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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'émission radiophonique où la ministre Benghabrit a annoncé ses mesures contre les enseignants grévistes a été diffusée hier matin. Les sites électroniques en ont fait leur une pendant toute la journée d'hier. Ce matin, on attendait donc des journaux de la presse écrite des informations sur les réactions des grévistes et de leurs porte paroles. A une seule exception notable, c'est le silence général. Curieuse déontologie, car les propos outrageusement antisyndicaux de Benghabrit, nécessitaient de donner la parole aux syndicats.

Avec Benghabrit contre la grève

"La ministre de l’Éducation nationale n’y est pas allée de main morte pour s’en prendre au Cnapeste, accusant ses représentants de pratiquer “le mensonge” et de “tenter de tromper l'opinion publique” écrit d'emblée le journal Liberté." "Le ton ferme de Benghabrit" titre El Watan qui conclut : "Cette dernière estime que «l’ère du chantage est révolue». «Si des syndicats dictaient leurs exigences en 2005, ils ne le feraient pas en 2018. Maintenant, il y a un ministère debout», ajoute Mme Benghabrit qui souhaite faire classer l’Education parmi les secteurs de souveraineté nationale." La même chose dans le Soir d'Algérie qui titre à la une : Le plan de Benghabrit pour contrer la grève. "Elle refuse catégoriquement de recevoir le bureau national du Cnapeste tant que ce dernier n’a pas gelé son mouvement. Il ne peut y avoir des droits sans devoirs, dit-elle, ajoutant que le secteur n’est plus dans le contexte de 2005. Plus besoin de recourir, dit-elle, à la grève pour se faire entendre tant les canaux d’expression sont multiples aujourd’hui".

Seul le quotidien Reporters fait exception. Après avoir présenté les mesures de la ministre de l'Education nationale, Farid Mellal a interrogé le porte parole du Cnapeste :

" Messaoud Boudiba, dit «ne pas s’étonner d’une telle mesure disciplinaire». «Les sanctions ne sont pas une nouveauté chez la ministre de l’Education nationale. C’est une pratique courante», fait observer M. Boudiba. «Nous agissons conformément à la loi et nos revendications sont légitimes», ajoute le syndicaliste, tout en glissant que le «mouvement de protestation gagne de l’ampleur et bénéficie de la sympathie et de l’adhésion d’enseignants non structurés au Cnapeste». Lundi, au sortir d’un premier round de négociations au siège du ministère de l’Education nationale, la section Cnapeste de Béjaïa a arraché de Nouria Benghebrit la mise en œuvre de deux commissions d’enquête, l’une pour le cycle primaire et moyen, la seconde pour le cycle secondaire, limitées à la seule wilaya de Béjaïa, afin d’étudier et de recenser l’état du secteur. Le bureau national du Cnapeste a applaudi à cette mesure mais n’a pas pour autant accepté de mettre un terme au mot d’ordre de grève.

Que demande le Cnapeste?

Le Cnapeste revendique plus de diligence dans l’application du P-V du 19 mars 2015 conclu avec la tutelle comme signe de bonne volonté afin de lever le piquet de grève.

Pour rappel, le P-V du 19 mars 2015, paraphé par l’inspecteur général du ministère de l’Education, Nedjadi Messeguem, et Nouar Larbi, l’ancien coordinateur national du Cnapeste, est subdivisé en quatre points, notamment celui relatif à la promotion systématique, la reconversion des titulaires de postes en voie de disparition. Le troisième point soulevé par le Cnapeste concerne la médecine du travail, la prime de zone, le dossier du logement, et la constitution d’une commission gouvernementale de recensement des biens des œuvres sociales. Sur ce point précis, le ministère de tutelle a assuré l’avoir pris correctement en charge mais, qu’en ce qui les concerne, les revendications liées à la commission susmentionnée, au logement ou à la prime de zone, ne sont pas du ressort exclusif du ministère et que les autres départements ministériels ont été mis à contribution. Le P-V du 19 mars 2015 consigne aussi comme dernière revendication de comptabiliser la période du service national et les années d’études pour les diplômés des ENS et Instituts technologiques de l’éducation, dans le calcul de la pension de retraite".

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