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Publié par Saoudi Abdelaziz

6 février 1962, édition spéciale de l’Echo d’Oran, avec le général Salan en couverture.

6 février 1962, édition spéciale de l’Echo d’Oran, avec le général Salan en couverture.

Les actions forcenées de l'OAS ont marqué les villes algériennes dès que s'est affirmée la possibilité d'une issue négociée à la guerre d'indépendance. Le 21 novembre 1961, Gérard Marin écrivait dans Le Figaro : "Alger la Blanche est devenue capitale de la série noire. La menace est partout. Psychose, oui, qui se fait vite tragédie. Le temps d'une rafale. Rares sont les nuits où le claquement rageur des mitraillettes ne se mêle pas aux explosions qui secouent la ville. Rares les journées qui n'apportent leur fournée de cadavres". En avril 1961, quatre détenus FLN de la prison d'Oran sont enlevés par un commando de l'OAS. Ils seront tous les quatre brûlés vifs. Aujourd'hui, personne ne sait où reposent leurs corps. Parmi eux le chahid tiaréti Hamdani Adda, de son nom de guerre «Si Othmane», auquel Tiaret a rendu hommage il y a quelques jours.

Créée le 11 janvier 1961, l'Organisation Armée Secrète (OAS) a perpétré au total 6000 attentats en Algérie.

Après le cessez le feu, le Printemps meurtrier vu par la presse française

La Croix, 28 mars 1962 : "Alors que les musulmans gardent un calme presque absolu, et que l'on ne signale plus une seule opération militaire, l'OAS multiplie les provocations. Contre les militaires, on le sait assez, en utilisant la foule européenne qui est "poussée dans la rue en tant que masse et marée humaine", comme l'indiquait Salan dans sa directive du 23 février. Contre les musulmans aussi, comme s'il n'y avait pas assez de victimes inutiles, des commandos de tueurs ont assassinés hier après-midi 10 musulmans dans le quartier algérois de Belcourt, tandis qu'à Aïn Temouchent, dans l'ouest, un autre commandos en voiture mitraillait la foule musulmane."

Libération, fin mars 1962 : Deux hold-up à Alger, cinq hold-up à Oran. Parmi les attentats commis dans la journée d'hier, 18 blessés),  les attentats à Oran (5 attentats, 5 morts, 8 blessés) et Alger (18 attentats, 6 morts, 18 blessés), les attentats commis par l'OAS contre les musulmans, mais aussi contre des Européens, et notamment contre un déménageur algérois) ont été de loin, les plus nombreux.

Le Figaro, 3 avril 1962:"Six obus de mortier tirés par l'OAS tombent sur la Casbah - Sept blessés musulmans. (...) près de 30 millions d'AF ont été enlevés dans les banques et bureaux de poste. Les attentats individuels et fusillades ont fait sept morts dont 2 Européens et 8 blessés, tous musulmans..

Le Parisien, 4 avril 1962, "Alger : un groupe de quinze tueurs de l'OAS mitraille les malades musulmans d'une clinique de la Bouzareah" "Dix morts, dont un vieillard (...) et six blessés, tous musulmans". "De son côté, l'agence France-Presse : "Quelques-uns des malades  qui ont eu le temps de sauter par les fenêtres courent éperdument en tous sens. les tueurs se lancent à leur poursuite. L'une des victimes s'écroule, la tête éclatée, sous un massif de glycines, au pied d'un mur. Des brassées de fleurs arrachées par les balles le recouvrent en partie. Un autre sera découvert à trente mètres de la clinique au milieu d'un carré de petits pois. C'est trop moche... venez voir ça", dit les larmes aux yeux, un petit sergent rouquin. Sur le seuil de la chambre 3, une flaque de sang s'étale. Sur les trois lits, des draps sanglants. Dans la chambre 4, même vision de cauchemar (...)".

Le Monde, 4 avril 1962 "Tandis que l'exécutif provisoire se met lentement en place : l'OAS commet en Algérie de nouveaux crimes : 1) neuf musulmans tués dans une clinique à Alger - 2) deux officiers d'intendance assassinés à Oran".

Le Monde, 5 avril 1962 : "Alger, 4 avril. - Le bombardement" de la Casbah lundi soir, le massacre de la clinique Beau-Fraisier mardi matin (vont-ils ouvrir les yeux des Européens d'Alger) on n'ose l'espérer. cette fois encore,  comme il y a quinze jours lors de l'exécutions de Ben-Aknoum, les uns parlent de "provocations", les autres affirment, comme si c'était "une excuse", qu'il y a des membres du FLN parmi les victimes du Beau-Fraisier. C'est cela l'intoxication. 

L'Aurore, 6 avril 1962 : Alger : beaucoup de musulmans s'abstiennent encore de reprendre le travail". (...) Les attentats individuels contre les musulmans se poursuivent en différents points de la ville". Cependant les coups de feu ont été tirés à midi 25 contre des Européens en plein centre commercial, rue Mogador, (...). 

