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Publié par Saoudi Abdelaziz

Jeunes chômeurs en grève de la faim à Sougheur. Photo DR

Jeunes chômeurs en grève de la faim à Sougheur. Photo DR

Une dizaine de jeunes chômeurs observent depuis dimanche une grève de la faim devant le siège local de l’ANEM de Sougheur (Tiaret) pour protester contre la gestion de l’emploi dans la localité. "L’atmosphère est lourde, d’autant qu’à part le mouvement associatif local, aucun responsable de l’ANEM n’est venu atténuer les appréhensions et répondre, ne serait-ce que par l’ouverture d’un dialogue avec les jeunes", note le correspondant d'El Watan.

"Les forces de l'ordre sont-elles mobilisées pour compenser l'incompétence de l'administration ?" s'interroge un éditorialiste, après les affrontements de dimanche soir entre policiers et étudiants, aux abords du campus Hasnaoua de Tizi Ouzou.

Après le débrayage au port d'Annaba, le Pdg refuse de discuter et appelle en renfort le tribunal auquel il demande de juger illégale cette action, pourtant précédée d'un préavis en bonne et due forme. Pendant ce temps, les "instances" de l'UGTA sont aux abonnés absents.

Hier, sortant du huis clos de la grève menée sans résultat depuis deux mois, deux milles  d'étudiants des écoles normales supérieurs ont marché -sans incident-dans les rues de Constantine et d'Oran pour demander au gouvernement de respecter ses engagements contractuels. Ces futurs professeurs seront-ils écoutés?

"Ce n'est pas mon affaire"

Dimanche, les bateaux étaient en rade au port de Annaba où les conducteurs de remorques et les autres inscrits maritimes observent un arrêt de travail.  Dans leur avis de débrayage déposé le 4 janvier, ils demandent «l’alignement des salaires et accessoires de rémunérations sur ceux des travailleurs des autres ports». Ce n'est pas mon affaire, cette revendication ne relève pas de l’Entreprise portuaire de Annaba (Epan) répond son DG Mohamed Karim Eddine Harkati, qui renvoie à une réunion du groupe Serport et de la Fédération UGTA "se tiendra prochainement", à Alger, selon les terme rapportés par la presse. Dans l'immédiat, le Pdg de l'Epan  a envoyé un huissier de justice constater le débrayage qu'il juge illégal et demande au tribunal administratif d'approuver son verdict.

L'Etat doit respecter ses engagements

http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gifA Oran, des centaines d'étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS ) d'Oran et de Mostaganem ont marché du rond-point de l'Inset jusqu'au quartier de Medina Djedida. A Constantine, 400 étudiants de l'ENS, toutes années confondues, ont sillonné les grandes artères de la ville.

Propos recueillis par la presse : « au tout début de nos inscriptions à l'ENS de Constantine à Sidi Mabrouk supérieur, nous avions signé un document qui spécifie, en son article 4, que les recrutements après les 5 années de formation au sein de l'ENS, se fera dans la wilaya de résidence. Malheureusement, poursuit-il, le ministère de tutelle n'a pas tenu cet engagement ni respecté l'article de l'accord en question, ne cessant de louvoyer, à chaque fois et tourner le dos, en fait à ce qu'il a signé avec nous ».

"Nous accédons aux écoles normales avec des moyennes élevées obtenues au bac, nous faisons un choix de carrière dès notre première année et au final nous nous retrouvons sans emploi alors que nous aurions pu faire d’autres choix, c’est injuste”, commente Oualid à Oran qui précise que le collectif qui anime le mouvement est libre et autonome sans aucun lien avec les organisations estudiantines en place. 

Projections

Par Moncef Wafi, 16 janvier 2017. Un éditorial du Quotidien d'Oran

http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gif Les forces de l'ordre sont-elles mobilisées pour compenser l'incompétence de l'administration ? C'est en tous les cas la première impression qui se dégage des différents affrontements entre des contestataires issus des différents secteurs économico-professionnels et les services d'ordre déployés pour éviter toute tentative d'occupation de l'espace public.

Ce qui vient de se passer à Tizi Ouzou en est la parfaite illustration puisque les affrontements entre des étudiants et des policiers enregistrés, dans la soirée de dimanche dernier, aux abords du campus Hasnaoua de l'université Mouloud Mammeri avaient pour origine des conditions d'hébergement et la mauvaise qualité de la restauration.

Ce qui aurait dû n'être qu'un problème interne à gérer par les responsables administratifs en charge du dossier a débordé sur la rue et conduit à une confrontation directe entre policiers et étudiants. Cette incapacité dans la gestion des affaires publiques et l'impunité dont jouissent certains ronds-de-cuir locaux ont grandement nui à la stabilité du pays, précipitant des milliers de contestataires dans la rue pour revendiquer des solutions qui auraient dû être prises en amont.

Ce laxisme, parfois délibéré, de laisser pourrir les situations conflictuelles suppose l'existence d'une volonté préméditée de pousser à la confrontation, s'appuyant sur un dispositif répressif qui, somme toute, est dans sa logique.

Pousser des étudiants face à des policiers, dont la consigne est d'empêcher toute manifestation sur la place publique, relève de l'inconscience. Pire, cela dénote une forme de mépris et d'incompétence criarde qu'on occulte derrière les boucliers et les matraques des forces anti-émeutes. Au lieu de circonscrire les problèmes logistiques, résoudre les conflits en interne et privilégier le dialogue à travers des médiations, même externes, on préfère s'en remettre au travail des forces de l'ordre. Les exemples sont légion et vont d'un simple conflit de travail localisé à des revendications socioprofessionnelles plus générales.

L'épisode de la répression brutale des médecins résidents est toujours vivace et les autorités auraient pu faire l'économie d'une démonstration de force malheureuse si le dossier avait été traité avec davantage de sérieux. Reste qu'au lieu de favoriser l'apaisement à travers la recherche de solutions, même intermédiaires, on envoie la cavalerie à chaque manifestation.

Source : Le Quotidien d'Oran

 

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