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Publié par Saoudi Abdelaziz

Sit in de lycéens à Alger. Photo DR

Sit in de lycéens à Alger. Photo DR

Le gouvernement souffle le chaud et le froid. En Algérie, le régime en place ne reconnait jamais la justesse des mouvements sociaux. Il existe une procédure par laquelle, même lorsqu'il cède aux revendications, il s'efforce d'empêcher ces mouvements d'en tirer profit.

C'est la raison pour laquelle les mouvements de 2011-2012 n'ont pas débouché sur le renforcement des capacités d'organisation. La principale stratégie utilisée est la construction d'impasses pour isoler les mouvements sociaux du reste de la population et pour mettre ensuite sur le compte d'organisations satellites l'acceptation des revendications par le pouvoir. Mais, les choses ont beaucoup évolué depuis six ans, l'expérience accumulée semble permettre aujourd'hui une meilleure conduite de la mobilisation.

Stratégie

Sidi Saïd, un des jokers  du système s'efforce de mettre la fédération des enseignants de l'UGTA au service de cette stratégie, dont se sont démarqués les cinq syndicats de l’éducation nationale (Snapest, Satef, SNTE, Cela et Unpef), membres de l’Intersyndicale autonome. Les 5 se sont de nouveau officiellement démarqués des tentatives de les opposer au Cnapeste. Ils ont demandé  “l’arrêt immédiat de l’application des procédures de révocation des enseignants, à l’instar du scénario qui se répète à chaque fois (2003-2006-2010-2012 et 2014, à deux reprises”, qu’ils considèrent comme “une atteinte flagrante aux lois et une atteinte à la crédibilité de l’école algérienne”. Aussi, l’Intersyndicale de l’éducation renouvelle son soutien aux enseignants révoqués jusqu'à leur réintégration à leurs postes de travail".

Le chaud...

Le ministère tend la perche. Lu ce compte rendu de presse : "Mme Benghebrit a indiqué que «tout ce que fait son ministère s’inscrit dans le cadre de l’application de la loi». Soulignant que les enseignants radiés peuvent «faire un recours au niveau des Directions de l’Education dont ils relèvent étant la partie habilitée à examiner les recours dans le cadre d’une commission paritaire».

C'est aussi sans doute sur instruction venant de haut que le Haut conseil islamique (HCI) a publié aujourd'hui un réctificatif, affirmant qu'il "n'a jamais émis   une fetwa sur le caractère illicite des grèves".

... et le froid

"Ce sont les syndicalistes qui incitent les élèves à sortir dans la rue» a affirme Mme Benghabrit avant de préciser qu'elle a saisi officiellement les services de sécurité pour ouvrir une enquête sur les véritables instigateurs de cette démarche, dans une réponse à une question sur la poursuite des protestations contre la décision de renvoyer les enseignants en grève. Selon le quotidien El-Khabar, le ministre de l'intérieur a instruit les services de sécurité d'"interdire et de contenir des manœuvres de parties ennemies à la recherche de procédés pour semer la contestation basée sur le régionalisme et nationalisme". La multiplication des conflits sociaux et professionnels pourrait être utilisée par ces parties "ennemies" pour atteindre leur objectif qui est de semer les troubles et autres atteintes à l'ordre public.

La réponse de Chlef

Commencé à Blida et Boumerdès il a une semaine, les rassemblements de lycéens solidaires avec leurs profs "radiés" font tâches d'huile de jour en jour. Hier c'était notamment à Chlef. Si la manifestation de  dimanche s'est limitée à un rassemblement devant le siège de la Direction de l’éducation de la wilaya celle d’hier a pris de l’ampleur vu qu’elle a touché plusieurs artères du centre-ville". "Des milliers d’élèves" ont encerclé la Direction de l’éducation". Le correspondant de Liberté qui décrit le caractère organisé et pacifique du mouvement note : "Vers 13h, les manifestants se sont dispersés dans le calme en se fixant rendez-vous pour aujourd’hui". Les lycéens se mobilisent à Chlef, Relizane et Saïda

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