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Publié par Saoudi Abdelaziz

Rex Tillerson actuel secrétaire d'Etat américain, après avoir été Pdg d’ExxonMobil de 2004 à 2017. Photo DR

Rex Tillerson actuel secrétaire d'Etat américain, après avoir été Pdg d’ExxonMobil de 2004 à 2017. Photo DR

«Nous avons tenu une réunion très positive avec les dirigeants d’ExxonMobil qui sont extrêmement intéressés de venir en Algérie», confie à l'Aps, Ould Kaddour, le Pdg de Sonatrach qui annonce un rendez-vous prochain avec la multinationale pétrolière la plus puissante du monde pour "approfondir les discussions sur cette implantation".

Ould Kaddour bien introduit dans le gotha pétrolier américain connait sans doute Rex Tillerson, qui fut patron d' Exxon Mobil de 2004 jusqu'à sa nomination par  Trump au poste de secrétaire d'Etat, en février 2017. En 2014, alors que sa compagnie avait déjà investi 31 milliards de dollars dans la fracturation hydraulique, Rex Tillerson avait défrayé la chronique.

Gaz de schiste : le patron d'Exxon n'en veut pas dans son jardin

Par Isabelle Raynaud, 25 février 2014. Le Figaro

«Not in my backyard!» Pas dans son jardin. Rex Tillerson, le patron du géant pétrolier américain Exxon Mobil, a porté plainte, avec plusieurs de ses voisins, contre l'installation d' un château d'eau destiné à la fracturation hydraulique, à côté de son ranch texan. Le magnat du pétrole ne veut pas des gaz de schiste chez lui, même s'ils font les bénéfices de son entreprise.

Le patron d'Exxon s'est joint à une “class action”, une plainte groupée, pour que la construction de cette réserve soit stoppée. L'extraction des gaz de schiste si près de sa demeure en réduirait la valeur. «Les propriétaires ont construit ou acheté leur maison à Bartonville pour vivre dans un quartien haut de gamme, sans industries, hauts immeubles ou autres bâtiments qui pourraient dévaluer leur propriété et affecter négativement le mode de vie rural qu'ils recherchent», précise la plainte révélée par le Wall Street Journal .

Mais le document détaille également les nuisances «constantes et insupportables» auxquels seraient confrontés les propriétaires si la fracturation hydraulique commençait. «Un château d'eau est éclairé toute la nuit, des véhicules vont et viennent à n'importe quelle heure…» Même le risque de voir de nouvelles espèces d'oiseaux endommager les propriétés est envisagé. L'avocat a précisé au Wall Street Journal que le patron d'Exxon n'a pas parlé de ces problèmes. Dans la rédaction de la plainte, la partie sur les nuisances concerne néanmoins «tous les plaignants».

Soutien des écologistes sur Twitter

Les critiques contre la fracturation hydraulique sont nombreuses. Cette technique, qui permet de fissurer les roches à de grandes profondeurs pour accéder à des gisements de gaz et pétroles de schiste, est attaquée par les écologistes pour ces dégâts sur l'environnement. L'utilisation massive d'eau mêlée à du sable et des produits chimiques peut provoquer la pollution des nappes phréatiques. La technique est d'ailleurs interdite en France.

L'histoire fait néanmoins beaucoup rire outre-Atlantique. Le magazine Forbes écrit ainsi :«Parfois, l'hypocrisie dans la vraie vie est telle que personne ne pourrait espérer construire, à partir de rien, un scénario similaire.» La fonction principal de Rex Tillerson serait d'encourager la fracturation hydraulique «pour que son entreprise continue de ramasser des milliards en produisant et vandant du gaz naturel». Le magazine rappelle également que le PDG d'Exxon s'était opposé à un projet de loi régulant la fracturation hydraulique.

Sur Twitter, Josh Fox, réalisateur de documentaires contre les gaz de schiste, a lancé le hashtag #ImwithRex, Je suis avec Rex. Sous-entendu contre de nouveaux forages.

Ce petit écriteau a fleuri sur les comptes d'écologistes américains, jusqu'à l'acteur Mark Ruffalo.

