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Publié par Saoudi Abdelaziz

Dernière session du Conseil central de l'OLP. Photo DR

Dernière session du Conseil central de l'OLP. Photo DR

, écrit ce matin René Backmann dans Mediapart. Quelques extraits de cet article réservé aux abonnés:

"Dans un discours chargé de colère et d’émotion, où il a mêlé arabe littéraire et arabe populaire, le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré en ouvrant la vingt-huitième session du Conseil central (CC) de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qu’il « n’y a plus d’Oslo ».

 « Le discours d’Abbas est un élément majeur, aussi important que la décision de Trump sur Jérusalem, estime l’universitaire Menachem Klein, spécialiste de Jérusalem, qui fut le conseiller du ministère israélien des affaires étrangères lors des négociations de paix des années 2000, avant d’être l’un des signataires de l’accord israélo-palestinien de Genève, en décembre 2003. Abbas est en colère, il se sent trahi aussi bien par Trump et ses émissaires que par les dirigeants arabes, en particulier le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qui lui a annoncé que le plan de paix arabe de 2002 était abandonné. C’est la fin d’un processus de quarante ans, initié lorsque l’OLP s’est tournée vers les États-Unis pour choisir un médiateur dans le conflit. » (...)

La lecture du long communiqué final du Conseil central de l’OLP, approuvé par 74 voix contre 2 et 12 abstentions, comme le ton exceptionnellement dramatique et personnel du discours de Mahmoud Abbas, qui a laissé entendre qu’il était malade et qu’il ne serait peut-être pas là lors du prochain Conseil central, ont confirmé à la fois la rupture avec Washington et la colère des dirigeants palestiniens face à la passivité ou la duplicité arabe.

Après avoir entendu le président palestinien déclarer, à propos du plan de paix de Trump, que son « affaire du siècle s’[était] transformée en gifle du siècle » et confirmer qu’à ses yeux Washington était désormais « disqualifié » pour jouer le rôle de médiateur, les délégués du Conseil central ont adopté un texte qui rappelle fermement les pays arabes et musulmans à leur devoir de solidarité. Le document appelle notamment à la mise en œuvre de la résolution du sommet arabe d’Amman, en 1980, qui oblige les États arabes à rompre tout lien avec les pays qui reconnaîtraient Jérusalem comme capitale d’Israël. Il demande aussi aux États arabes de confirmer leur adhésion à « l’Initiative de paix arabe » de 2002 qui proposait de créer un État palestinien dans les frontières de 1967, de rejeter « toute tentative de changer ou altérer son contenu » et de « maintenir ses priorités ».

Le même document demande aussi au comité exécutif de l’OLP (CE), seule instance habilitée à prendre des décisions engageant les Palestiniens dans le cadre du processus de paix, de suspendre la reconnaissance de l’État d’Israël jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse l’État de Palestine dans les frontières de 1967, et annule sa décision d’annexer Jérusalem-Est et d’étendre la colonisation. Le communiqué demande enfin au CE et aux institutions de l’État de Palestine – c’est-à-dire à l’Autorité palestinienne – de mettre un terme à la coordination sécuritaire avec Israël et d’en finir avec « les relations de dépendance économique » instaurées par les Accords de Paris.(...)

Dépourvu de légitimité démocratique à l’intérieur, critiqué pour la corruption et l’inefficacité d’une partie de son entourage politique, lâché par une jeunesse lasse d’attendre un État et une vie débarrassée des humiliations quotidiennes de l’occupation militaire, Mahmoud Abbas fait face aujourd’hui à une situation intérieure difficile et à une situation diplomatique complexe. Sans revenir sur l’accord de réconciliation signé au Caire en octobre, les islamistes du Hamas, qui contrôlent encore largement la bande de Gaza, ont décliné l’invitation à partager les travaux du CC, car ils se tenaient sous occupation israélienne et ils accusent le président palestinien de « ne pas satisfaire les ambitions du peuple ».

Et le président de l’Autorité palestinienne – issue de feus les accords d’Oslo – va aussi devoir répondre aux appels à des mobilisations pacifiques massives et à une intensification du boycott des produits israéliens, réclamés par une partie de l’opinion, qui entend faire payer de plus en plus cher à Israël le prix de l’occupation.

Certes, sur le plan diplomatique, les derniers votes des Nations unies sur le statut de Jérusalem ont montré que la cause des Palestiniens disposait désormais, au sein de la communauté internationale, d’un soutien solide. Mais cette situation favorable ne laisse pas entrevoir de perspectives concrètes pour imaginer une reprise de négociations avec Israël sur des bases nouvelles. Conformément à une stratégie diplomatique adoptée avec un relatif succès depuis ces dernières années, la direction palestinienne entend donc recourir aux Nations unies pour atteindre son objectif historique. D’abord en tentant d’obtenir que l’État de Palestine obtienne un siège de plein droit à l’ONU, ensuite en recourant systématiquement à la justice internationale pour faire condamner la colonisation, la détention sans jugement des prisonniers palestiniens, ou les frappes militaires contre la bande de Gaza.(...)

 

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