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Publié par Saoudi Abdelaziz

Des pauvres se tapent dessus en France. Des enfants refugiés en Suède entre dans le coma de la résignation. Le New York Times suggère que les gros détenteurs d’obligations dont les profits ont trop gonflés cèdent à une pré-panique, qui témoigne  d'un "effondrement capitaliste discret", selon un chercheur américain.

Le Syndrome de résignation: l’intolérable mort des enfants réfugiés en Suède

Par Fasséry Kamissoko 2 février 2018

Depuis le début des années 2000, de jeunes réfugiés en voie d'expulsion tombent mystérieusement dans un coma identique à la mort. Les médecins l'appellent le syndrome de résignation. Il a lieu en Suède où il a touché de nombreux enfants. Le syndrome de résignation désigne un trouble durable qui affecte principalement les enfants et les adolescents psychologiquement traumatisés au cours d'un processus de migration fatigant et long. Typiquement, une manifestation dépressive est suivie d'un repli graduel évoluant vers la stupeur et un état qui entraîne une alimentation par sonde et se caractérise par l'incapacité à répondre même à des stimuli douloureux. Le patient est apparemment inconscient. Le rétablissement s’ensuit en plusieurs mois ou années et est supposé dépendre de la restauration de l'espoir dans la famille, autrement dit l’acquisition du statut de réfugié. Des descriptions de troubles ressemblant au Syndrome de résignation peuvent être trouvées dans la littérature et cet état n’est sans doute pas nouveau. Néanmoins, l'ampleur et la répartition géographique se distinguent. Depuis le début des années 2000, plusieurs centaines de cas ont été signalés exclusivement en Suède, ce qui a amené le Conseil national suédois de la Santé et des Affaires sociales à reconnaître le Syndrome de Résignation comme une entité diagnostique distincte. L'hypothèse de stress actuellement dominante ne tient pas compte de la distribution régionale et contribue peu au traitement. Par conséquent, une réévaluation du diagnostic et du traitement est nécessaire. La catatonie psychogène est proposée comme convenant le mieux au tableau clinique. La réponse au traitement, l'altération du métabolisme cérébral ou la conscience préservée appuieraient cette hypothèse. Les données épidémiologiques suggèrent que des croyances et des attentes liées à la culture généreraient et dirigeraient l'expression des symptômes.

Texte intégral : Le blog de Fasséry Kamissoko

Nutella: un laboratoire du malaise social

Par Olivia Bianchi, 2 février 2018

Les pauvres se tapent dessus et les ultra-riches gloussent en paix, ils ont compris que la plus haute autorité de France les aimait plus qu'il n'aimait ses propres ouailles de Versailles. Oui, les ultra-riches n'ont plus rien à craindre des frondeurs du poulailler, ces derniers ont développé le goût pour des pratiques de combats endogames qui raffolent les curieux.(...)

Les pauvres restent fidèles à leurs injustes caricatures, affreux, sales et méchants, quand la République française ne l'est plus, fidèle, eu égard à ses valeurs... Une économie de 3, 09€ non négligeable pour de plus en plus de personnes qui ne vivent pas forcément sous le seuil de pauvreté, mais qui risquent à tout moment d'y basculer, comme saisies par une attraction maligne dans les eaux glacées du matérialisme, à l'heure où des allocations baissent et où les prélèvements obligatoires de la CSG augmentent. (...)

Oui, nous pourrions ouvrir à ce jour peu glorieux du 25 janvier 2018 le livre d'une chronique quotidienne de la pauvreté ordinaire qui contiendrait les incalculables faits soi-disants "anodins" qui témoignent de cette troublante logique dont nous entretenait déjà la philosophe Simone Weil: "Désir de voir autrui souffrir ce qu'on souffre, exactement. C'est pourquoi, sauf dans les périodes d'instabilité sociale, les rancunes des misérables se portent sur leurs pareils. C'est là un facteur de stabilité sociale". Comment avoir pu négliger cette mécanique humaine selon laquelle l'exercice de la violence des pauvres ou des misérables sur leurs pareils, maintenait la structure de domination des tous-puissants! En promulguant des mesures économiques iniques, car fortement injustes envers la partie de la population la plus affaiblie économiquement, et en aspirant une partie de la classe moyenne dans cette logique de paupérisation terrifiante qui les conduits à développer la même mécanique instinctuelle, le pouvoir exécutif vise l'auto-exclusion des pauvres des grandes et des villes moyennes, et leur effacement progressif du paysage urbain, comme de vulgaires insectes pulvérisés par Monsanto.

Texte intégral : Le blog de Olivia Bianchi

Un effondrement capitaliste discret ? La pré-panique s’installe

Par Immanuel Wallerstein, 1er février 2018

Le New York Times a suggéré que les gros détenteurs d’obligations – que ce soient les banques nationales ou privées – sont en train de réduire discrètement leur détention de titres, par peur de l’inflation nominale. Jusqu’à quel point cela peut-il être discret si les colonnes du New York Times en débattent ?

Tout le monde espère que personne ne va paniquer et vendre trop rapidement. Et si quelqu’un le fait, qu’il le fasse juste un tout petit instant après mes propres retraits discrets.

Bien entendu, personne ne veut se retirer trop tôt – et pas trop tard non plus. Aussi, lorsqu’on arrive à un moment de pré-panique, personne ne peut être sûr, ce qui garantit plus ou moins l’effondrement soudain du marché obligataire.

Nous savons que nous sommes dans une période de pré-panique lorsque nous en débattons. Mais pourquoi maintenant et pas avant ? Parce que les profits gonflés du marché ne reposant sur aucun accroissement réel de la plus-value ont permis de gagner une telle quantité de monnaie fiduciaire que le marché a rattrapé le marché obligataire. Et voilà pourquoi on se retire discrètement de ce marché obligataire.

En outre, les salariés rémunérés sont en quête de salaires plus élevés, partout. Tant de salariés ont été éjectés du marché du travail qu’il y a aujourd’hui une pénurie de main-d’œuvre disponible. Ce qui fait des obligations un refuge encore sûr. Confusion, confusion !

La tendance se développe à devenir plus protecteur : de soi-même, du pays. Et le but est de se renforcer. Même les pays qui font entendre un discours fortement défavorable au protectionnisme comme le Canada le pratiquent néanmoins ou subissent des pertes en politique intérieure.

Tout cela est ce qui arrive dans une crise structurelle du système-monde, dans lequel des variations insensées de n’importe quoi constituent la réalité. Les pré-paniques sont l’une de ces variations insensées.

 Source : Mémoire des luttes

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