La compagnie pétrolière a, de son côté, refusé de s'exprimer sur l'affaire, n'étant «pas concernée», a-t-elle fait savoir au Wall Street Journal.

Source : Le Figaro.fr

Le patron d'ExxonMobil dit non au gaz de schiste... près de chez lui

Par Stéphane Lauer (New York correspondant), 26 février 2014

C'est l'histoire de l'arroseur arrosé. Celle d'un château d'eau que Rex Tillerson ne veut pas voir aux portes de son ranch, situé à Bartonville, au Texas. Avec une poignée de ses concitoyens, le citoyen américain s'oppose au projet depuis des mois. L'édifice est destiné, en particulier, à alimenter en eau les puits d'extraction de gaz de schiste situés à proximité de cette petite ville prospère proche de Dallas, selon la méthode contestée de la fracturation hydraulique.

La polémique aurait dû rester locale sauf que le propriétaire mécontent, Rex Tillerson, n'est autre que le patron d'ExxonMobil, la plus grosse compagnie pétrolière privée du monde.

Un ranch évalué à plus de 5 millions de dollars

M. Tillerson agit en connaissance de cause dans la mesure où il a investi plus de 31 milliards de dollars (22,5 milliards d'euros) dans l'extraction de gaz de schiste depuis qu'il est à la tête de la compagnie américaine. On imagine le nombre de châteaux d'eau que cela représente. Ceux-ci peuvent pousser comme des champignons chez les autres, mais pas sous les yeux du patron d'Exxon.

Le patron d'Exxon craint, avec un certain nombre de ses concitoyens, que les nuisances du château d'eau fassent perdre de la valeur à son luxueux ranch, évalué à plus de 5 millions de dollars. Outre l'aspect esthétique, c'est surtout le va-et-vient des camions transportant l'eau vers les puits d'extraction, qui inquiètent M. Tillerson. On le comprend : depuis 2007, il s'en est déjà ouvert pas moins de neuf à moins de deux kilomètres de sa propriété. Le dernier en date appartient à XTO Energy, un spécialiste du gaz de schiste racheté par Exxon en 2009, ce qui a permis au groupe de devenir le leader américain dans le domaine.

Plainte en nom collectif

Trois autres voisins se sont associés au patron d'Exxon pour déposer une plainte en nom collectif en 2013 arguant que « chacun des propriétaires a choisi Bartonville parce que la ville a adopté des réglementations dont le but est de prévenir des constructions indésirables ne correspondant pas à la nature du voisinage », explique le document révélé le 20 février par le Wall Street Journal.    

Fin 2013, M. Tillerson avait rappelé à des membres du conseil municipal que s'il avait investi dans son ranch, c'était après s'être assuré que rien ne pourrait perturber son environnement bucolique. Ce scénario digne d'une série télé tombe assez mal, au moment où Exxon s'est lancé dans une campagne pour convaincre que l'extraction du gaz de schiste ne pouvait avoir que des retombées positives pour les communautés locales.

« Je soutiens Rex »

Le groupe a pu jusqu'à présent être relativement convaincant au Texas où la densité de population est assez faible, mais se heurte à beaucoup plus de réticences en Pennsylvanie ou dans l'Etat de New York, dont les sous-sols sont également riches en gaz de schiste. Quant aux défenseurs de l'environnement, ils se sont, bien entendu, engouffrés dans la brèche ouverte par cette dispute de voisinage.

Josh Fox, le réalisateur de Gasland, un documentaire violemment anti-gaz de schiste a même pris la tête d'une touchante campagne de solidarité sur Twitter pour soutenir son nouvel ami d'Exxon sous le mot clé : #ImwithRex (Je soutiens Rex). M. Fox s'était lancé dans ce combat après qu'un groupe pétrolier lui a proposé de forer au fond de son jardin contre la somme de 100 000 dollars. Il en faudrait sans doute beaucoup plus pour convaincre M. Tillerson, dont la rémunération a atteint 40 millions de dollars en 2012, de finir par accepter le château d'eau.

Source : Le Monde.fr

 

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