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Publié par Saoudi Abdelaziz

Sheshonq 1er, superstar ! titre la chronique d'Arezki Metref qui opte aujourd'hui pour "la légèreté":

"C'est avec un énigmatique amusement que l'on mesure le zèle ostentatoire qu'on a mis soudainement à décréter Yennayer journée chômée et payée, donc fête nationale. Depuis le temps qu’on l’attendait, et vainement ! Et maintenant, comme si ça coulait de source, on se shoote à Yennayer à tout-va. Y a du Yennayer en gerbe à la télé. En copeaux de langue de bois dans la bouche des politiques anciennement hostiles. En «une» des journaux jadis récalcitrants. A foison sur les réseaux sociaux. Devant cette débauche de Yennayer, on se demande comment on a pu jusque-là s’en passer ! L'espace d'une nuit, on s'est souvenu qu'on était berbère sans discontinuer depuis 2968 ans, un bail. C'est-à-dire depuis la première mention des Berbères dans un texte qui remonte au pharaon d'Egypte, Sheshonq 1er".

Plus loin, le chroniqueur note goguenard : "Les temps ont bien changé. Même sur les hauteurs, c’est la course à «l’attestation communale» du combat amazigh. D’après Ahmed Ouyahia, Abdelaziz Bouteflika était contre l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri en 1980. A quoi obéit ce virage qui a succédé à des manifestations récentes en Kabylie ?"

Détournement d'histoire

"Les contraintes politiques évoluent obligeant à des adaptations de position. Mais il n’est pas permis d’y adapter les faits" écrit plus gravement  Mustapha Hammouche :

"Malheureusement, ce passé politique revisité rappelle, irrésistiblement, le propos pour le moins offensant par lequel Bouteflika précisa, dès l’entame de son règne, sa position quant à la revendication amazighe : le “jamais” retentira longtemps dans tant de mémoires blessées. Qu’importe l’arithmétique politique qui l’a contraint à ces concessions. Mais ce serait une injustice supplémentaire que de vouloir détourner le résultat de sacrifices cumulés d’élites et de populations qui, au fil des décennies, se sont dévouées à leur cause au profit d’un pouvoir qui s’est durablement appliqué à les réprimer, de manière sanglante parfois. Ainsi, en fut-il lors de la répression du mouvement de 2001 qui fit plus de cent victimes, dont des enfants. Quant à la censure de conférences, pas besoin de remonter à 1980 : en 2017 et 2018, des universitaires — Daho Djerbal et Aïssa Kadri — sont interdits de prise de parole publique ! Et des cafés littéraires ne doivent leur survie qu’à une forte mobilisation populaire. Les contraintes politiques évoluent obligeant à des adaptations de position. Mais il n’est pas permis d’y adapter les faits".

POST-SCRITUM

Ouyahia survit

Stratégie

"Le syndrome de Stockholm appliqué à la politique" titre Kharroubi Habib qui trouve ainsi une explication psy à des comportements récurrent au sommet du pouvoir algérien :

"Plus il est attaqué et cerné par ceux qui veulent sa perte, plus Ouyahia multiplie les signes d'allégeance et de totale loyauté à l'endroit de celui qu'il sait être leur inspirateur. Sa prestation d'hier devant les journalistes sur les remous provoqués par la directive présidentielle n'a pas dérogé à cette stratégie de «survie» qui lui a permis de surnager au plus haut du sommet de la politique et de l'Etat. Mais si ses protestations de fidélité et de soutien inconditionnel lui vaudront encore une fois de désamorcer la bombe politique qu'aura été le recadrage dont il fait l'objet et lui vaudront encore d'avoir à compter avec celui qui en est l'auteur, elles l'ont irrémédiablement perdu dans l'estime et le respect de l'opinion publique algérienne écœurée par l'esprit de courtisan qui en est la marque".

Révisions

Après avoir fait l'inventaire des "révisions" opérées par le Premier ministre Chawki Amari conclut :

"Aux dernières rumeurs, il serait aussi en train de réviser comment devenir président, le soir quand tout le monde dort. Car il révise, tout, tout le temps, même lui, ses dossiers, ses listes, lois, décrets et alliés. Quelqu’un qui révise autant et autant de choses à la fois devrait rapidement passer aux classes supérieures. Pourquoi alors avons-nous cette étrange impression qu’il redouble tout le temps ?"

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