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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Rabah Reghis, consultant économiste pétrolier. Photo DR

Rabah Reghis, consultant économiste pétrolier. Photo DR

 Par Rabah Reghis, 26 avril 2018

 

Le site Algériepart vient de publier des documents d’un secret de polichinelle de la stratégie SH2030 qui lit-on devra faire de ce mastodonte algérien "un véritable groupe de fonctionnement selon les normes d’un géant mondial non seulement des hydrocarbures mais aussi de l’énergie". Cette entreprise dit-on "semble renaître de ses cendres grâce au travail continu de la nouvelle direction générale conduite par son Président directeur général, Ould Kaddour."

Cependant, lorsqu’on parcourt ces documents, au demeurant connus de tous les travailleurs, une première remarque de pure forme montre déjà l’arnaque des deux compagnies qui ont élaboré ce projet, à savoir l’américain BCG et le célèbre McKinsey & Company. Depuis quand une réorganisation réussit lorsqu’elle est faite dans le secret totale comme on tente de le présenter ? 

Quelques cadres, sous la conduite du nouveau PDG imposent à plus de 120 000 agents du groupe un organigramme et on pense qu’il réussira. C’est un échec garanti car la particularité de Sonatrach en tant mamelle de tout le pays doit être approchée comme une institution adaptée à ses différents environnements : social, économique sociétal, juridique, partenarial etc. L’originalité de cette vision est que l’entreprise doit être conçue à la fois comme une organisation et comme une institution, ces deux notions étant intimement liées. Sur cette base, l’analyse de la coordination nécessite de combiner les dimensions cognitives et politiques des règles constituant l’entreprise et, d’autre part, que la compréhension de l’entreprise ne peut être isolée de celle de la structure institutionnelle de la société et de sa dynamique historique.

Sonatrach, l’est désormais par ses objectifs politiques mêmes. Elle ne pourra obéir à d’autres importés, imposés ou éventuellement concoctés comme c’est le cas. Les deux sociétés en charge du projet ne connaissent l’entreprise que par son aspect vache à lait, alors comment pensent-ils mettre en place une organisation qui n’est pas débattue par les principaux acteurs pour lesquels leur adhésion est plus que nécessaire ? 

Sur le fond maintenant, que ce soit ce PDG lui-même ou le ministre de l’Energie lors de leurs différentes interventions, certainement sur la base d’un diagnostic, ont relevé, et ils n’ont pas tord, une forte bureaucratie. Ce même PDG constatait publiquement, le premier jour de son arrivée à son cabinet, qu’il a eu la surprise de trouver sur le bureau de son prédécesseur, des dizaines de parapheurs. Et il s’est demandé, selon ses propres termes, «est-ce cela le métier de PDG de Sonatrach ?"

De nombreux experts l’ont approuvé en lui recommandant de motiver l’encadrement pour susciter leur engagement dans le sens des objectifs de  l’organisation et les dévier de leur renfermement. On peut alors logiquement se demander en quoi l’absence d’une direction d’achat, la centralisation de l’ingénierie, le pilotage des holdings, celui de la transformation, du risque et plus grave des ressources nouvelles peuvent-ils contribuer à redynamiser les ressources humaines et susciter leur patriotisme et les motiver pour faire avancer le groupe?

Le changement dans une organisation est peut-être un mal nécessaire mais c’est la seule solution pour optimiser les performances d’une entreprise. Malheureusement pour M. Ould Kaddour ce changement ne peut avoir de répercussions positives sur les performances que lorsqu’il existe une implication de l’ensemble du personnel. Est-ce le cas ?      

Source : Le Matin-dz

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