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Publié par Saoudi Abdelaziz

NOOR1, la plus grande centrale solaire du monde se trouve au Maroc. Photo DR

NOOR1, la plus grande centrale solaire du monde se trouve au Maroc. Photo DR

En 2017, avec une production de 536 MW, l’Algérie est classée 18e en Afrique en termes de capacité installée en énergies renouvelables. C'est l'un des résultats de "l'application du  programme du président Bouteflika" centré sur la primauté donnée aux énergies fossiles et récemment de nouveau au gaz de schiste.

En 2018, le pouvoir croit se délester du "problème" des énergies renouvelables qui trouble la fête annoncée du gaz de schiste en confiant à Ali Haddad et consorts la création de petites centrales solaires. Le FCE va tenir la semaine prochaine une conférence tripartite avec Sonatrach et Sonelgaz. On dit que Ali Haddad et consorts bénéficieront de permis d'extraction du lithium nécessaire aux panneaux solaires. L'Algérie dispose de réserves considérable de cette "terre rare". Selon les chiffres de juillet 2017, Le prix de ce lithium utilisé aussi dans les voitures électriques a triplé en cinq ans sur le marché mondial, se situant désormais aux alentours de 10 000 dollars la tonne. L’an dernier, le prix de «l’or blanc» a augmenté de 60%.

 

"Pendant plus de dix ans on nous disait que le solaire n’était pas rentable note le professeur Chemseddine Chitour. Bien qu’il le soit en Allemagne avec un gisement solaire à 1 200 kWh m2/an contre 3 000 pour le Sud et 2 500 pour le nord de l’Algérie !"

"Comment n’avait-on pas pensé à se lancer plus tôt dans l’énergie solaire en lui consacrant une place importante dans le mix énergétique? écrivait en décembre 2016 Noureddine Khelassi dans une éditorial de la défunte Tribune. "Surtout ajoutait-il lorsqu’on sait que dans un pays d’ensoleillement beaucoup moindre comme l’Allemagne par exemple, plus du quart de la consommation d’électricité a été couverte par les énergies renouvelables (ENR) en 2012, solaire photovoltaïque (PV) et éolien terrestre en tête. Et dire que d’aucuns ont longtemps tenté de faire croire qu'il n'existe pas d'alternative aux énergies fossiles, contribuant ainsi à la pollution des esprits, comme le soulignait pour son pays, Hermann Scheer, père de la loi allemande sur les ENR et fondateur du Think tank EuroSolar."

En avril 2015, El Kadi Ihsan annonçait : Les investissements dans le renouvelable sont repartis à la hausse dans le monde en 2014.

Les investissements mondiaux dans les énergies vertes ont repris une courbe ascendante. Cette progression de 17 % en 2014, est tirée par "la baisse vertigineuse du coût du solaire photovoltaïque. Le journaliste cite Nourredine Yassa directeur du CDER, le centre de développement des énergies renouvelables, selon lequel la baisse vertigineuse du coût du solaire photovoltaïque le rend déjà concurrentiel du pétrole et du gaz pour produire de l’électricité. Et dans des pays moins ensoleillés que l’Algérie. El Kadi Ihsan conclut : "Il faudra sans doute l’expliquer à M Boutarfa le manager public en charge de développer le solaire en Algérie. Et qui avoue ne voir les ENR que comme appoint dans un bouquet ou doivent figurer le gaz de schiste et le nucléaire".

Le mois suivant, au début de mai 2015, "La fetwa de Youcef Yousfi est tombée" annonce Abed Charef. "Les énergies renouvelables victimes du vide institutionnel"  titre Le journaliste qui ajoute : " L'énergie solaire coûte quatre fois plus cher que celle produite à partir de sources conventionnelles, selon le ministre de l'Energie. Ce chiffre tranche avec ceux avancés par de nombreux experts, qui font état d'une baisse importante du coût du solaire durant la dernière décennie. Des spécialistes parlent même de parité entre le solaire et l'énergie produite à partir du gaz dans des zones bénéficiant d'un ensoleillement suffisant.
A partir de ce diagnostic, M. Yousfi estime qu'il est inutile de se presser d'aller vers les énergies renouvelables. A quoi bon, en effet, investir dans une source d'énergie aussi onéreuse, quand on dispose de réserves en gaz élevées en mesure de garantir à l'Algérie son indépendance énergétique à un coût raisonnable ?"

Il s'agit bien sûr du gaz de schiste

Dix jours plus tard Mme Faraoun popularise la fetwa

Le 13 mai 2015, Houda Imane Faraoun , s'engouffre dans la fetwa. Elle n'était que "directrice générale de l’Agence thématique de la recherche en science et technologies" lorsqu'elle publie dans Le Soir d'Algérie un article intitulé Les énergies renouvelables Ce que les médias ne disent pas. Elle sera nommée ministre le lendemain de cette caution scientifique au programme du président.

