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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Des acteurs de la société civile demandent au gouvernement d’arrêter les opérations d’expulsion. Migration : appel à la mise en place d’«un cadre légal»

Par Houria Moula, 20 mai 2018. Reporters-dz

Alors que les autorités continuent de traiter le flux migratoire en procédant à ce qu’elles présentent comme des opérations de «rapatriement humanitaire», des militants et défenseurs des droits humains, ONG et acteurs de la société civile, se mobilisent et appellent le gouvernement à cesser cette campagne d’expulsion et à mettre en place, en urgence, un cadre légal régissant la présence des migrants.

«Depuis le début de l’année 2018, une campagne généralisée d’arrestations arbitraires, suivies d’expulsions collectives et massives, a frappé l’ensemble des migrants originaires de l’Afrique subsaharienne, se trouvant sur le territoire national», dénoncent d’emblée les rédacteurs d’un appel destiné au gouvernement, rendu public hier. Les initiateurs s’insurgent du fait que des migrants de diverses nationalités, notamment des Guinéens, Burkinabès, Béninois, Maliens, Ivoiriens, Sénégalais, Nigérians, Libériens, Camerounais ou Sierra-Léonais, «sont refoulés aux frontières, sans aucune décision de justice, et au risque de leur vie».

Des opérations de refoulement qui sont organisées, «alors, qu’il n’existe aucun accord de réadmission ou de demandes formulées par les gouvernements de ces pays», affirme-t-on dans le texte de l’appel intitulé « Nous sommes tou(te)s des Migrant(e)s ».

Pour précision, l’appel parle de « plus de 1 500 migrants » qui ont déjà été expulsés durant ces dernières semaines, lors d’opérations « entachées d’abus et en flagrantes contradictions avec le droit international et les droits humains», accusent ses rédacteurs.

La majorité des migrants ciblés par cette «campagne» sont des travailleurs, selon leurs informations, ajoutant que « seul le Niger, a sollicité dès 2014 dans le cadre d’un accord «opaque» avec le gouvernement algérien, le retour des ses ressortissants dont la majorité sont des femmes et des enfants».

Dénonçant fermement ce qu’ils qualifient d’«opérations d’expulsions arbitraires», les signataires de l’appel demandent au gouvernement de respecter «les engagements» contenus dans les conventions internationales relatives aux droits des travailleurs migrants et aux droits des réfugiés, ratifiées par l’Algérie.

Outre l’arrêt immédiat des opérations d’expulsions collectives, ils appellent le gouvernement «à mettre en place en urgence un cadre légal national en respect des droits des travailleurs migrants et une loi sur le droit d’asile». Une loi qui, selon eux, permettra à ces migrants «l’accès au statut de réfugié», et leur assurera «protection» contre  toutes formes d’abus ou d’exploitation.

Ce n’est pas tout, puisque les rédacteurs du texte, et dans une critique qui semble viser M. Ahmed Ouyahia, appellent «à cesser de faire l’amalgame» entre la lutte contre le trafic et le terrorisme, toute légitime quand il s’agit de la sécurité nationale, et l’obligation du respect des droits des réfugiés et des migrants travailleurs. Pour rappel, le Premier ministre a, lors de sa dernière conférence en avril, estimé que l’Algérie «doublement destinataire» d’un flux migratoire, «n’a aucun complexe à le traiter».  «Les immigrants illégaux seront renvoyés chez eux», avait-il assuré, soutenant qu’«il s’agit de notre sécurité nationale et notre ordre public». Il avait justifié en faisant remarquer que «dans le flux des migrants, nous découvrons beaucoup de choses».

L’appel repris par différents acteurs associatifs et dans  plusieurs pages sur les réseaux sociaux, hier, a été signé entre autres par l’avocat Salah Dabbouz, le militant Saïd Salhi de la LADDH, l’activiste Fodil Boumala, l’universitaire Khaoula Taleb Ibrahimi, le député indépendant de Béjaïa Braham Benadji, la porte-parole du Collectif des familles des disparus Nacera Dutour, le président de RAJ Abdelwahab Fersaoui, le consultant Noureddine Bouderba et plusieurs militants de partis politiques, entre autres  Jil Jadid et le RCD.

Source : Reporters-dz

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