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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ils ont réussi la traversée ... Grève des travailleurs sans-papiers du marché de Rungis en mars 2017. Photo DR

Ils ont réussi la traversée ... Grève des travailleurs sans-papiers du marché de Rungis en mars 2017. Photo DR

Lorsqu'en 2008  l'APN avait adopté la loi criminalisant la Harga, le président Bouteflika se mettait à jour par rapport aux pratiques de Mohamed VI, Ben Ali et Kadhafi, commanditées par l'Union européenne. Dix ans plus tard, les autorités algériennes font du zèle préélectoral.

L' Europe doit en effet savoir, un an avant le printemps 2019, que les autorités en place en Algérie sont efficaces pour fermer les côtes algériennes aux migrants. "L'Algérie ne veut pas être un pays de transit migratoire vers l'Europe, autant pour ses propres ressortissants que ceux des pays subsahariens, a souligné, jeudi, devant le Parlement le ministre de l'Intérieur Nourredine Bédoui". (Le Quotidien d'Oran).

Le ministre Bedoui a claironné que la harga des Algériens "est en recul, grâce à la stabilité politique et économique du pays». Il ne dit pas un mot sur l'action militaire de Frontex et des forces navales spéciales. D'ailleurs, assure-t-il, «La harga touche une infime partie des Algériens». Il ajoute même, invoquant "les résultats d’études menées par les services spécialisés" que "plusieurs cas de migration clandestine ne sont pas motivés par des conditions socio-économiques inadéquates, mais par le gain facile et la recherche d'un statut social». Une Harga de luxe qui concurrence celle des richards possesseurs d'autorisations et de pieds à terre.

Les autorités algériennes veulent donc faire savoir à qui de droit qu'elles contrôlent les jeunes algériens et que le "danger" pour l'Europe vient de l'Afrique sub-saharienne. A la une des médias : Au sommet de l'OUA de Kigali, le Premier ministre algérien refuse de signer la convention sur la libre circulation des personnes qui accompagne la décision de Libre-échange économique.

Dans le même exercice médiatique, le ministre de l'Intérieur lance une offensive contre ... les mots. Les 27 000 migrants subsahariens n'ont pas été "expulsés", c'est faux, ils ont été "rapatriés" affirme-t-il en précisant : Ce rapatriement se fait «dans le respect total des droits de l'Homme et de la dignité humaine, conformément aux instructions du président de la République». Bon...

Le Droit humain fondamental qui préconise qu'un citoyen peut librement quitter son pays et y retourner, est reconnu par la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. 70 ans après, ce droit est universellement bafoué. Il existe dorénavant dans chaque pays des cinq continents deux conceptions qui se contredisent, celle des gouvernants et celle des citoyens animés par la fraternité humaine.  Rendons hommage ici à ces montagnards des Alpes franco-italiennes qui font traverser la frontière et  hébergent bénévolement les migrants, et qui risquent pour cette fraternité d'être poursuivis et condamnés par la justice française.

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