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Publié par Saoudi Abdelaziz

En 2013, Malik avec l'orchestre d'arabo-andalou Errachidia de Cherchell.

En 2013, Malik avec l'orchestre d'arabo-andalou Errachidia de Cherchell.

L'entretien avec Malik, qui "a à peine quinze ans", clôt le reportage du journaliste-écrivain Mustapha Benfodil intitulé " Avoir 20 ans sous Boutef. Cette génération qui n’a connu qu’un seul président".

Crinière romantique et frimousse angélique, Malik, comme nous le disions, est le «mazouzi» de notre panel. «Miko» – comme on le surnomme – a à peine 15 ans. Il est encore mineur. Mais nous avons été tellement épatés par la qualité de ses interventions sur sa page Facebook que nous n’avons pas résisté à la tentation de l’associer à cette réflexion. Et nous n’avons pas été déçus. Miko est en deuxième année secondaire, filière langues étrangères.

«Un autre 1er Novembre s’impose !»

Il étudie au lycée de Messelmoune, dans la wilaya de Tipasa, mais habite à Hadjrate Enoss (ex-Fontaine-du-Génie). Malik est né le 2 avril (comme Gainsbourg) de l’année 2002, soit trois ans après l’arrivée de Bouteflika au pouvoir. Force est de constater que notre lycéen prodige a tout d’un génie. Il s’avère d’emblée très politisé, s’affichant nettement à gauche. A l’heure où l’offensive néolibérale et la société de consommation semblent avoir balayé le marxisme un peu partout, lui se présente comme un «rouge», marteau et faucille fièrement brandis. La couverture de son compte Facebook est à l’effigie d’Hugo Chavez.

Son phrasé claque comme un feu d’artifice poétique. Une qualité d’expression où se mêlent le chevaleresque et le précieux, et qui témoigne d’une boulimie littéraire précoce. «Je lis beaucoup», reconnaît-il timidement sur Messenger. «Je lis surtout de la littérature française, les romantiques de la période post-monarchie», indique-t-il.

Sur Facebook, il arbore ce titre culte de Malek Haddad : Je t’offrirai une gazelle. Il confirme l’attrait qu’exerce sur son esprit la prose élégante et sensible du grand écrivain constantinois.

«Je suis en effet ébloui par le style haddadien», dit-il, avant de faire remarquer : «En fait, je lis tous les écrivains subversifs, ceux qui sortent du commun, qui interrogent, qui remettent en question les fondements de notre monde.» Waw !... Nous nous risquons à lui demander le secret de ses sympathies pro-communistes. «Cette rencontre avec le ''rouge'', je la dois à Cheikh Amaz', à travers ses hymnes.» Référence à Amazigh Kateb, son idole absolue.

D’ailleurs, il a fini par rencontrer le fils de Kateb Yacine qui lui a gentiment rendu visite en octobre 2016. Parmi ses multiples talents, Malik joue aussi de la musique. Il est membre de la prestigieuse association d’arabo-andalou Errachidia de Cherchell. «Je touche à tout, je n’aime pas m’astreindre à un registre précis», dit-il.

L’art, pour lui, est fondamentalement synonyme d’engagement et ne peut être dissocié du politique. «L’art, c’est le miroir de la société. En même temps, c’est un instrument de rééducation, une arme d’instruction massive. Et de construction aussi», professe le jeune maître.

S’il est manifestement destiné à emprunter les chemins de l’art et de la pensée, Malik ne dédaigne pas pour autant l’action de terrain. «C’est l’éternel retour du concret selon la théorie de Lénine. Il faut toujours revenir au terrain. L’espérance est dans la rue«J’adhère à toutes les voies de salut, que ce soit l’art ou l’activisme», appuie-t-il.

De Boutef, Miko nous dit que ses premiers souvenirs sont ceux d’un président «qui tapait du poing sur la table». Aujourd’hui qu’il est moins actif (et c’est un euphémisme), il craint que cela ne conduise à un affaissement général. «C’est à l’image du pays. Ils disent ''mazal waqfine'' (on est toujours debout), la vérité est que tout le pays est assis comme lui», constate Miko. Le vrai changement, selon lui, ne passera pas par les urnes.

Dans un post publié le 1er novembre, il écrit : «Un autre 1er novembre s'impose. Gloire aux martyrs de la Révolution passée (et à venir)... !» Ses projets ? Miko veut s’investir dans le journalisme, comme son cher papa, «une profession, dit-il, qui incarne l’aurore de la délivrance via l'expression alternative. Le journaliste, s'il ne trahit pas son idéal, est le prophète de celui-ci».

«Cheikh Malik» est vraiment le visage de l’espoir. Nous souhaitons simplement qu’il n’aura pas à se coltiner un reportage sur «la jeunesse DZ sous le 7e mandat»…    

Source : El Watan

 

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