Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Du sang sur les blouses blanches.DR

Du sang sur les blouses blanches.DR

La réaction de la police à la tentative des jeunes médecins résidents de porter leurs revendications sur la voie publique indique que le pouvoir est décidé à maintenir l'Etat d'urgence dans la capitale. Les Algérois citoyens devraient donc accepter d'être exclus de l'espace public. Cette politique pourra -t-elle résister aux réalités? Avec le maintien de cet Etat d'urgence, les policiers sont les interlocuteurs uniques du mouvement citoyen.

Les initiatives pour donner de la voix en dehors des lieux de travail se multiplient. Les mouvements sociaux refusent de plus en plus d'être isolés les uns des autres dans le huis clos des lieux de travail et d'étude, alors que l'expression dans l'espace public est un besoin citoyen irrépressible.

Le pouvoir pousse-t-il au clash?

Dans le communiqué signé par son président, Lyès Merabet, le Syndicat des praticiens de la santé publique (SNPSP) relève, encore une fois, que “les pouvoirs publics font dans l’entretien des conflits et de la répression violente de toute action de protestation au lieu de privilégier la voie du dialogue et de la négociation, qui reste et restera le seul et unique moyen de sortie de crise”. Le Snpsp considère, en outre, que “le sang qui a coulé aujourd’hui et entaché les blouses blanches est celui de tous les médecins d’Algérie. Une image honteuse de trop... Un dépassement intolérable et non justifié qui interpelle à la réflexion l’ensemble des représentations de la corporation médicale de carrière hospitalo-universitaire ou de santé publique que le Snpsp a invité à l’union et au rassemblement”.

Inqualifiable répression

Editorial

Par Hamid Saïdani, 4 décembre 2017. Liberté

Le traitement réservé hier par les forces anti-émeutes aux médecins résidents, autant dire à ceux-là qui sont appelés à prendre en charge, demain, la santé des Algériens, est, le moins que l’on puisse dire en de telles circonstances, choquant à plus d’un titre.

Choquant, d’abord, parce qu’il s’agit d’une marche pacifique de médecins qui ne voulaient qu’exprimer le ras-le-bol qu’ils vivent face aux tergiversations des autorités à prendre en charge leurs revendications.

Choquant, ensuite, par la méthode violente employée pour disperser l’action des protestataires et qui est digne des régimes les plus autoritaires. Les services de sécurité, censés protéger le commun des citoyens, semble plus enclins à manier, et outrancièrement, la baston, sous le couvert de l’absurde prétexte de l’interdiction des manifestations publiques.

Ces images de médecins aux visages ensanglantés et bras fracturés doivent appeler une réaction à la mesure de la violence de l’intervention des forces antiémeutes qui ont opéré comme s’il s’agissait de contrer quelques brigands qui menacent de mettre la ville à feu et à sang. Mais ce serait paraître naïf que de croire à d’improbables sanctions contre les auteurs de ces agissements. C’est, en effet, dans la culture, voire la nature du système que de ne céder aucun espace d’expression pacifique à une société qui, pourtant, en demande de plus en plus.

La police ne fait donc qu’appliquer, et rigoureusement, voire avec zèle, les instructions dans ce domaine. Ce n’est, donc, certainement pas aujourd’hui que cela va changer. Enfin, les évènements d’hier sont d’autant plus choquants qu’ils ont eu pour théâtre l’enceinte même d’un hôpital. Boucliers, matraques, casques, camion lance-eau, des centaines d’hommes en uniforme antiémeute… autant dire tout l’arsenal répressif traditionnel. Des médecins frappés, bastonnés, matraqués sur leur lieu de travail ! Quelle image tout cela renvoie de notre pays au moment où on assiste, impuissants, à la fuite de nos médecins qui vont servir les hôpitaux de l’Occident ? Ce qui s’est passé va, certainement, lever les derniers doutes chez les cocardiers parmi ces médecins qui seraient plutôt tentés de rester dans le pays, à la fin de leur cursus, pour rendre à la nation ce qu’elle leur a donné, en termes de formation. Le traitement auquel ils ont eu droit n’est, en tout cas, pas de nature à renforcer chez eux le désir de mener carrière dans un pays qui les malmène de cette façon.

Source : Liberté

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article