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Publié par Saoudi Abdelaziz

Révélations de Mediapart sur les liens entre Alexandre Djouhri et l'Elysée

On s'était interrogé sur la présence de l' Algéro-français  à la réception donnée le 6 décembre 2017 à l'ambassade de France en présence d'Emmanuel Macron. Dans un article intitulé "L’incroyable existence algérienne d’Alexandre Djouhri", publié le lendemain sur son site Mondafrique,  Nicolas Beau affirmait que la présence du businessman "s’explique par le rôle décisif que joue cet homme de l’ombre auprès des services algériens".  Ce passage a disparu dans une remise en ligne de l'article deux mois plus tard.. 

Le numéro deux du Quai d’Orsay a invité Djouhri à la réception de Macron à Alger

EXTRAIT

(...) Un haut fonctionnaire vient de faire une entrée fracassante dans l’affaire des financements libyens. Maurice Gourdault-Montagne, secrétaire général du ministère des affaires étrangères et actuel numéro deux du Quai d’Orsay, est à l’origine de l’invitation de l’intermédiaire Alexandre Djouhri à la réception d’Emmanuel Macron à Alger, le 6 décembre dernier. La présence de l’homme d’affaires recherché par la justice parmi les invités du président français avait été révélée par Le Canard enchaîné, dès le 8 décembre. Mais on ignorait jusqu’à aujourd’hui comment il était parvenu à obtenir le précieux carton d’invitation, établi à son nom.

C’est l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, qui a vendu la mèche, interrogé par les enquêteurs, le 12 janvier dernier : « J’ai appelé à plusieurs reprises, dans les dix jours qui ont précédé la visite, le secrétaire général du quai d’Orsay, M. Gourdault-Montagne, à la fois pour lui demander des conseils dans cette improvisation [la visite présidentielle a été montée en 15 jours – ndlr], mais aussi pour rendre des arbitrages entre les différents intervenants, et ce compte tenu de son statut et de son autorité, a-t-il expliqué. C’est dans une de ces conversations qu’il m’a dit : “Tiens, ça ferait plaisir à mon ami Alexandre Djouhri, s’il était invité à la réception.” »

Ancien directeur de cabinet d’Alain Juppé à Matignon (de 1995 à 1997), Maurice Gourdault-Montagne, 64 ans, a été conseiller diplomatique de Jacques Chirac de 2002 à 2007 – après avoir été ambassadeur au Japon –, puis il a été nommé par Nicolas Sarkozy ambassadeur de France au Royaume-Uni, en Allemagne et enfin ambassadeur de France en Chine par François Hollande. Finalement, le diplomate a été propulsé secrétaire général du quai d’Orsay par Emmanuel Macron, en juin dernier. Mais nul n'aurait imaginé que le haut fonctionnaire aurait donné un tel coup de pouce à l’intermédiaire soupçonné d'être l'un des collecteurs de fonds de la droite (...).

Pour l’ambassadeur d’Alger, l’apparition de Djouhri dans le sillage d’un voyage présidentiel n’était pas une première. « M. Djouhri avait été invité à Dubaï, à l’occasion d’un forum de l’investissement », croit-il savoir, lors « du passage du président Macron ». « Je reconnais que je n’ai pas fait preuve de discernement dans cette affaire dont je ne suis pas très fier, ajoute Xavier Driencourt. J’ai juste accepté la proposition de mon ami M. Gourdault-Montagne. » (...)

La légèreté de l’ambassade d’Alger laisse les enquêteurs dubitatifs. Xavier Driencourt n’est entré en fonctions qu'en juin 2017 en remplacement de l’ambassadeur Bernard Émié, parti diriger la DGSE, mais l’office anticorruption chargé de l’affaire des financements libyens avait transmis dès le mois de décembre 2016 à la Direction de coopération internationale (DCI) du ministère de l’intérieur « une demande aux fins de confirmer les éléments de localisation d’Alexandre Djouhri en Algérie, en vue de solliciter son interpellation par les autorités algériennes ». L’ambassade devait logiquement être informée de la démarche des policiers de Nanterre. Hélas le commissaire divisionnaire en poste à Alger affirme que cette demande « n’est pas parvenue jusqu’à [lui] », et qu’il y a eu une « rupture de transmission » avec la DCI." (...)

En dépit de son arrivée récente, Xavier Driencourt a pu mesurer les liens d’amitié du numéro deux du quai d’Orsay avec le fugitif de l’affaire libyenne dès le mois de septembre dernier. Maurice Gourdault-Montagne est venu passer quelques jours à Alger, « avec sa femme », Amanda Galsworthy — l’ex-interprète des présidents Mitterrand, Chirac et Sarkozy —, « en visite privée », quelques jours avant des rencontres politiques avec son homologue algérien.

Texte intégral : Mediapart

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