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Publié par Saoudi Abdelaziz

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On annonce que le trio signera samedi prochain une "charte pour le Partenariat public privé" (PPP). Cette trouvaille est présentée comme une "alternative au financement budgétaire par temps de vaches maigres financières", ou comme une manière d'"appeler le capital privé au secours des entreprises publiques". Les trois compères vont donc signer avec d'autres patrons -mais sans les syndicats autonomes-, une sorte de formule magique qui va changer la nature des capitalistes algériens, élevés jusqu'ici au biberon du financement publique.

"Vers une relance des privatisations d’entreprises publiques ?" s'interroge Hassan Haddouche dans TSA-Algérie. Pour Samir Bellal, interrogé par Maghreb Emergent, ce PPP cache une arnaque. L'auteur de La crise du régime rentier explique : "l'Etat n'a plus les moyens financiers pour lancer des projets d'équipement à offrir au capital privé » le PPP devient donc « une autre façon pour le capital privé de "dépouiller" l'Etat de ses ressources ».

Sous un autre angle, le professeur Taïeb Hafsi, invoque l'orthodoxie économique, et juge que l’Etat, en tant que tel, se trouve obligé d’appliquer des règles « incompatibles » avec les règles du marché.

Le partenariat public-privé, prélude à une relance des privatisations ?

Par Hassan Haddouche, 21 décembre 2017 

(...)

Une « charte du partenariat public-privé »

C’est ainsi qu’on annonce que le Forum des chefs d’entreprises (FCE), auquel devraient se joindre plusieurs autres organisations patronales privées, signera samedi prochain avec le gouvernement et l’UGTA une charte relative au partenariat public-privé.

La signature de ce « pacte » avait été évoquée pour la première fois, lors de la troisième édition de l’université du FCE par le patron de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, en présence du Premier ministre Ahmed Ouyahia.

En pleine période de vaches maigres financières, le gouvernement tente d’explorer de nouvelles alternatives au financement budgétaire des infrastructures économiques. Le partenariat public-privé est l’une d’entre elles. Pour l’instant, l’utilisation de cette option s’est limitée à ce qui relève de la « gestion déléguée » ou du « contrat de management », pour mieux gérer un service public.

On dénombre déjà plusieurs expériences dans ce domaine qui associent uniquement des entreprises étrangères à un partenaire public algérien, à l’instar des accords SEAAL-Suez Environnement, SEOR Oran dans la gestion de l’eau, mais aussi le management de l’aéroport d’Alger (avec ADP), la gestion du métro d’Alger (avec la RATP) ou encore la gestion hôtelière (Group ACCOR/ONAT).

Mais le PPP pourrait aussi s’étendre à l’avenir, de façon plus ambitieuse, au financement de la réalisation d’un projet par des entreprises privées, qui seront rémunérées directement ou pourront bénéficier de l’exploitation du projet pendant une longue durée.

La principale expérience connue dans ce domaine en Algérie est celle qui concerne la réalisation du futur port du Centre à El Hamdania (Cherchell) et qui associe un partenaire public algérien à des entreprises chinoises.

"Vers une relance des privatisations d’entreprises publiques ?"

Pour l’instant, les expériences de partenariat public-privé mises en œuvre en Algérie restent de portée limitée et ont été réalisées quasi – exclusivement avec des entreprises étrangères. Nombre d’entreprises privées algériennes qui ont de plus en plus de maîtrise et de savoir-faire sont également susceptibles de passer elles aussi des contrats de gestion avec des entreprises publiques. C’est notamment une orientation préconisée au cours des dernières années par le FCE.

Le rôle des entreprises privées algériennes pourrait cependant aller au-delà du PPP au sens strictement technique de son acception et la tripartite de samedi prochain pourrait bien également évoquer, selon nos sources, les perspectives ouvertes par une ancienne connaissance. Il s’agit du fameux article 66 de la loi de finance 2016 qui, à son époque, avait fait couler beaucoup d’encre. L’une des mesures les plus controversées de la loi de finance 2016 était contenue dans son article 66. Il avait pour objectif de créer pour la première fois une « minorité de blocage », à hauteur de 34% du capital, qui restera entre les mains de l’État en cas de privatisation d’une entreprise publique. Une disposition qui avait rapidement été interprétée par certains partis d’opposition comme une volonté de relancer la privatisation, voire le « bradage » des entreprises publiques.

