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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le procès du général à la retraite Hocine Benhadid qui s'ouvre demain sera-t-il l'occasion de faire avancer le débat national sur la place de l'Institution militaire dans notre  pays.

"Une armée ne peut-elle être forte et accomplir sa mission que si elle produit un désert politique autour d’elle ou si elle se paye une scène politique à ses bottes, débilisée par les gestions autoritaires. Grave contre-vérité, que la nation et l’armée elle-même finissent toujours par payer cher". C'est ce qu'écrivait il y a une dizaine d'années l'ancien secrétaire général du Pags.

Ce parti marxiste, parce que trop unitaire par essence, ne convenait pas à la scène politique violente que les généraux achevaient de mettre en place. Le Pags fut "auto-dissout" en 1993. Une mise en scène sophistiqué pour laquelle les spécialistes des "services" trouvent encore des acteurs, comme récemment contre le syndicat autonome de la Sonelgaz, le Snateg.

Dans le quotidien El Watan qui rend compte des positions des avocats, du général Benhadid, Me Bourayou affirme, «l’audience sera très intéressante, dans la mesure où il sera question de débattre de la problématique de la critique dans notre système politique. Est-ce qu’elle est admise ou sanctionnée ? ».

 

Est-ce à l'ANP de "trancher"?

"Problématique de la critique"? A la retraite ou en activité, un général est-il autorisé à appeler publiquement l'ANP à dégager un président? En février 2016, le général à la retraite, alors emprisonné, proclamait : "Je ne suis pas un putchiste". Pourtant, deux ans plus tôt, avant les présidentielles de 2014, il n'hésitait pas à proposer une "feuille de route" pour sortir de la crise. Il s'agisait d'engager immédiatement une période de transition en désignant "Liamine Zeroual, qui aura à charge d’assurer l’intérim à la tête de l’Etat", assisté d'un "Haut Comité pour la Transition". Qui va se charger de la chose? Benhadid est clair : ce sont les "institutions sécuritaires tous corps confondus et à leurs tête l’Armée nationale populaire." Il répétera : " C'est elle qui doit trancher". Le général conclut : "Précisons enfin que cette phase de transition devra intervenir après le 17 avril et en cas de passage en force du 4e mandat de Abdelaziz Bouteflika. Aujourd’hui, face à ce danger externe et à ce rendez-vous déterminant pour l’avenir de la nation, la présidentielle, l’armée reste encore une fois malgré elle l’arbitre ultime, elle est mise devant ses responsabilité."

Texte intégral: El Watan.com

 

L'Armée dans le désert politique

"Une armée ne peut-elle être forte et accomplir sa mission que si elle produit un désert politique autour d’elle ou si elle se paye une scène politique à ses bottes, débilisée par les gestions autoritaires ? disait en 2008 Sadek Hadjerès qui ajoutait "Grave contre-vérité, que la nation et l’armée elle-même finissent toujours par payer cher. Civils et militaires ont un intérêt commun à un paysage politique, à des institutions et organisations autonomes, fortes, solidaires autour d’objectifs bénéfiques mutuellement reconnus. Un second argument se veut quant à lui hostile aux « militaires ». Ils sont rendus responsables des déboires de l’Algérie, du fait du pouvoir qu’ils exercent par instances interposées sur une société civile réduite à l’impuissance.

 Cette dichotomie entre les catégories de « civils » et « militaires » me paraît superficielle et plutôt stérile, en ce sens qu’au-delà d’aspects formels réels mais trompeurs, elle masque les mécanismes et les racines du déficit démocratique flagrant dont souffre l’Algérie. D’abord elle tend à déresponsabiliser les civils et les éloigner de la nécessaire mobilisation démocratique, en considérant l’oppression et les injustices subies comme une fatalité qui aurait pu être évitée si l’armée n’existait pas. Comme si toute armée était génétiquement porteuse d’oppression, fermée a priori au soutien des missions démocratiques, de justice sociale et d‘intérêt national. Cela est démenti par maints exemples sur tous les continents.

Plus sérieux encore, cette approche ne laisse souvent comme seule issue et seul espoir de salut que des entreprises aventureuses de renversement et de remplacement des hiérarchies en négligeant les luttes autrement plus profondes pour transformer le soubassement national sur lequel s’appuient les systèmes autocratiques. Ensuite, la distinction formelle « civils-militaires » masque la responsabilité des courants et forces « civiles » aussi bien dans l’instauration que dans l’entretien des méfaits imputés à tort ou à raison aux militaires et à leurs instances".

Texte intégral : socialgerie.net

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