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Publié par Saoudi Abdelaziz

Acieries Arcelor Mittal, Eisenhuettenstadt, Allemagne. Photo DR

Acieries Arcelor Mittal, Eisenhuettenstadt, Allemagne. Photo DR

Par François Leclerc, 2 mars 2018

 

 

Rompant sans vergogne un tabou, Donald Trump annonce la taxation de l’importation de l’acier et de l’aluminium aux États-Unis afin de protéger son industrie nationale, au nom de son slogan America First !. Des années de conférences et de tractations au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec pour objectif d’abaisser toutes les barrières douanières vont-elles se terminer ainsi, par l’amorce d’un détricotage dont on ne connait pas la fin ?

La mondialisation était déjà à la recherche d’un second souffle. Des traités commerciaux régionaux tentaient avec des fortunes diverses de prendre le relais du dernier « Cycle de Doha » qui n’en finissait pas de ne pas aboutir, dont le but était de supprimer tout ce qui pouvait encore faire obstacle à la circulation des marchandises, d’ordre réglementaire notamment. Tout est maintenant de facto gelé.

Quels pays vont-ils être visés par ces mesures ? Quelles seront les modalités de celles-ci ? Quelles mesures de rétorsion les autorités européennes vont-elles décider de prendre tout en respectant la réglementation de l’OMC ?

Les conséquences de la décision présidentielle vont au-delà des mesures de taxation annoncées. Toute la logique des chaînes d’approvisionnement qui accompagnait la mondialisation est en cause. Les entreprises transnationales n’ont pas seulement pris leurs aises financières, passées expertes dans l’art de l’optimisation fiscale, elles ont également organisé leur production en l’éclatant à l’échelle mondiale, la structurant selon des chaînes d’approvisionnement. De ce point de vue, Donald Trump joue gagnant, car la rupture des règles de l’OMC a pour logique le rapatriement des activités des entreprises, notamment lorsqu’elles sont américaines.

Certains pays sont plus particulièrement menacés par cette guerre commerciale qui est désormais bien engagée. C’est le cas de l’Allemagne, du Canada, du Japon, de la Corée du Sud et de la Chine. La question est de savoir comment elle va ou non pouvoir être cantonnée. Déjà, l’administration américaine a été accusée de lancer une guerre des monnaies en jouant la faiblesse du dollar pour favoriser les exportations américaines.

L’industrie automobile allemande, déjà très lourdement frappée par la crise du diesel qui va découler de la décision des interdictions de circulation décrétées par la Cour administrative fédérale, pourra-t-elle simultanément supporter la hausse du prix de ses véhicules aux États-Unis ?

Les milieux financiers se sont demandés pourquoi les déclarations du nouveau président de la Fed, Jerome Powell, qui a laissé entendre une accélération du cadencement de la hausse des taux ont si peu suscité de réactions. Ces milieux ont d’autres soucis, à commencer par l’accroissement du déficit budgétaire américain, et maintenant avec le lancement de la guerre commerciale. Une toute autre histoire que les affrontements avec la Corée du Nord qui ne dépassent pas le stade verbal. Ils affichent la décontraction devant la chute mondiale de la valeur des actifs boursiers, affectant de la considérer comme une simple correction, sans trop s’interroger.

Mais, tout à leur soulagement que cela soit passé, ne sous-estiment-ils pas les distorsions que les banques centrales ont imprimées aux marchés financiers, comme si le retour à la normalité allait de soi, une fois qu’elles en auront terminé avec leurs mesures non conventionnelles ? Chassez le conformisme, il revient au galop !

Source : Décodages.com

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