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Publié par Saoudi Abdelaziz

Des dirigeants de l'Intersyndicale. Photo DR

Des dirigeants de l'Intersyndicale. Photo DR

Invité par la ministre de l'Education à "dialoguer" au lendemain de la grève nationale qu'ils avaient organisé, les cinq syndicats enseignants membre de  l'Intersyndicale autonome apprennent sur place que Mme Benghabrit ne vient pas pour discuter revendication des grévistes du 4 avril, et notamment de la révision du statut particulier qui est leur revendication principale.  Elle utilise la réunion et les médias invités pour amplifier l'effet d'annonce de certaines mesures positives.  "Des représentants de syndicats-maisons", absents à la grève sont invités, déplore l'intersyndicale, "ils sont présents appelés uniquement pour redorer leur blason et, par là même, diminuer du mérite de notre combat.” La manoeuvre politico-médiatique est donc cousue de fil blanc, conduisant l'intersyndicale a boycotter ce qui se résume à une séance photo.  Evoquant la manière dont le pouvoir avait isolé les mouvements sociaux en 2011-2012, je notais le 27 février dernier :  "La principale stratégie utilisée est la construction d'impasses pour isoler les mouvements sociaux du reste de la population et pour mettre ensuite sur le compte d'organisations satellites l'acceptation des revendications par le pouvoir. Mais, les choses ont beaucoup évolué depuis six ans, l'expérience accumulée semble permettre aujourd'hui une meilleure conduite de la mobilisation".

Réunion entre la ministre et les organisations syndicales du secteur

Éducation : l’Intersyndicale boycotte la rencontre

Par Amar Rafa, 7 avril 2018. Liberté.

“Par éthique, nous n’allons pas nous asseoir avec les syndicats qui n’ont pas fait la grève. Comme lors de la Révolution, celui qui n’avait pas fait la guerre ne pouvait pas s’asseoir à la table des négociations au même titre que les moudjahidine”, a déclaré le secrétaire général du Satef.

Les cinq syndicats membres de l’Intersyndicale de l’éducation (Unpef, Snapest, Satef, Snte,  Cela) se sont retirés de la réunion avec la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit, jeudi, dédiée à l’annonce des mesures de promotion en faveur des personnels du secteur.

Interrogée à ce sujet, la ministre a déclaré qu’“il s'agit d'un malentendu suite auquel les syndicats concernés se sont retirés de la rencontre après avoir appris que la réunion traiterait de l'annonce des nouvelles mesures et ne serait pas une séance de dialogue pour débattre de certaines revendications”, affirmant que le ministère “ne cède pas à la surenchère”.

“C’est faux d’affirmer qu’il y avait un malentendu”, a indiqué, pour sa part, le secrétaire général du Syndicat national autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, expliquant que le boycott de la réunion était motivé par la présence des syndicats non concernés par la réunion de jeudi. “Cette réunion a été programmée avec nous, donc on demande à être seuls, en plus, ce qui devait être une réunion de travail a été transformé en séance d’annonces”, a-t-il estimé. Suite à ce retrait, les cinq syndicats ont tenu une réunion au siège de l’Unpef pour dénoncer leur “exclusion” déguisée. Et ce, “contrairement aux syndicats-maisons qui n’avaient pas à y être” car, selon lui, “ils n’ont jamais fait de grève, ne serait-ce qu’une seconde pour ces revendications. Il n’était pas question qu’ils viennent pour en tirer les dividendes”. Il s’est d’ailleurs demandé “pourquoi, lorsque le Cnapeste a signé avec le ministère, on ne s’était pas invités à cette réunion et pourquoi la ministre ne nous a pas tous invités à cette rencontre, alors qu’il y a des revendications communes ?”

“Par éthique, nous n’allons pas nous asseoir avec les syndicats qui n’ont pas fait la grève. Comme lors de la Révolution, celui qui n’avait pas fait la guerre ne pouvait pas s’asseoir à la table des négociations au même titre que les moudjahidine”, a-t-il indiqué. Et d’ajouter : “Les autres syndicats ont été appelés uniquement pour redorer leur blason et, par là même, diminuer du mérite de notre combat.”

Ces mesures qui, dit-il encore, relevaient de l’impossible à un moment donné sont devenues possibles grâce à la volonté politique, mais “elles sont annoncées pour d’autres buts que la satisfaction de nos revendications. Dans la forme, elles sont destinées à corriger des déséquilibres avec l’application du décret présidentiel 14/266, mais elles visent à détourner du vrai problème de l’éducation, qu’est le statut particulier”. Pourtant, dit-il, “tout le monde sait qu’il n’y aura pas de stabilité dans le secteur tant que le statut particulier n’a pas été révisé”.

Source : Liberté

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