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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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"Certes, nous ne sommes ni la France, ni les Etats-Unis, mais les Saoudiens auraient-ils réagi de la même manière si le tifo en question avait été brandi dans un stade de Louisiane ou de Bordeaux ? Que nous est-il arrivé pour répondre de cette manière aux injonctions du Palais royal saoudien ?"

Confusion diplomatiques

Par Maâmar Farah, 21 décembre 2017

Un jour, l'Histoire dira, sans concessions mais aussi sans passion, tout le mal fait par l'Arabie Saoudite et le Qatar à la République algérienne depuis les années 1990. La grande Histoire, bien sûr.

Celle qui s'écrit avec un grand «H» et qui aura pour elle l'étendue spacieuse et impassible du temps et les inclassables vérités de la mémoire en vue de rendre justice à notre peuple, embarqué, malgré lui, dans l'aventure wahhabite qui a tant détruit, tant massacré, tant endeuillé !

Pas la petite histoire, celle des régimes passagers qui, par je ne sais quel tour de passe-passe, ont réduit l'Algérie de nos rêves, l'Algérie debout et fière de Boumediène au rang d'un pays qui s'excuse pour un tifo dans un stade du pays profond...

Ces banderoles géantes existent partout dans le monde. Lorsque l'expression libre est bafouillée, on l'utilise pour exprimer des opinions politiques qui trouvent dans ces arènes sportives où le peuple peut encore dire son mot, un moyen de s'afficher publiquement. L'opinion qui y est exprimée à propos de l'alignement de l'Arabie Saoudite aux thèses américaines sur le règlement du conflit israélo-palestinien n'est pas nouvelle. Elle revient sur les lèvres de millions d'habitants de notre pays et des nations environnantes. Elle est visible dans les publications qui foisonnent sur les réseaux sociaux ; elle exprime ce qui reste du Front du refus qui, bien que poussé dans ses derniers retranchements par la réaction arabe et l'impérialisme, ne veut pas mourir... Et quoi de plus naturel que ce Front trouve en Algérie, bastion de la résistance et citadelle des hommes libres, sa flamme habituelle, son cœur brûlant, sa foi inébranlable en un combat juste pour la dignité et la paix.

Je ne connais pas, dans l'histoire, d'autres exemples d'excuses officielles pour une banderole portée par des supporters dans un stade. Nous comprenons certes que cette image puisse choquer un pouvoir quelconque mais ces pays sous la coupe de monarchies moyenâgeuses doivent comprendre que l'Algérie n'est pas le Bahreïn, qu'elle compte un bon nombre de caricaturistes qui offensent même le chef de l'Etat, qu'il n'y a pas ici de baise-main, ni de rois décidant de la pluie et du beau temps ! Certes, nous ne sommes ni la France, ni les Etats-Unis, mais les Saoudiens auraient-ils réagi de la même manière si le tifo en question avait été brandi dans un stade de Louisiane ou de Bordeaux ?

Que nous est-il arrivé pour répondre de cette manière aux injonctions du Palais royal saoudien ? J'ai soulevé la question dans une page d'un réseau social et un ami m'a soufflé que c'était ça la diplomatie et que nous ne sommes pas en situation de montrer nos muscles. Mais qui a parlé d'arrogance quand il s'agit de bien mesurer la portée d'un geste diplomatique qui répond d'emblée à une demande qui n'avait pas sa raison d'être. Il n'y a eu aucune hostilité algérienne officielle, aucun mot déplacé émanant d'un responsable algérien, aucune action collective dirigée contre le royaume saoudien... Juste une banderole, quelques mots, deux dessins, venant d'une partie de l'opinion publique. Que le maire de Aïn M'lila ou le comité dirigeant de l'ASAM ou le wali d'Oum-el-Bouaghi aient présenté ces excuses, on aurait, limite-limite, accepté mais que le chef du gouvernement s'excuse pour ce tifo, je trouve cela déplacé et ça me désole.(...)

Texte intégral : Le Soir d'Algérie

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