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Publié par Saoudi Abdelaziz

Contre le gaz de schiste, 15 000 personnes à Barjac (Gard) en février 2016. Photo DR

Contre le gaz de schiste, 15 000 personnes à Barjac (Gard) en février 2016. Photo DR

En fin d'année, deux nouvelles pour Total, la multinationale pétrolière française. La mauvaise vient de Versailles dont la Cour d'Appel l'empêche de rechercher du gaz de schiste. La bonne vient d'Algérie: Sonatrach entame des négociations avec lui et avec l'italien Enie pour "le lancement de projets d'exploitation de gaz de schiste".

C'est une perspective prometteuse pour la multinationale Total qui est dans l'impasse sur le territoire français, après le récent jugement de la cour d’appel de Versailles confirmant l'abrogation du permis de recherche de Montélimar détenu par Total Shale Europe (shale, schiste en français). Portant sur 4327 km2 et quatre départements, le permis de Montélimar est emblématique de la très forte mobilisation citoyenne que la France a connu contre l’exploitation des hydrocarbures de schiste. (Lire : Basta)

Total était déjà partie prenante dans le premier forage de In Salah qui avait été réalisé par le groupe américain Halliburton, spécialiste de la fracturation hydraulique, la seule technique disponible pour extraire le gaz de schiste. On se rappelle de la levée de masse à In Salah et dans toute la pays. Après le coup d'arrêt à la fracturation hydraulique qui en a résulté, le sujet n'a plus été évoqué officiellement.

Jusqu' à la curieuse nomination il y a un an à la tête de Sonatrach d'un nouveau Pdg réputé proche du groupe américain Halliburton, où il était cadre dans une de ses filiales au moment de sa condamnation il y a quelques années.

La nomination de Ould Kaddour a été suivie de l'abandon du projet de production massive d'énergie solaire.

On se rappelle ce 27 décembre de 2014, quand le ministre de l’énergie Youcef Yousfi allumait la première torche de gaz de schiste près d'In Salah dans la wilaya de Tamanrasset en annonçant "la grande aventure" du gaz de schiste. Deux semaine plus tard, Sonatrach annonce un programme d'investissement de 70 milliards de dollars. Auparavant le ministre Yousfi avait systématiquement refusé le débat sur le sujet.

Le gouvernement n'avait alors pas tenu compte des mise en garde citoyennes. A-t-il de nouveaux arguments pour nous conduire au désastre. Avant que le ministre Yousfi n'allume la mèche,  Chems Eddine Chitour, professeur de thermodynamique à l’École nationale polytechnique d’Alger,  expliquait le 27 mai 2014  :

"L’exploitation du gaz de schiste utilise une technologie assez ancienne mais aussi nouvelle. On y procède par une fracturation à forte pression avec énormément d’eau, contrairement aux gisements classiques conventionnels qui utilisent moins d’eau. On administre également des milliers de produits chimiques qui sont pour la plupart aromatiques donc cancérigènes. En plus de cela, le sous-sol contient un certain nombre d’éléments radioactifs comme le radon. Tous ces gaz, tous ces produits chimiques sont utilisés pour drainer les bulles de gaz qui se trouvent entre les couches de schistes. La pollution vient du fait que ces produits vont remonter en surface mais en passant d’abord par la nappe albienne qui sera donc polluée.

Notre nappe albienne algérienne contient tout de même 45 000 milliards de mètres cubes. C’est notre plus grande richesse. Il ne faut pas prendre le risque de la polluer d’autant plus que c’est une nappe que nous partageons avec un certain nombre de pays comme la Lybie, la Tunisie, un peu le Maroc. Il faut donc faire très attention. Même aux États-Unis, il n’y a pas de technologies fiables pour faire en sorte d’éviter cette pollution. D’ailleurs, de plus en plus de gens remettent en cause le gaz de schiste aux États-Unis.

Il faut aussi souligner que nous avons un Sahara qui est déjà abimé. D’abord, par la bombe atomique. Nous avons une radioactivité très importante. Je ne suis pas contre le gaz de schiste mais pas tout de suite. Il faut prendre le temps que la technologie devienne plus sûre, qu’il n’y ait aucun risque pour l’environnement".

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