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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Le Mouvement des cinq étoiles (M5S) se trouve désormais au centre des jeux politiques".

"Le Mouvement des cinq étoiles (M5S) se trouve désormais au centre des jeux politiques".

Par François Leclerc, 6 mars 2018

Tous les espoirs qui avaient été placés sur Matteo Renzi et le Parti démocrate se sont évanouis. Il a été longtemps cru par les autorités de Bruxelles qu’il serait en mesure de stabiliser l’Italie au sein de la zone euro, mais il a été rejeté et le Parti démocrate a subi une grande défaite électorale, loin des 40% recueillis lors des élections européennes de 2014 où il a été à son zénith.

Désormais, c’est le Mouvement des cinq étoiles (M5S) qui se trouve au centre des jeux politiques, avec toutes les inconnues que cela comporte.

L’espoir s’est reporté sur l’idée que cette dernière formation pourrait être un nouveau Syriza, mais c’est faire abstraction de tout ce qui différencie l’Italie de la Grèce, en premier lieu qu’elle n’est pas dépendante de la Troïka. Une grande majorité des électeurs a voté pour des partis qui ont pris ou prennent toujours leurs distances avec l’euro. Et si cela ne va pas se traduire par une sortie à court terme de la monnaie communautaire, la politique budgétaire qui sera menée risque fort de faire sortir le pays de ses rails budgétaires, quand bien même les programmes électoraux, qui sont faits pour être oubliés, ne seront pas appliqués tels quels.

Les populistes l’ont emporté, mais cette appellation fourre-tout désormais devenue péjorative n’est guère éclairante. Cette étiquette est indistinctement collée à ceux qui ne jouent pas le jeu, qui sont irresponsables et refusent les contraintes européennes en vigueur.

C’est précisément ce qui est revendiqué ! Et la réédition du départ forcé de Silvio Berlusconi de 2011 orchestré par Jean-Claude Trichet (à l’époque président de la BCE) n’aurait pas de sens aujourd’hui, faute de disposer des appuis parlementaires à une solution gouvernementale alternative raisonnable… L’épisode Mario Monti n’est pas renouvelable, et d’ailleurs il avait fait chou blanc.

L’Italie a deux énormes points faibles, la dette privée détenue par ses banques sous forme de prêts toxiques et sa dette publique. Si la crise de cette dernière est réactivée, comment les autorités italiennes pourront-elles répliquer ? La BCE pourra monter au créneau afin de concrétiser la promesse de Mario Draghi de « faire tout ce qui sera nécessaire », et tout sera reparti. La dette italienne devenant clairement insoutenable, il ne sera plus possible de nier cette évidence en raison de ses énormes implications. Une mise à plat de la dette dans toute l’Europe s’imposera, la dernière chose qui est souhaitée.

Sous Matteo Renzi, le gouvernement italien n’a cessé d’approuver au niveau communautaire des décisions qui ne lui convenaient pas, espérant trouver des biais pour ne pas avoir à les appliquer.

Demain, que va-t-il rester d’autre comme solution pour la majorité actuelle que de plier pour rentrer dans le rang ou de sortir de l’euro ? Cela renverra à la solution d’une monnaie parallèle que Yanis Varoufakis et James Galbraith avaient imaginée pour la Grèce et qu’Alexis Tsipras avait refusée, scellant la fin de leur collaboration

Tout en excluant une alliance entre eux, la Ligue et le M5S revendiquent un pouvoir dont ils n’ont pas seuls les moyens. Faute d’alliance, reste l’option d’une scission au sein du PD.

Source : Décodages

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