. Pour demander aux plus hautes autorités de l’Etat la reconnaissance de cet événement et l’ouverture des archives.

Suite à un appel national dont nous reproduisons ici le texte, des rassemblements ont eu lieu le 8 mai 2018, à l’appel de diverses associations, à Paris, place du Châtelet, ainsi que dans plusieurs autres villes.

L’autre 8 mai 1945

Appel national unitaire ( reproduit notamment sur le site de la LDH )

Il est impossible de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai 1945 et les jours suivants.

Des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma, Kherrata et la région ont été réprimées dans le sang ; des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, des milices armées par les autorités locales et l’armée Française aux ordres de l’exécutif. C’est après le déclenchement de cette répression que l’on a déploré à Sétif et aux alentours une centaine de victimes européennes.

Amputer notre histoire commune par l’occultation de ce crime d’Etat ne permet pas à la France d’en finir avec la page coloniale de son histoire. Si, le 19 mars, le président de la République a reconnu que le système colonial en Algérie était « injuste » et « niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes », il faut qu’il aille plus loin en disant la vérité sur les massacres du 8 mai 1945. Le geste symbolique fait à Sétif en 2015 par le secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la mémoire, J-M. Todeschini, demeure très en-deçà de cette demande.

En 2015, le conseil municipal de Paris a demandé à l’unanimité au chef de l’Etat de reconnaître ces massacres comme crimes d’Etat. Des vœux dans ce sens ont été adoptés par les villes de Rennes, de Nanterre et d’Ivry-sur-Seine.

Avant de devenir président de la République, le 5 février 2017, à l’occasion d’un déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a affirmé que la « colonisation est un crime contre l’humanité », et, interrogé par Mediapart, le 5 mai suivant, a répondu : « je prendrai des actes forts ». En ce 8 mai 2018, il est temps de passer des paroles aux actes.

Nous demandons : l’ouverture de toutes les archives, l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l’Etat et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l’Education Nationale comme dans les médias publics.

Lors du rassemblement à Paris, il a été demandé au président de la République, Emmanuel Macron, de passer des paroles aux actes.

Associations signataires : Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA), Amis de l’Algérie (Rennes), Anticolonialistes insoumis, ANPROMEVO, Au Nom de la mémoire, Association pour la promotion des cultures et du voyage (APCV), Association des anciens supplétifs de l’armée française (AASAF), association culturelle Les Oranges, Association information et soutien aux droits du peuple kanak (AISDPK), Association Rennes-Sétif, Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4 ACG), Association des Pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), Conseil représentatif des associations noires (Cran), 93 au Cœur de la République, CAPJPO Euro-Palestine, Comité vérité et justice pour Charonne, Coordination contre le racisme et l’islamophobie (Cri), Franco-algériens républicains rassemblés (Farr), Les Amis de Bouazizi, Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Sortir du colonialisme, Survie, Union juive française pour la paix (UJFP), Fasti.
Syndicats : Union syndicale Solidaires.
Partis politiques : Alternative libertaire, Ecologie sociale, Ensemble, Europe écologie Les Verts (EELV), Parti communiste français, Parti de gauche.


A Rennes

Dans cette ville jumelée avec Sétif, un rassemblement a également eu lieu, Square de Sétif, à l’appel de l’ARAC 35, Amazigh-Breizh, 4ACG, Mrap 35, Mouvement de la Paix, LDH 35, MIR, et l’Association de jumelage Rennes-Sétif, avec prises de parole, dépôt de gerbes et moment de recueillement.

« Il faut faire perdurer ce souvenir car n’oublions pas que la vraie mort, c’est l’oubli », a déclaré Fernand Nedjar, président de l’association de jumelage Rennes-Sétif. « C’est l’occasion de mettre en lumière un épisode méconnu de l’histoire et minimisé pendant des années, a ajouté Claudine David, la vice-présidente du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine déléguée aux relations avec le monde combattant. C’est un moyen de réaffirmer l’amitié franco-algérienne. »


A Givors

Un Square de l’Autre 8 mai 1945 et un Espace de la Paix ont été inaugurés dans cette ville du département du Rhône, dans le Sud Lyonnais. Le film 10949 femmes de Nassima Guessoum a été projeté et une conférence débat intitulée « L’autre 8 mai 1945 » a été organisée par l’Université populaire.











A Nanterre

Comme les années précédentes, dans cette ville de la banlieue parisienne importante dans l’histoire de l’immigration algérienne en France, le maire, des élus municipaux et des élus du département, ainsi que divers responsables d’associations, ont participé à un rassemblement sur le parvis de l’Hôtel de ville pour commémorer cet événement et demander sa reconnaissance par l’Etat.

Source : Histoire coloniale.net

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