Le Parisien, 7 avril 1962 : "ce devait être la journée des drapeaux, ce fut celle du sang (...). En début de soirée, le bilan de ces attentats était, selon l'AFP, de 24 agressions, 23 morts, dont quatre français de souche et de 12 blessés, dont deux Français de souche. (...). Chacun de ces attentats a été commis par l'OAS. "L'humanité du 7 avril 1962 : Trente-huit morts hier à Alger où l'on a compté un attentat OAS toutes les dix minutes". (...) Il ressemblait à un Algérien : il est tué". Le Figaro du 7 avril 1962 : "Vague de terrorisme OAS (23 morts, 12 blessés) (...)  "L'organisation subversive, après ses échecs récents, cherche à provoquer un soulèvement des musulmans contre les Européens". (...) "Alger, 6 avril. - 10 h 50 rue d'Isly (...)Un musulman d'une trentaine d'année est allongé sur le trottoir, tué net d'une balle dans la tête. Il a encore les deux mains dans les poches de son bleu de travail. (...) "La foule se tait".

L'Aurore, 7 avril 1962 : "Nouvelle journée sanglante : un cadavre tous les 50 mètres, rue Michelet, ce matin". (...) en fin de soirée, un premier bilan faisait état déjà de 27 attentats ayant fait 23 morts, dont 5 Européens, et 18 blessés, dont 2 Européens. Ce matin, entre 8 h et 11 h, ces attentats ont été perpétrés à un rythme effrayant et - note le correspond du pays. - Dans la rue Michelet les cadavres jonchaient les trottoirs de 50 mètres en 50 mètres". (...) La plupart des victimes sont des musulmans (...)".

Libération, 10 avril 1962 "La chasse à l'arabe d'hier a fait 14 morts et 9 blessés Algériens". (...) Nouvelles arrestations au seine l'OAS : trois dans l'Ouarsenis, vingt-sept à Alger". Combat, 10 avril 1962 : "Ce sont trois bombes qui ont éclaté presque simultanément dimanche soir, vers 22 h35, dans l'Université d'Alger. (...) L'un des engins - une charge de trois kilos - a explosé dans le laboratoire de chimie biologie. Le second à l'intérieur de l'Institut d'énergie solaire et le troisième devant la porte des professeurs de droit. (...) Au total dans la journée d'hier, le bilan des attentats, tous imputables à l'OAS, s'élève à 12 morts et 8 blessés".

Paris-Presse, 10 avril 1962 : "En se manifestant ainsi, au coeur des Facultés, (...), il semble qu'ils soient bien décidés à "tout faire sauter" plutôt que de laisser les plus belles des réalisations techniques de la France passer sous le contrôle du futur gouvernement algérien". "Ils ont fait hier, à Alger, 18 morts dont 17 musulmans et 54 blessés dont 16 militaires".

Libération, 11/12 avril 1962 : "A Alger : encore 9 musulmans victimes de l'OAS". (...)  "Encore des attentats à l'explosion contre l'Université d'Alger".

Le Monde, 12 avril 1962 "Alger : neuf gendarmes blessés l'autre nuit par un tir de mortier sur le palais d'été. Attentats et mitraillages se sont poursuivis hier. Quatorze membres de l'OAS arrêtés au cours de perquisitions". (...) Ce matin, entre 9 h et midi, 6 musulmans ont été tués et 9 autres blessés en plein centre ville. (...) Cela se passe chaque fois de la même façon. On entend une détonation, rarement deux : un musulman s'écroule dans une mare de sang. C'est du travail de spécialiste. Le commando comprend généralement trois hommes : le tueur et ses deux gardes du corps...".

La Croix, 12 avril 1962 : "(...) le bilan quotidien de la "chasse aux musulmans" reste régulier et lourd. (...) il n'y a plus une société, une entreprise qui n'enregistre chaque jour de nouvelles absences parmi le personnel musulman".

Le Figaro, 13 avril 1962 :"Un officier supérieur assassiné par l'OAS - L'autorité militaire : vingt-deux officiers déserteurs arrêtés entre le 6 février et le 7 février".

L'Aurore, 13 avril 1962 "Installations détruites à la tour de contrôle de Maison-Blanche".

Libération, 14 avril 1962 : " Cinq musulmans en voiture qui s'étaient enfuis après avoir provoqué un accident rue Michelet à Alger, ont été pris en chasse par des Européens qui ont ouvert le feu. Un musulman a été tué et trois autres blessés. (...) Bilan de la journée en Algérie : 30 attentats : 17 morts, 38 blessés".