"L’énergie solaire n’a pas l’air d’être une option pour demain" affirme-t-elle. Selon elle,  le principal obstacle serait la rareté et le prix trop élevé du silicium. Elle précise :  "Contrairement aux idées reçues, il ne suffit pas de tamiser du sable pour en sortir du silicium, les gisements ne sont en fait pas très abondants". Puis elle assène : "A l’état actuel de notre technologie, un panneau solaire en silicium cristallin dispose d'un rendement ne dépassant pas les 17%".

Pas de lithium? Deux mois plus tard, en juillet 2015 on apprend que l'Algérie dispose de gisements considérables de lithium et autres terres rares. L’information a été donnée par le Dr Farid Benyahia, lors de son passage au Forum de Liberté. Le consultant en Ntic précisera que ces réserves de terres rares “qui se trouvent du côté de l’est et du sud-ouest” du pays, représentent l’équivalent de 2 400 milliards de dollars. Il indique que ces recherches dans le sous-sol algérien remontaient aux années 1970 et que les travaux s’étaient effectués en collaboration avec les Chinois. Farid Benyahia précisera que ces réserves de terres rares classaient l’Algérie en troisième position derrière la Chine et l’Afrique du Sud. Il n’omettra pas de préciser que malgré cette richesse, l’Algérie semble ne pas s’en préoccuper. “Je pense que le ministère de l’Industrie et des Mines n’a même pas pensé à ça”, lança-t-il avec dépit.

17 % de rendement?

Comment Mme Faraoun pouvait-elle ignorer que deux ans auparavant, en septembre 2013, un nouveau record du monde dans la conversion du rayonnement solaire en électricité avait été annoncé par les instituts de recherche allemands . Une nouvelle efficacité record de 44,7 % a été mesurée avec un facteur de concentration de 297. Cela signifie que 44,7 % de l’énergie du spectre solaire, allant de l’ultraviolet jusqu’à l’infrarouge, est convertie en énergie électrique. Il s’agit d’une étape importante dans la poursuite de la réduction des coûts de l’électricité solaire et d’un nouveau pas vers l’obtention d’un taux de 50% d’efficacité.

 

Les énergies renouvelables bientôt toutes compétitives, selon une étude

AFP, 13 janvier 2017

Les coûts de l'éolien et du solaire vont encore baisser fortement ces prochaines années au point que ces deux énergies seront globalement moins chères que les énergies fossiles (fuel, gaz, charbon), mais les autres énergies vertes progressent également rapidement, selon une étude publiée samedi.

"Toutes les technologies renouvelables seront compétitives par rapport aux énergies fossiles en 2020", estime l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) dans un nouvelle étude sur les coûts des énergies vertes.

Les coûts moyens des renouvelables devraient atteindre entre 3 et 10 dollars le mégawattheure (MWh) en fonction des technologies (éolien, solaire, géothermie, biomasse, etc.), quand les énergies fossiles affichent des coûts entre 5 et 17 dollars le MWh, note l'étude.

Ils varient en fonction des pays, selon les gisements en énergie ou les réglementations.

Déjà l'an dernier, les coûts moyens des nouveaux projets de parcs d'éolien terrestre et de centrales solaires ont fluctué entre 6 et 10 dollars le MWh, avec plusieurs records en dessous de cette moyenne.

Cela a été le cas aux Emirats arabes unis, au Chili, au Mexique et au Pérou dans le solaire.

Dans l'éolien, des projets sont déjà régulièrement mis en service avec un coût de 4 dollars le MWh.

Les baisses de coûts sont tirées par l'amélioration constante des technologies mais aussi une concurrence qui s'accentue avec de nombreuses entreprises qui développent des projets d'énergies renouvelables, remarque l'étude.

"Se tourner vers les renouvelables (...) n'est plus simplement une décision faite au nom de l'environnement mais, de plus en plus largement, une décision économique intelligente", selon Adnan Z. Amin, directeur général de l'Irena, cité dans le communiqué.

Les "meilleurs" projets éoliens terrestre et solaire pourraient ainsi produire une électricité à un coût de 3 dollars par MWh, voire moins dans les deux prochaines années.

Et cette baisse des coûts s'observe aussi pour les autres énergies renouvelables, note l'Irena. L'an dernier, des projets dans la géothermie, la biomasse ou l'hydroélectricité se sont développés avec des coûts autour de 7 dollars le MWh.

Le solaire à concentration et l'éolien en mer font également des progrès et certains projets qui seront mis en service d'ici 2020 et 2022 coûteront entre 6 et 10 dollars le MWh, prévoit l'Irena.

"Cette nouvelle dynamique témoigne d'un changement significatif de modèle énergétique", selon M. Amin.

Source : AFP

 

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