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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Dans les semaines à venir les revendications seront posées dans le même temps par de nombreuses catégories sociales. Les pouvoirs publics sauront-ils faire preuve de sang froid pour gérer cette coïncidence relativement inédite. "La main de l'étranger" sera-t-elle encore une fois invoquée pour justifier le refus du dialogue et le pourrissement qui sert à dresser les usagers contre le mouvement social, voire le recours à la répression.

Hier, Réflexion un quotidien régional  subventionné par le régime avait brodé sur le thème : "Une main étrangère pousse à fond la colère et rien n’est laissé au hasard". Aujourd'hui, son confrère progouvernemental et national L'Expression  choisit comme angle d'attaque "l'inquiétante transversalité des mouvements sociaux". Plus précisément : " Ce qui fait craindre le pire, ce n'est pas le fait que des médecins, des paramédicaux et des enseignants débrayent, mais de voir tout ce beau monde bloquer chacun son secteur en même temps".

Chômeurs à l'affût

"Avec tous ces préavis de grève qui promettent des débrayages illimités pour le mois de février, ce sont les ingrédients inespérés que cherchent des forces politiques tapies dans l'ombre pour déstabiliser le pays" affirme le quotidien.

En fait, dans cette "ombre", l'Expression n'a repéré que les comités de chômeurs, et éventuellement les adversaires du gaz de schiste derrière lesquels se trouveraient  des "ONG" étrangères. Propos en vrac :

"La proximité d'une série de grandes grèves dans la Fonction publique pourra donner de l'élan aux activistes de tout bord".

"Il suffirait pour des cercles intéressés, et ils existent quoi qu'en disent certains, d'allumer des feux ici et là et surtout réveiller la fameuse coordination des chômeurs de Ouargla et pourquoi pas les manifestations anti-gaz de schiste".

" L'Expression a appris, de bonnes sources, que la défunte Coordination nationale des chômeurs sera réactivée bientôt. En fait, les animateurs de cette coordination entendent surfer sur la grogne des fonctionnaires pour pousser au pourrissement de la situation sociale dans le pays".

Dérapage sécuritaire "inévitable"?

"Il serait naïf de croire qu'une série de grandes grèves simultanées dans de larges pans de la Fonction publique, puissent constituer un motif d'émancipation de la société. Les discours servis actuellement pour accréditer la thèse d'une société en bonne santé, car revendicative, disparaîtront lorsqu'on arrivera à une gestion sécuritaire d'une situation à la limite du contrôlable (...)".

"La responsabilité des pouvoirs publics est certainement engagée dans la gestion de la période qui s'annonce difficile. Mais il faut bien se rendre à l'évidence que s'il y a un plan préétabli par ceux qui veulent tirer profit de la période de fragilité par laquelle passera forcément l'Algérie, pour allumer la mèche, les dégâts seront inévitables".

Les pouvoirs publics sauront-ils faire preuve de sang froid pour gérer cette situation relativement inédite. Le message répercuté par le journal est inquiétant. C'est d'autant plus inquiétant que le directeur de l'Expression fait partie du staff qui, en haut lieu, gère les opérations médiatiques du pouvoir.

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