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Publié par Saoudi Abdelaziz

2 décembre 1823. La doctrine Monroe : l'Amérique du Sud est la chasse gardée des Etats-Unis.

Le 2 décembre 1823, James Monroe, 5èmeprésident des Etats-Unis, déclarait : « Aux Européens, le vieux continent, aux Américains le Nouveau Monde ». Toute intervention d'une puissance européenne sur le continent américain serait considérée comme "une manifestation inamicale à l'égard des États-Unis".

Ce qu'on appelle la doctrine de Monroe tient en quelques paragraphes à l'intérieur du long message sur l'état de l'Union, de décembre 1823.

Deux principes y sont définis : le premier affirme que le continent américain doit désormais être considéré comme fermé à toute tentative ultérieure de colonisation de la part de puissances européennes, ce qui visait à la fois les puissances de la Sainte-Alliance et la Russie, et le second, qui en découle, que toute intervention d'une puissance européenne sur le continent américain serait considérée comme "une manifestation inamicale à l'égard des États-Unis".

Les puissances de la Sainte-Alliance européenne se le tiennent pour dit et renoncent à leurs projets d'intervention en Amérique du sud. L'année suivante, en 1824, la Russie signe un traité avec les États-Unis par lequel elle renonce à toute revendication au sud de l'Alaska.

Qui est James Monroe?

Le premier temps fort de la carrière de James Monroe est la conclusion de l’achat à la France de sa colonie de Louisiane pour 15 millions de dollars. Fort de ce succès, Monroe devient en 1811 Secrétaire d'État (ministre des Affaires étrangères) du président Madison. À ce titre, il conduit la "Seconde Guerre d'Indépendance" contre le Royaume-Uni, de 1812 à 1814, puis fut brillamment élu à la présidence des États-Unis en novembre 1816.

Sous sa présidence, les États-Unis se donnent une diplomatie vigoureuse. L’armée intervient en Floride, une possession espagnole que les États-Unis acquièrent finalement en 1819 contre cinq millions de dollars. L'année suivante, deux territoires, le Missouri et le Maine, rejoignent la fédération avec rang d'État. Les États-Unis, qui comptaient quatre millions d'habitants dont un million d'esclaves africains, au moment de l'indépendance, en 1783, en comptent désormais neuf millions. Des immigrants irlandais, anglais ou encore allemands affluent en masse sur le littoral atlantique et contribuent à la colonisation de l'arrière-pays.

Mais à l'extrême-nord du continent, les Cosaques russes traversent le détroit de Béring et s'implantent en Alaska ; ils contrarient de la sorte les visées de Washington sur les terres vierges de l'ouest. Au sud du Rio Grande, les colonies espagnoles se soulèvent contre la métropole. C'est dans ce contexte que sera énoncée la doctrine Monroe.

Le puritanisme plus le dollar

La Doctrine Monroe, marque le début de l'impérialisme américain. "Ce n'est pas totalement exact", observe le professeur François Georges Dreyfus qui écrit :  "En effet, comme le rappelait le président R. Reagan, les puritains américains avaient proclamé dès leur arrivée sur le sol des États-Unis leur volonté de puissance, inspirée par la foi qui les portait. Le calvinisme pur exclut « l'homme hors de Dieu », protège le vrai fidèle du monde mauvais, invitant avec Saint Jean à « vaincre le mal » et à ne point « aimer le monde et les choses de ce monde ». Calvin invite à transformer le monde en Cité de Dieu, en cité de vérité, à l'image de la République de Genève. C'est exactement le message du premier gouvernement de Pennsylvanie à ses fidèles : la démocratie d'inspiration puritaine doit être diffusée partout. C'est bien ainsi qu'il faut aussi comprendre la Déclaration de Monroe (...). Toujours est-il que très vite, au nom de la Déclaration de 1823, va apparaître une politique de surveillance et de contrôle du continent appelé « Dollar diplomacy », formule exprimée en 1843 par Richard Olney. Celui-ci va jusqu'à prôner la « souveraineté de fait » des États-Unis sur le continent sud américain. C'est ce qu'exprimera fort crûment un journaliste en 1843 proclamant que « la colonisation du continent américain appartient au destin évident des États-Unis » !"

À la fin du XIXe siècle, les États-Unis, devenus une puissance de premier plan, vont prendre prétexte de la doctrine de Monroe, purement défensive, pour chasser l’Espagne de ses dernières colonies de l'hémisphère occidental et intervenir directement, de façon offensive, dans les affaires d'Amérique latine, soit par le biais de leurs entreprises, soit au besoin par le biais de leurs troupes.

Il a fallu attendre 1961 pour que la doctrine de Monroe soit contestée ouvertement, lorsque Cuba prend l'initiative d'un rapprochement avec une puissance non-américaine, l'Union Soviétique. Ce sera alors le blocus... qui dure encore.

 

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