En réalité, on n’a enregistré depuis l’adoption de ce nouveau texte, voici près de deux ans, aucune opération de privatisation connue. La tripartite de samedi prochain donnera-t-elle le signal, voire le « feu vert » pour un démarrage de ces opérations dont Ahmed Ouyahia lui-même constatait, en substance,  voici quelques mois, qu’elles ont été interrompues depuis 1997 et qu’il n’y a pas de raisons de garder dans le giron de l’État « des hôtels et des minoteries » ?

Source : TSA-Algérie

"Le PPP ne peut pas marcher en Algérie" (Samir Bellal et Taieb Hafsi)

Par Amar Ingrachen, 21 décembre 2017

Pour Taïeb Hafsi, professeur à HEC Montréal, le Partenariat Public Privé est contraire aux lois du marché, en ce sens que l’Etat, en tant que tel, se trouve obligé d’appliquer des règles « incompatibles » avec les règles du marché. Pour Samir Bellal, auteur de La crise du régime rentier, ce type de partenariat sera « une autre façon pour le capital privé de "dépouiller" l'Etat de ses ressources ».

Plusieurs organisations patronales, dont le FCE, la CGEA, la CAP, et UNI signeront après-demain samedi avec le gouvernement une charte relative au partenariat public-privé (PPP). Cette initiative intervient dans une conjoncture de crise budgétaire induite par la chute brutale des prix des hydrocarbures. Son objectif est, naturellement, d’explorer des alternatives au financement budgétaire des infrastructures économiques et d’appeler le capital privé au secours des entreprises publiques qui devraient connaître d’énormes difficultés de financement dans les mois et années à venir.  Le gouvernement compte ainsi passer des partenariats classiques, qui se déclinent sous forme de « délégations de gestion » et de « contrat de management » à des partenariats en bonne et due forme.

« Le PPP, ça ne marchera pas »

 Le PPP est-ce viable en Algérie ? Interrogé par Maghreb-Emergent, le professeur de management à HEC  Montréal Taieb Hafsi y voit une aventure sans lendemain : « L’Etat ne peut pas fonctionner avec le privé.  Le problème avec le PPP est que  l’Etat se retrouve coincé, obligé d’appliquer des règles qui sont les règles générales de l’Etat, ce qui est incompatible avec le marché. Cela ne marche pas et ne marchera pas. » Selon lui, le PPP, fétichisé par le patron de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, et certains économistes de palais, est absolument contraire aux lois du marché. « Le projet de Banamor/Erriad Corso de boulangerie industrielle en est un bon exemple d’échec », a-t-il rappelé.

 « Le PPP est une arnaque »

 Pour sa part, Samir Bellal, économiste et auteur de La crise du régime rentier (Alger, Frantz Fanon, 2017), estime que l’idée du partenariat Public-Privé est une « arnaque » : « Nous sommes toujours en retard d'une guerre. Au moment où ailleurs, ce PPP est critiqué, chez nous, on nous le présente comme la solution miracle aux problèmes budgétaires de l'Etat. Le PPP en Algérie, ce ne sera qu'une autre façon pour le capital privé de "dépouiller" l'Etat de ses ressources ».

Samir Bellal explique qu’aujourd’hui, « on parle de PPP car l'Etat n'a plus les moyens financiers pour lancer des projets d'équipement à offrir au capital privé ». Et de souligner: « Notre Etat n'est pas institutionnellement armé pour s'engager dans ce type d'entreprises, et si par malheur il décide de s'y engager, c'est toute la collectivité, sur une ou deux générations, qui en payera le prix. »

Source : Maghreb Emergent

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Sofiane Guenzet 02/12/2018 14:03

Ahmed OUYAHIA, Abdelmadjid Sidi Said et Ali HADDAD sont trois oligarques kabyles, trois cas pathologiques, pas trop logiques et débiles qui nous gouvernent et nous représentent


Cordialement, le kabyle Sofiane Guenzet, citoyen algérien amazigh