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Publié par Saoudi Abdelaziz

Yacine Teguia. Photo DR

Yacine Teguia. Photo DR

Vous avons reçu le 7 janvier ce texte de Yacine Teguia :

"Vous trouverez ci-dessous le lien vers un article concernant la convention du MDS et plus bas une mise au point qu'El Watan n'a pas voulu publier.

 

« Je souhaiterais exercer un droit de réponse à l'article de Monsieur Aziri paru dans l'édition d' El Watan du samedi 6 janvier concernant la convention du MDS. Il est libre de considérer que le MDS est un parti stalinien, c'est un jugement de valeur que chaque lecteur pourra apprécier à sa guise, mais le titre de son article est choquant. Ce journaliste, a contrario de tout ce qui est rapporté dans le corps de l'article choisi de titrer : nous sommes disposés à intégrer le gouvernement. Il met ce titre entre guillemets, m'attribuant ainsi des propos qui ne sont pas les miens et qui vont à l'encontre de tout ce que j'ai pris soin de lui préciser ainsi que des analyses et propositions contenues dans les projets de résolutions politique et programmatique qui lui ont été remis. Je craignais, finalement à juste raison, une déformation de la ligne du MDS, qui appelle à la constitution d'un gouvernement du travail et non pas à rejoindre le gouvernement. L'expérience a montré l'inutilité et l'irresponsabilité des ralliements aux compromis sordides réalisés jusque là, que ce soit en direction de l'islamisme assassin ou en direction des forces de l'argent sale. Le gouvernement du travail est un gouvernement qui doit réaliser les tâches permettant de rompre avec ces compromis, d'autonomiser la société dans son ensemble ainsi que les entreprises et les salariés, en réhabilitant le travail. »

Il est toujours regrettable qu'un journal indépendant qui a payé le prix fort dans la résistance à l'islamisme assassin ne sache pas se hisser au niveau des exigences d'un état de droit et que la direction d'El Watan n'ait pas accédé à une demande banale pour qui se revendique de la démocratie et du droit des lecteurs à une information correcte. J'ajouterais donc quelques précisions que par soucis de concision je n'avais pas formulé dans la précédente mise au point. D'abord il ne s'agit pas uniquement du titre qui accompagne l'article publié en page 2 du journal qui est scandaleux. En effet le mensonge commence dès la Une du journal. Puisque l'accroche est : Le MDS cherche une nouvelle voie. C'est très exactement le contraire de ce que j'ai pris longuement le temps d'expliquer au journaliste, en lui rappelant que depuis que le MDS, du vivant d'El Hachemi Chérif, avait formulé sa proposition de transition consensuelle à la veille de la présidentielle de 2004, il a appelé à la constitution d'un exécutif devant prendre en charge les tâches de la transition historique, constitué « des forces patriotiques et démocratiques qui adhèrent aux principes et aux implications de refondation de l’État, de ses institutions et de la classe politique et à leur sécularisation et démocratisation ». Naturellement le MDS s'incluait dans un tel exécutif, personne n'oserait lui dénier sa volonté de démocratisation et de sécularisation de l’État Son exigence est de rompre avec le despotisme néolibéral adossé à la rente.

Dans le sous-titre en page 2, le journaliste parle d'un congrès pour transcender la crise qui couve depuis plus d'un quart de siècle. Ce n'est vrai ni du point de vue factuel (la crise remonte au décès d'El Hachemi Chérif, en 2005 et non pas en 1993), ni du point de vue des objectifs assignés au congrès. Nous considérons que la crise a été réglée lors du dernier congrès qui a été reconnu par l'administration après deux procès contre la wilaya d'Alger qui interdisait sa tenue, l'un devant le tribunal administratif, l'autre devant le Conseil d’État qui ont donné raison au MDS, reconnu sa direction et sa ligne politique. D'autre part, comme le journaliste le rappelle d'ailleurs, le MDS reconnaît les courants en son sein et les divergences qui peuvent s'y exprimer font vivre le débat démocratique. Faut-il encore qu'elles ne soient instrumentalisées ni par les uns, ni par les autres, presse comprise, comme tente de le faire le journaliste qui interpelle des camarades d'Oran peut-être pour les inciter à réagir à son titre provocateur. En réalité, le congrès vise au redéploiement en grand du MDS qui exprime des revendications de la société et que la classe politique obsolète est incapable de prendre en charge. Elle se cantonne, en effet, dans des luttes d'appareils et tente en permanence de démobiliser les algériennes et les algériens.

Enfin comme ce journaliste a semblé vouloir faire l'étalage des clichés qui concernent notre courant il n'a pas manqué de lier ses contrevérités sur un supposé ralliement du MDS à l'actuel gouvernement au concept de soutien critique qui serait le péché originel de notre courant politique. Et c'est là que gît le lièvre. En mettant en avant ce qui a été une posture du Parti de l'Avant-Garde Socialiste, dont le MDS est l'héritier, il voudrait d'une certaine manière faire croire que Bouteflika serait comparable à Boumédiène. Notre attitude ne peut pas être la même parce que les pouvoirs d'hier et d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes. Notre attitude ne peut pas être la même car les contextes internationaux passé et actuel ne sont pas comparables. Notre attitude ne peut pas être la même car les exigences ne sont plus les mêmes. Mais dans le même mouvement dialectique notre attitude est le prolongement de ce que nous avons toujours été : le parti du changement démocratique radical. Un parti qui ne se contente pas de mots et de postures et qui mène ses combats, y compris dans les conditions les plus difficiles. La société le sait et c'est cet esprit de conséquence et cette détermination qu'elle viendra renforcer et appuyer, non pas dans les conditions fantasmées par certains, mais dans les conditions réelles et concrètes d'aujourd'hui.

 

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