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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ici, la marche n'a pas été réprimée, le 13 mars ce sera les gaz lacrymogènes. Hadjar annonce-t-il hier une nouvelle escalade?

IMPASSE

Un éditorial du Quotidien d'Oran

Par Mahdi Boukhalfa, 18 mars 2018

http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gif Le gouvernement est-il à court d'arguments dans sa gestion des conflits sociaux ? C'est du moins la question qui se pose après les menaces à peine voilées du ministre de l'Enseignement supérieur contre les étudiants des ENS, les futurs enseignants, et les médecins résidents.

Ce membre du gouvernement a clairement menacé les médecins résidents et les étudiants des ENS, ne leur laissant aucune chance, en les condamnant sans procès. C'est une posture étonnante qui ne peut en réalité expliquer à elle seule cette absence d'intérêt du gouvernement à résoudre, sinon à répondre à des doléances de jeunes étudiants. Faut-il pour cela aller jusqu'à provoquer une profonde grogne dans les campus universitaires ?

Recourir à des gestes d'autodéfense en appelant à la rescousse la justice, quand on n'apprécie les revendications socioprofessionnelles que sous le prisme de l'autorité d'en haut, intouchable, insensible à la demande sociale, n'est pas un geste glorieux ou qui fait honneur à ses auteurs.

Sinon comment comprendre ou décrypter ce tir de barrage de deux ministres du gouvernement Ouyahia sur des étudiants grévistes dont les revendications n'ont pas donné lieu à de larges discussions, sinon des compromis qui ne feront que du bien pour tout le monde, pour ne pas dire faire honneur à leurs architectes ? Le conflit dans les ENS autant que dans les hôpitaux est dramatique, car il n'impacte, en dernière instance, que les enfants de ce pays, autant les futurs enseignants des générations futures que les médecins qui vont soigner les enfants du peuple.

Mieux, le conflit dans les ENS comme celui dans le système de Santé nationale montre que les pouvoirs publics sont souvent désarmés, comme au temps du parti et de la pensée uniques, devant les crises sociales, les dysfonctionnements d'une administration grippée. Et, souvent, la réponse n'est pas celle attendue, celle qui va apporter des correctifs urgents, des solutions satisfaisantes pour toutes les parties, à l'issue de négociations dignes.

Il est évident que le gouvernement est réellement en perte de vitesse dans ces deux segments, les plus sensibles, et que les jours à venir sont tout aussi sombres que ceux écoulés. Laisser pourrir un dossier simple, celui des étudiants des ENS, qui demandent que l'Etat applique ses propres lois, ou marginaliser un conflit qui est en train de prendre des proportions alarmantes dans le secteur de la Santé, semble insensé, inimaginable pour un gouvernement qu'on ne pourrait soupçonner de provoquer lui-même cette situation absurde.

Evidemment, l'exécutif n'a rien à perdre dans ce type de conflit dès lors que le bras de fer se limite à des revendications civilisées, contrairement aux «casseurs» et autres «coupeurs de route» à l'appui de revendications portant sur le logement. Dans l'un et l'autre cas, il y a deux postures différentes, pourquoi ? A l'évidence, les conflits sociaux, quand ils ne menacent pas la stabilité, la sécurité du pays ou la paix sociale, sont gérables sous nos latitudes en léguant au temps le soin de calmer les esprits, de gérer la situation.

C'est, en réalité, une réponse bien surréelle aux multiples soubresauts de la société algérienne, prise au piège d'une gouvernance aux antipodes de ce qu'il est attendu du gouvernement. Mais, en lâchant ses ministres, qui abusent du recours à la justice pour mâter les rébellions corporatistes, le chef de gouvernement confirme tout simplement qu'il n'a aucune solution, encore moins l'intention de mettre fin par le dialogue à la crise dans le secteur de la Santé et l'Education nationale. A moins d'une décision d'en haut qui lui est imposée.

Source : Le Quotidien d'Oran

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