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Publié par Saoudi Abdelaziz

Chems Eddine Chitour, professeur de thermodynamique à l'Ecole polytechnique d'Alger. Photo DR

"La locomotion électrique, qui est à ses premiers balbutiements dans le monde, peut être une option pour assurer l’avenir des générations futures. S’arrimer à cette locomotive dès à présent sera une application concrète d’une stratégie énergétique et ainsi se placer dans le concert des nations".

“Le Brics est le modèle à suivre”

Par Salim Koudil, 16 décembre 2017

Le monde n’est plus unipolaire et son “barycentre” est en train de basculer vers l’Asie. C’est l’une des “orientations” majeures lancées par le Pr Chems Eddine Chitour lors de la conférence qu’il a animée jeudi dernier à l’École nationale polytechnique d’Alger (ENP) et dont l’intitulé était “Le monde de l’énergie et les défis du futur : quelles opportunités pour l’Algérie ?”

Une rencontre organisée par le club scientifique de la prestigieuse école, CEC (Chemical engineering club), et à laquelle de nombreux étudiants ont assisté. Le Pr Chitour s’est étendu sur l’urgence d’orienter les politiques nationales du côté Est. Pour être plus explicite il citera l’axe à suivre, celui du BRICS (Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud).

“Ces pays sont en train de faire contrepoids à l’Occident et d’ailleurs ils sont plus riches”, clamera Chitour. L’urgence pour l’Algérie d’avoir des objectifs précis est, pour lui, primordiale. “Nous vivons au quotidien. Nous ne savons pas où nous allons.”

Pour nous “retrouver”, le choix, selon le conférencier, est clair. “Pourquoi s’accrocher à des wagons, l’Europe en est un, alors qu’il y a des locomotives”, a-t-il indiqué. Il citera l’exemple de la Chine, dont le “capitalisme d’État” appliqué “marche”. D’ailleurs il préconise, dès maintenant, d’acheter le yuan, au lieu du dollar et de l’euro.

Pour Chitour, “il n’y a plus de sentimentalité au XXIe siècle”, avant de demander de méditer une citation souvent attribuée à Winston Churchill : “La Grande-Bretagne n’a pas d’ennemis permanents, n’a pas d’amis permanents, elle n’a que des intérêts.” Même s’il avait du mal à cacher son dépit devant la situation actuelle de Algérie, le Pr Chitour reste, néanmoins, optimiste.

Ainsi a-t-il tenu à “attirer l’attention des décideurs” sur le fait que “l’avenir du pays n’est pas scellé”. La baisse de la consommation des énergies fossiles est toujours possible surtout qu’“on compromet les générations futures en gagnant la paix sociale”. Devant l’inexistence de modèle énergétique en Algérie, il préconise d’entrer de plain-pied dans la révolution électrique. Pour Chitour, “c’est l’avenir”. Pourquoi ne pas miser sur les voitures électriques ? se demanda-t-il, tout en indiquant : “Nous allons ainsi gagner une étape.” Il rappellera que les pays industrialisés, “ceux qui savent où ils vont”, préparent déjà l’avenir. La locomotion électrique, qui est à ses premiers balbutiements dans le monde, peut être une option pour assurer l’avenir des générations futures. S’arrimer à cette locomotive dès à présent sera une application concrète d’une stratégie énergétique et ainsi se placer dans le concert des nations.

Toutefois, rappelle Chitour, il faut une vision d’ensemble, pour une transition vers le développement durable. Parmi les “transformations” préconisées, celle de responsabiliser les Algériens qui devront se muer d’“égocitoyens” en “écocitoyens”. “Chacun de nous a des responsabilités”, a précisé le Pr Chitour devant une assistance attentive et “studieuse”. 

Source : Liberté

 

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