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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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A quelques semaines d'intervalle les médecins subissent, en France d'abord puis en Algérie, des pressions fortes pour prescrire moins d'arrêts de maladie. En France, cela reste pour l'instant au stade de la controverse. En Algérie, où l'on copie la macronie en faisant du zèle, c'est le ministre du travail en personne qui se lance dans une opération médiatico-judiciaire contre les médecins accusés de "voler la Cpam".

Intervenant aujourd’hui au forum de la Radio nationale, Mourad Zemali  le ministre du Travail annonce que «14 390 000 jours d'arrêts maladie ont été enregistrés durant l’année 2017». Le ministre ne donne pas d'indication sur l'année précédente, mais ce chiffre lui paraît «anormalement élevé». Il met en cause les médecins affirmant : "Je sais que la plupart des médecins délivrent de faux certificats de maladie à ceux qui travaillent dans le secteur public". Ils les accuse de "voler la Cnan" et annonce :  "Nous allons traîner devant les tribunaux tous ceux qui fourniront de fausses déclarations de maladie. Leur acte frauduleux tombe sous le coup de la loi et pénalise l’économie nationale"

En France, le taux d'arrêts maladie est proportionnellement plus élevé. La dernière enquête publiée par la caisse d'assurance française indique que c’est à peu près un salarié sur trois qui est absent pour arrêt maladie au cours de l’année 2017. Et si on prend la totalité de la population active française, cela fait 17 jours par an et par personne. Sur un an, les indemnités pour un arrêt maladie ont augmenté de 5,2 % et ont couté 10,3 milliards d’euros.

Hervé Gaudechot, journaliste à France 3, note : “La Caisse nationale d’assurance maladie ne recense pas les motifs des arrêts. Pour les experts, il y a plusieurs explications possibles : la baisse du chômage, car plus de gens au travail, c’est mécaniquement plus d’arrêts maladie. Ensuite, les départs tardifs à la retraite, et tout simplement le vieillissement de la population active. Il y a aussi les salariés qui ont peur de perdre leur emploi, et qui en font trop jusqu’à ce que ça casse, ou bien une dégradation globale des conditions de travail. À ce sujet, une enquête récente révèle que 28 % des arrêts de travail seraient dus à une maladie ordinaire, la grippe par exemple, 18 % seraient dus à des troubles musculo-squelettiques, et 17 % à des troubles psychologiques, dont les burn-out, en hausse constante”, conclut-il.

De quoi les salariés algériens sont malades. M. Zemali ne semble pas s'en préoccuper, ni les sites d'information qui rapportent ses propos. Le site Algérie Patriotique se délecte du chiffre annoncé. Il titre avec zèle :  «14 390 000 arrêts maladie" au lieu de «14 390 000 jours d'arrêts maladie".

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