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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le rôle de Ali Mecili dans la conduite démocratique du Printemps berbère de 1980

"La thèse selon laquelle la revendication berbère n’a été couplée avec la question démocratique que pour des raisons tactiques est une simplification qui ne rend pas compte des valeurs politiques des animateurs du Printemps berbère", écrit Hamou Boumediène dans sa contribution intitulée Le Printemps berbère revisité à travers ses valeurs.

"Si ces derniers, par exemple, n’ont pas été tentés par une expérience nationaliste kabyle, alors qu’à l’époque n’ont pas manqué, toujours en Europe, les exemples de mouvements nationalistes (basque, corse, irlandais…), c’est bien parce que leur boussole politique était dirigée ailleurs. La démocratie politique, comme valeur, a été un choix réfléchi et assumé, ce qui place le Printemps berbère dans le mouvement de l’histoire contemporaine comme une contribution innovante des “exclus de l’intérieur” pour reprendre une expression de Pierre Bourdieu.

La culture pour la démocratie et la démocratie pour la culture est assurément un syncrétisme politique réussi qui n’a que très peu d’équivalent dans l’histoire des mouvements identitaires au XXe siècle.

Sans faire dans l’exaltation, il est bien de relever que le Printemps berbère est un mouvement qui s’est engagé sur une voie tout à fait originale, avec des idées innovantes surtout si on se place sur le terrain des luttes des minorités culturelles.

Formellement, cette jonction entre la démocratie et la culture s’est faite à la suite de la rencontre des “culturalistes” avec le FFS de Hocine Aït Ahmed.

À l’initiative d’Ali Mecili, un séminaire est organisé, en mars 1979, pour aboutir à la rédaction d’une plateforme politique dont les fondements sont la reconnaissance identitaire berbère, la démocratie, le socialisme et le principe d’autonomie personnelle, locale et régionale. Mais l’apport du FFS, en tant qu’appareil, est somme tout relatif car en dehors de l’apport financier dans la création de la coopérative Imdyazen, on ne peut pas dire que les “structures” du FFS ont constitué un appui avéré sur le terrain.

Par contre sur la conduite politique, il n’en est pas de même : l’orientation de la lutte sur le terrain pacifique vient, en partie, de l’héritage du FFS. Selon le témoignage de Saïd Sadi, considéré comme le principal animateur de 80 ayant négocié le rapprochement avec le parti de Aït Ahmed, “c’est grâce à Ali Mecili que le Printemps berbère a été mené dans une lutte pacifique”.  Instruit de l’échec du maquis de 1963, Ali Mecili n’a pas eu, certainement, beaucoup de difficultés à convaincre une jeunesse qui a subi, elle-même, le traumatisme de cette insurrection armée."

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