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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le 11 décembre à Tizi-Ouzou. Photo DR

Le 11 décembre à Tizi-Ouzou. Photo DR

Après les puissantes manifestations pacifiques de Tizi-Ouzou et Béjaïa, va-t-on  assister à une énième opération de pourrissement du mouvement de masse, en le privant d'interlocuteur. Une des spécialités des services algériens.

A Bouira, le Conseil d'admistration vient de fermer l'université pour mettre fin aux affrontements, provoqués par le  guet-apens dans le campus perpétré par des groupuscules d’étudiants, "visiblement manipulés" selon le correspondant de Liberté et "munis d’armes blanches et d’objets contondants", ces bataglia ont, dans un premier temps, tenté d’intimider leurs collègues avant que l’escalade verbale ne prenne le relais. "Les anti-manifestants ne se sont pas arrêtés là puisqu’ils se sont organisés de telle manière à provoquer des échauffourées et transformer un campus universitaire en un théâtre de violence".

"Le silence du gouvernement dans pareille situation n’est pas pour garantir le calme et la stabilité", écrit Mohamed Mouloudj dans le même journal. EXTRAIT:

"Dans son mutisme résident aussi les ingrédients d’une aggravation de la situation. Mais si le gouvernement refuse de s’exprimer, c’est qu’il n’est toujours pas convaincu de répondre favorablement à la demande des populations, prisonnier qu’il est de ses pouvoirs et de ses vieux réflexes dans sa gestion des rapports société-État. Il n’est un secret pour personne que ce silence traduit un malaise institutionnel pesant.

Au sein d’un État où le centre de décision n’est pas tout à fait identifié, il est difficile de parier sur une réponse claire et directe à toute cette agitation de rue. Faut-il rappeler que le premier responsable que la situation interpelle, c’est le chef de l’État qui, même s’il ne peut s’adresser directement au peuple, dispose d’autres moyens de le faire ? Un message de sa part n’aurait pas été de trop dans pareille conjoncture. Il a fait le choix de ne rien dire. L’attitude ainsi observée concernant les marches pour tamazight reste l’unique conduite du régime. Elle explique que les revendications démocratiques, légitimes et pas du tout discutables ne figurent pas dans l’agenda politique du pouvoir et qu’elles peuvent encore attendre, tant qu’elles sont en contradiction avec la nature même du régime. Le silence face à la rue et comme réponse aux vrais problèmes est le style de gouvernance de ce régime. S’il ne fait pas appel à la manipulation, au mensonge, à la diversion, à l’esbroufe et à la répression, il se dérobe à travers son légendaire mutisme pour fragiliser un pays où le peuple n’est pas totalement anesthésié".  

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