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Publié par Saoudi Abdelaziz

Emir Sader, socioloque et penseur brésilien. DR.

Emir Sader, socioloque et penseur brésilien. DR.

le 30 décembre 2017, Público

Aux Etats-Unis et en Argentine de façon formelle, avec une nouvelle loi. Au Brésil et autres pays, par des mesures concrètes, qui reviennent au même, on diminue les impôts aux riches.

( Note du traducteur : parmi ces autres pays on peut bien sûr inclure l'Algérie en citant entre autres le récent retrait de la disposition de loi portant impôt sur la fortune).

Leonardo Boff dit qu'il faut prendre soin des personnes. Lula dit quiconque peut gouverner, mais ce dont il s'agit c'est de de prendre soin des gens les plus pauvres et les plus fragiles.

Les gouvernements de droite, aujourd'hui tous néolibéraux, se consacrent à prendre soin des riches. Ça ne leur suffit pas d'être riches, on doit en prendre soin. Sinon, ils rechignent à investir leur argent, gagné à la sueur d'un front étranger. Il faut les inciter à faire des investissements, les convaincre, leur donner des arguments pour qu'ils se risquent à investir... à créer quelques biens et qui sait peut être quelques emplois ?

Ceci est la logique des ministres et des chroniqueurs de droite, aussi bien dans les réformes du travail que dans les réformes fiscales. Ils assument les jérémiades des grands entrepreneurs qui disent qu'investir revient très cher. Et en plus c'est très risqué.

Que les coûts pour embaucher des travailleurs sont trop élevés. Que comme ça ce n'est pas possible. Que cela ne vaut pas la peine. Mieux mettre l'argent dans la Bourse des Valeurs, où on n' embauche personne, pratiquement aucun impôt n'est payé, on peut retirer l'argent et l'emporter à un autre pays , si cela en vaut la peine.

Qu'il faut baisser les coûts de l'embauche de travailleurs - au détriment des droits de ces derniers, bien sûr - pour recruter plus de gens. Que ceux-là s'adaptent au rythme, aux nécessités, aux temps du capital, qui est le moteur de la société, bien sûr. Deux heures aujourd'hui, aucune demain, après-demain peut-être, et un autre jour 14 heures de suite si les machines l'exigent.

Bref, le système en vigueur s'appelle capitalisme car son noyau est le capital. Tous doivent s'adapter au mouvement du capital. S'il a intérêt à voyager vers une île lointaine, il faut créer les conditions pour qu'il fasse ce voyage. S'il veut revenir, que les conditions de bienvenue soient créées pour ceux qui retournent.

Sans capital, pas de capitalisme, pas de capital, ni même de l'emploi pour beaucoup de gens. Les gouvernements qu'on importe avec le développement du pays doivent alors prendre soin du capital, qui à son tour prendra soin du pays et de lui-même.

Il suffit de mentionner la réforme fiscale pour que les entrepreneurs se frottent les mains: "Excellente", diront-ils. Moins d'impôts et surtout pas cette fiscalité juste dans laquelle qui gagne plus, paye plus. Non. C'est celui qui gagne plus qui fait avancer le pays. Il doit payer moins d'impôts, pour qu'il soit encouragé à faire des investissements et, peut être, embaucher quelques travailleurs, pour quelque temps.

C'est le cadeau de Noël des gouvernements des riches pour les riches, pour bon comportement, bon financement. Si on ne les remercie pas, ils peuvent nous laisser et aller assumer des risques dans d'autres pays.

Moins d'impôts, dettes pardonnées, financements à bas intérêts: ce sont les conditions pour avoir le soutien des entrepreneurs. Prendre soin des riches, pour qu'ils ne nous abandonnent pas, pour un quelconque paradis.

Sinon, nous resterions prisonniers des pauvres, de ceux-là qui vivent de la sueur de leur propre front, de ceux qui n'exploitent personne, de ceux qui produisent toutes les richesses du pays, de ceux qui s'associent, s'organisent, se mobilisent ...

Pour éviter cela: réforme du travail, réforme des pensions, réforme fiscale. A ceux qui n'ont rien, nous leur enlèverons tout. Prendre soin des riches, pour que nous soyons des pays de riches, pour que les autres sachent qu'il n'y pas assez pour tous et que dans le capitalisme, gagne celui qui possède le capital.

Et si un gouvernement de riches ne prend pas soin des riches, qui le fera ?

Traduction : Samir Berkas

Titre original: Cuidar de los ricos

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