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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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25 février 2018

Finalement c’est 4%.  Donné à 6% par les derniers chiffres officiels, promis à 10% par l’ex-ministre de l’Industrie alors qu'il était à 30% à la fin des années 70, la part de l’industrie dans le produit intérieur brut (PIB) a été établie à un petit 4% et c’est l'actuel ministre du secteur, Yousfi, qui le dit.

D'un point de vue prévisionnel, 4% c'est évidemment bien loin des promesses politiques, de l'agitation des opérateurs économiques officiels et des grands concepts du moment. A quoi Haddad et son tour du monde, Bouchouareb et ses envolées nationalistes, Ouyahia et sa théorie du yaourt ou tous ces conseillers du président si bien payés ont-ils servi ? Comme les anciens ministres à  l'image de Temmar, le champion raté de l'istitmar, pour l’instant à rien ou pas grand-chose, c’est-à-dire 4%, soit moins que la proportion d'experts sérieux qui occupent les postes importants de la décision économique.

Sauf qu'on vient d’apprendre que les Italiens de Saipem ont confirmé avoir bien offert 200 millions d’euros à des intermédiaires algériens introduits dans le secteur pétrolier pour obtenir des marchés à hauteur de 8 milliards d’euros. Ce qui tombe à peu près bien, 4% de 8 milliards d'euros, ce sont 320 millions d'euros, nous ne sommes plus très loin des 200 si l'on ajoute les frais de gestion, les chambres d'hôtel, les mesures d'accompagnement et les cadeaux aux épouses. On est donc dans les chiffres, tout va bien.

Plus exactement, selon la justice italienne, Saipem aurait versé des pots-de-vin pour obtenir des contrats en Algérie. 197 millions d’euros de commissions pour des contrats de 8 milliards d’euros. Pourquoi ? Pour « évincer ses adversaires » et s’assurer « les faveurs du ministre algérien de l’Énergie », selon toujours les Italiens, qui ne sont pas toujours des menteurs. Saipem aurait donc payé. Chez qui sont allés ces 200 millions ? Chez personne, évidemment. Personne ne les a vus, le douanier qui était chargé avait 4% de chances de les voir passer. Pas de chance.
 

Source : El Watan

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