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Publié par Saoudi Abdelaziz

Marche des normaliens à Constantine en janvier dernier. Photo DR

Marche des normaliens à Constantine en janvier dernier. Photo DR

Par Samira Dekkiche, 9 avril 2018

De tous les grands conflits qui marquent depuis des mois le champ des luttes sociales, la grève menée par les étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS) reste la moins médiatisée. Et pourtant ! A quatre semaines du début des examens de fin d’années, la plupart des étudiants n’ont pas encore reçu de cours leur permettant de se présenter sérieusement aux épreuves.

Pis, si aucune issue n’intervient dans les jours qui viennent, c’est la sanction de l’année blanche qui va tomber. Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, il n’en sera pas question et les étudiants qui n’auront pas eu le volume horaire pédagogique nécessaire seront considérés comme de simples «redoublants ».

Tahar Hadjar, rappelle-t-on, s’est exprimé sur le sujet lors de la dernière conférence sur les universités, en mars dernier, et avait affirmé que les grévistes de toutes les spécialités (écoles normales, éducation sportive, bibliothéconomie et sciences médicales) seront considérés comme des redoublants s’ils ne reprenaient pas leurs cours.

Ces déclarations n’ont pourtant pas convaincu grand monde et les étudiants des ENS ont davantage durci leur mouvement. « On n’a pas peur de l’année blanche, on n’a rien à perdre », a déclaré hier à Reporters le représentant de l’ENS Constantine. Kamel Ben Saâdi a par ailleurs fustigé les « mensonges » de «certains médias qui ont annoncé que le taux de suivi de la grève ne dépasse pas 1% ». « Ici à Constantine, a-t-il ajouté, personne n’a repris les cours dimanche » (hier Ndlr). « On ne comprend pas pourquoi des médias diffusent des chiffres pareils et non vérifiés », a-t-il poursuivi.

Selon lui, à travers toutes les ENS, «seulement quelques étudiants en année de soutenance ont rejoint les cours. Les autres étudiants sont en grève depuis novembre », a-t-il martelé, estimant que si le conflit est banalisé c’est en raison du fait que les Ecoles normales supérieures fonctionnent sous la double casquette de l’Enseignement supérieur et l’Education nationale. Cette double tutelle est synonyme de double hostilité, selon Kamel Ben Saâdi, qui a affirmé que le mouvement se poursuivra « jusqu’à satisfaction des revendications».

Les futurs enseignants réclament l’application de l’article 4 de leur contrat avec le ministère de l’Education, qui leur donne la priorité au recrutement direct, sans passer par la plateforme de sélection mise en place par l’Education nationale, et qui leur garantit également un poste de travail dans leur lieu de résidence.

 

Source : Reporters

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