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Publié par Saoudi Abdelaziz

Depuis 2008, l'Algérie bafoue l'article 13 de la déclaration universelle des Droits de l'Homme

Article 13. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

En septembre 2008, après le Maroc, la Tunisie puis la Libye, L'Algérie pliait devant les injonctions de la Communauté européenne, pour bafouer l'article 13 de la déclaration universelle des Droits de l'Homme.  l’Assemblée nationale algérienne adoptait une loi rendant les harragas passibles de prison et d'amendes. Ce vote rend plus difficile l'émigration, il met en péril les jeunes contraints de prendre des risques beaucoup plus grands pour quitter le pays. Le journal le monde Monde avait rendu compte de ce vote consacré à cette décision peu honorable.

 

 

En Algérie, les émigrants clandestins seront passibles de prison

 

 Par Philippe Bernard, 3 septembre 2008

On connaissait l'immigration clandestine, c'est-à-dire l'entrée irrégulière dans un pays étranger. Voici l'émigration illégale, autrement dit l'interdiction de quitter son propre pays sous peine de sanction pénale.

Jusqu'à présent, la loi ne permettait pas de réprimer ces départs. Le nouveau texte va l'autoriser, au prix d'une entorse à un principe fondamental des droits de l'homme. La déclaration universelle de 1948 dispose en effet que "toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays". La liberté de quitter son pays a longtemps été ardemment défendue par les pays occidentaux lorsqu'elle était bafouée par l'URSS et ses satellites. Aujourd'hui, seuls des pays comme la Corée du Nord ou Cuba en font un principe, emprisonnant de fait leurs propres citoyens sur leur territoire. Mais le temps où les pays de l'Ouest se faisaient un honneur d'accueillir les fugitifs ayant réussi à franchir le rideau de fer est bien terminé. Le principe ne vaut pas pour les ressortissants du Sud.

Les pressions exercées par l'Union européenne sur les pays africains pour contrôler les flux migratoires ont remis au goût du jour la pénalisation des départs. Le Maroc, particulièrement coopératif avec l'UE, a adopté en 2003 une loi réprimant sévèrement l'émigration irrégulière. La Tunisie s'est aussi lancée dans la chasse aux "brûleurs", l'équivalent des "harragas". Le Sénégal se targue d'interpeller les candidats à l'émigration qui tentent de rejoindre les Canaries.

Cette politique est considérée par les pays de départ comme une monnaie d'échange pour obtenir des aides ou faire pression sur des négociations commerciales. Ainsi, l'accord sur le règlement du contentieux colonial italo-libyen récemment paraphé par MM. Kadhafi et Berlusconi prévoit-il notamment, en échange de la construction d'une autoroute, une participation libyenne aux patrouilles de surveillance en Méditerranée.

Texte intégral de la déclaration universelle des droits de l'homme :  le site de l'ONU

 

 

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