Le Figaro, 14 avril 1962 : "Alger, 13 avril. - Attentats et fusillades ont repris une nouvelle fois à Alger, après le calme relatif de la journée d'hier. L'incident le plus violent et le plus spectaculaire - si pareil fait mérite d'être qualifié de spectacle" ! - s'est déroulé cet après-midi dans le centre ville. Cinq musulmans, à bord d'une traction noire, descendaient la rue Michelet lorsqu'ils heurtèrent et renversèrent, à la hauteur de la rue Hoche,un scooter monté par un jeune Européen. (...) Les cinq occupants prirent la fuite en courant. Des passants se jetèrent alors à leur poursuite. D'autres Européens en voiture, dressèrent des barrages avec leur véhicule pour bloquer les fuyards. Des coups de feu partirent. Quatre des musulmans s'écroulèrent frappés par des balles".  (...) Série d'attentats dans la rue Michelet (...) bilan des victimes 10 morts, tous musulmans et 1é blessés dont 3 Européens (...).  "A 16 h 20 (...) voie (...) vers l'aéroport de Maison-Blanche, cinq Européens à bord d'une voiture ont tiré plusieurs rafales de mitraillette sur un groupe  de musulmans qui attendaient un autobus (...) La Croix du 14 avril 1962 "C'est un jeune Européen qui a assassiné le commandant Bourgogne du 2ème bureau". 

L'Aurore du 23 avril 1962 "Alger : pas de grève Pascale, près de 70 morts et blessés". "Alger, 22 avril. Alger est le seul pays au monde sans doute où le sang a coulé pour ces fêtes Pascales. Le bilan des victimes est un des plus lourds depuis le début de la rébellion ".

Libération, 25 avril 1962 "L'OAS se déchaînent - Nouvelles et sanglantes "ratonnades" à Alger : 14 morts". L'Aurore, 25 avril 1962 "Alger : 18 morts hier et 14 blessés".

La Croix, 27 avril 1962 "Nouvelle journée de violence. On y a enregistré 23 attentats, presque tous commis par des Européens et dirigés contre des musulmans. Deux marchands de légumes musulmans ont été tués à 13 h dans le quartier du champ de manoeuvres". Le Figaro, 27 avril 1962 "Alger : nombreux attentats individuels hier: onze morts, 17 blessés.

Le 2 mai 1962 au port d'Alger

Le Monde, 2 mai 1962 : "Huit morts et près de trente attentats à l'explosif dimanche dans l'agglomération algéroise.  164 morts, 269 blessés du 1er au 15 avril". Le Figaro, 2 mai 1962 "Attentats à Alger : 21 morts en 48 heures".

Le Populaire, 4 mai 1962 " Après la journée d'Alger (bombe du port d'Alger contre les dockers, 60 morts et 130 blessés.

Le Monde, 6 mai 1962 : "L'explosion du camion d'essence (...) Les morts - il y en a deux, un musulman et une Européenne (...) et les blessés, une vingtaine (...). Trois Européennes sauvées par un musulman (...).

Le Monde, 8 mai 1962 : "Cinq attentats ont été commis avant 8 h lundi matin, à Alger (...) un terroriste a mortellement blessé de deux balles dans la tête une vieille femme musulmane (...). Un Européen tué à un barrage de musulmans (...).

Libération, 9 mai 1962 : "Hier matin, un musulman tué tous les quarts d'heure" "Hier, le bilan des attentats individuels, à Alger, s'élevait à 36 morts (34 musulman dont 2 femmes et 2 Européens), 23 blessés (21 musulmans, 2 Européens). (...) Toutes les dix minutes, des attentats ont été commis durant toute la matinée, d'un bout à l'autre de la ville. (...) La plupart des victimes ont été tuées grièvement blessées par des terroristes circulant à pied et qui ont tiré des coups de revolver dans la tête. Cependant, des voitures, des camions et même, comme cela s'est produit encore lundi, des autocars transportant des musulmans ont été mitraillés. D'autres commandos circulant en voiture, ont mitraillé également les abords des cités musulmanes ou les magasins et ateliers où sont employés des musulmans. Hier matin, dues employés de station-service ont été tués de cette façon, l'un à Maison-Carré, à 9 h30, l'autre avenue Pasteur".

Paris-Presse, 9 mai 1962 : "Pour achever d'affamer les quartiers musulmans : l'OAS abat les dernières Fatma, qui se risquent encore dans les quartiers Européens (...)". "Alger, 8 mai. - 8 femmes de ménage musulmanes ont été abattues hier à Alger et à Oran par l'OAS. (...) "Vers la fin de l'après-midi, un nouvel attentat venait surexciter un peu plus les esprits. Une 403 occupée par quatre Européens dont une femme circulait rue Thibaudier. On entendit soudain deux coups de feu, la portière arrière de la voiture s'ouvrir et le corps d'un musulman tomba sur la chaussée : il venait d'être exécuté. Deux femmes musulmanes qui passaient étaient blessées (...)".

Pour plus d'informations et pour la suite des évènements, lire : Le blog de fadela hebbadj

Mohand-Tahar Zeggagh, Vérités sur les crimes de l'OAS en Algérie Dossier spécial archives et contribution à la mémoire historique du peuple algérien (1961/1962), Editions ANEP.

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