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Publié par Saoudi Abdelaziz

Sur HuffPost-Algérie le sujet du jour, c'est encore une fois Camus. Encore une fois, on s'interroge sur l'identité de cet homme qui est né en Algérie dans une famille qui est venu dans notre pays au milieu du 19è siècle. Résumant des propos de Kateb Yacine, May Sammane écrit : "Ce que révélait la littérature de Camus est que l'Algérien n'existait absolument pas pour lui. Pour Camus, explique encore Kateb Yacine, l'Algérie est un pays sans Algériens".

"D'une certaine manière, les arabo-berbères qu'il respectait sans doute par humanisme, ne faisaient pas partie de cet horizon. Ils étaient de vagues voisins, jamais des proches..." écrit de son côté Mohamed Saadoune qui note : "Il me reste extérieur". Dans la conclusion de son article intitulé : "Camus, un étranger à l'Algérien mais pas un inconnu", le journaliste met un bémol. C'est le Camus journaliste (il a travaillé à Alger-Républicain, ndlr) "qui s'est le plus rapproché de l'autre qui habitait l'Algérie, de cet étranger qui ne lui était pas inconnu".

On sait que Camus est mort en janvier 1960, la veille du lancement des négociations entre le FLN et administration gaulliste. Comment aurait évolué Albert Camus alors que la France avait enfin accepté le processus vers l'indépendance. Aurait-il choisi de résider dans l'Algérie indépendante, voire de devenir citoyen algérien, lui qui avait lancé à Alger, dès 1956, un Appel pour une Trêve civile?

La réflexion récurrente sur l'identité nationale d'Albert Camus n'est-elle pas dans une large mesure "conditionnée" par un événement démographique majeure. Après 1962, il n'existait plus de pieds-noirs, partis dans leur presque totalité, affolés par la politique de la Terre brûlé pratiquée par l'OAS et médiatisée de manière forcenée. Cette amputation démographique d'une population qui aurait pu constituer une minorité nationale -avec ses valeurs particulières- a façonné les nouvelles générations d'Algériens. Elles sont habituées dorénavant à définir l'Algérie et l'Algérien comme exclusivement "arabo-berbère", de toute éternité.

Toute réflexion sur les liens citoyens qu'auraient établi avec nous, s'il étaient restés, les pieds noirs "étrangers" relève sans doute de la spéculation, mais peut-on dire que le sentiment d'étrangéité était moins grand entre la minorité blanche restée elle en Afrique du Sud et l'écrasante majorité noire confinée dans l'Apartheid pendant un siècle?

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sayd 09/03/2018 22:27

Camus ne connaissait de notre Algérie que le littoral et vivait parmi les siens les pieds noirs qui n'auraient jamais pu créer une minorité nationale. Ceux qui ont toujours eu tous les privilèges et se comportaient comme ayant tous les droits sur les indigènes accepteraient de devenir de simples citoyens comme vous et moi. De mon avis ceux qui ont pendant 130 années ont fait beaucoup de mal à mon peuple sont bien là où ils sont actuellement et doivent y rester.Quant à
Camus les avis diffèrent . moi je suis de l'avis de Mr pelegri après avoir été de celui de notre Kateb Yacine.
http://www.ina.fr/video/I09335539/jean-pelegri-a-propos-de-la-vision-de-l-algerie-de-camus-
video.html
http://www.ina.fr/video/I09335540/mouloud-mammeri-et-la-vision-de-l-algerie-de-camus-video.html