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Publié par Saoudi Abdelaziz

Coca Cola peut-elle acheter l’âme algérienne ?

Par Marwan Andaloussi, 12 décembre 2017

Nous assistons depuis quelques semaines à la diffusion sur Internet d’une série de vidéo clips musicaux sous la direction de Safy Boutella. De grands classiques de notre patrimoine sont chantés par des duos de l’élite de nos artistes accompagnés de musiciens talentueux.

Jusqu’ici tout va bien et on pourrait applaudir cette initiative artistique originale, mais il y a un bémol, un gros bémol même. Les vidéo clips sont lancés avec le slogan suivant : « Studio Cola avec une âme algérienne ».

Que veut dire « Coca Cola avec une âme algérienne » ? Rien du tout, sinon que nous assistons à la vente de « l’âme algérienne » pour la promotion d’une boisson gazeuse.

Nous savons depuis longtemps que les responsables de la culture en Algérie n’ont ni imagination ni vision. Là, ils ont franchi la rivière de l’indignité. Comment peuvent-ils accepter qu’un tel projet soit réalisé avec l’emballage de la multinationale ?

Pour quelle raison ont-ils soutenu l’association de notre patrimoine musical à une marque de boisson gazeuse ?

Coca Cola pour tous

Le concept est d’une grande sophistication. On a mis en scène tout le spectre musical algérien allant du chaoui au châabi en passant par le gnawi, le raï et le kabyle, sans oublier le sahraoui. Ces styles exécutés par des duos de haute voltige avec une orchestration impeccable ont été mis au service d’une multinationale.

L’objectif est limpide toutes les régions du pays se reconnaîtront et consommeront avec délectation Coca Cola.

Sobhan Allah !

Ainsi A vava inouva, qui a bercé tant de nos enfants se retrouve dans une vulgaire réclame ?

La chanson Sobhan Allah ya Ltif de l’immense el hadj el Anka, qui a réveillé toute une génération, se retrouve associée à Coca Cola ?

Cerise sur le gâteau, les concepteurs de ce projet ne se sont pas contenté d’utiliser tout notre patrimoine musical, ils ont même osé s’emparer d’un chant patriotique.

Min Djibalina, un des chants les plus incandescents s’est retrouvé emballé dans les couleurs de Coca Cola avec le drapeau algérien en fond d’image. C’est triste à pleurer.

Sobhan Allah ! Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui est arrivé à ce pays ? Quel esprit maléfique a-t-il réussi à défoncer toutes les digues de nos résistances ?

La pub n’a pas d’âme, encore moins les multinationales

Les publicitaires et les communicants des multinationales sont de redoutables champions de la manipulation des mots et de leur perversion.

Ils sont les producteurs permanents du contre sens et du non sens et pourtant ça passe comme une lettre à la poste depuis des décennies comme si de rien n’était.

Ils ont le tour pour s’emparer des esprits avec virtuosité.

Ils s’accaparent des concepts les plus innovants et les utilisent dans le seul but de générer des profits.

Quand ces publicitaires s’associent à des décideurs sans scrupules, on peut s’attendre au pire.

Cette campagne de Coca Cola semble être d’une grande ampleur, puisqu’elle se déroule également chez nos frères marocains selon le même modus operandi.

Quelques faits d’armes de Coca Cola

Il est de notoriété publique que l’obésité et le diabète sont en partie causés par la consommation de cette boisson, plusieurs études l’ont montré. Mais ce n’est pas le seul fait d’arme de cette multinationale.

Au Mexique Coca Cola a fait main basse sur l’eau potable de la région du Chiapas, ou elle implanté une usine (il faut six litres d’eau pour fabriquer un litre de Coca Cola). Aussi invraisemblable que cela puisse paraître l’eau est parfois plus chère que le Coca Cola au Mexique.

Au palmarès de la multinationale, on peut ajouter le lourd soupçon qui pèse sur elle dans l’enlèvement, la torture et l’assassinat de syndicalistes en Colombie, au Guatemala et en Turquie. L’enquête des réalisateurs du documentaire L’affaire Coca Cola présente des conclusions troublantes sur les agissements de cette multinationale.

Source : Libre-Algérie

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