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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Par Samir Leslous, 4 novembre 2017

 

Le temps s’est avéré court, hier, à Larbaâ Nath Irathen, pour retracer le parcours de Sadek Hadjerès, le dernier survivant du groupe dit de lycéens de Ben Aknoun. Mais il était relativement suffisant pour mettre en relief la grandeur et surtout l’importance du rôle qu’il a joué durant ses soixante ans de militantisme dont trente dans la clandestinité.

 

Les témoignages  d’hier ont décrit “un homme qui a tout donné à l’Algérie et qui ne lui a rien réclamé en contrepartie”. “C’est un révolutionnaire avant la Révolution, mais qui n’a jamais réclamé une attestation communale, ni le statut d’ayant droit, et encore moins un quelconque privilège matériel. C’est un homme résolu, déterminé, courageux et intraitable lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts du peuple. Il était fier, à la fois, de son algérianité et de son amazighité qu’il a toujours défendues sans les opposer à celles des autres”, dira de lui le représentant du mouvement associatif m’zab de l’immigration, Salah Boudi, qui a eu à militer à ses côtés au sein du Pags que le pouvoir algérien a réduit à la clandestinité jusqu’à l’ouverture démocratique en 1989.

“C’est un homme qui a pris les chemins les plus difficiles, non pas pour ses intérêts mais pour ceux de son peuple. Aujourd’hui encore, nous avons une dette envers lui car c’est la brochure Idir El Watani qu’il avait rédigée avec Mabrouk Belhocine et Yahia Henine, qui a permis au Printemps berbère d’avril 80 de fleurir”, a témoigné Hend Sadi.

Si pour Arezki Metref, “Sadek Hadjerès a été un homme qui a toujours su allier la réflexion à l’action”. Pour d’autres encore, à l’instar de Hasblaoui, de Hakim Saheb, de Cherif Melbouci et de Hamid Bouzar, Hadjerès est un mythe qu’on gagnerait à entretenir et un monument historique vivant qu’il va falloir expliquer et développer. Du haut de ses 90 ans, cet artisan du ralliement du Parti communiste algérien à l’ALN,  a été condamné à 20 ans de travaux forcés par un tribunal colonial.

Ce dernier, par le simple fait d’avoir rallié la wilaya IV, a échappé à la purge antiberbériste qui a emporté tous ses anciens camarades de Ben Aknoun de retour en Kabylie. Lui qui a encore subi les affres d’une nouvelle clandestinité après l’indépendance, ne semble pas avoir oublié grand-chose de son parcours ni avoir été coupé des préoccupations du peuple algérien. “À l’indépendance, nous étions tout juste à mi-chemin car le plus dur c’est de construire le pays. Le peuple ne peut se contenter de vivre seulement d’un drapeau. Il a droit à l’éducation, à la sécurité, à la nourriture… On avait tout pour être un pays comme tous les pays développés”, dira Hadjerès après avoir rappelé quelques événements tels que la réunion d’Arous en 1948 qui visait à donner un corps de doctrine plus cohérente et unificateur pour faire reculer l’empirisme et la pratique de clans au sein du PPA. Avant de prendre la parole, Hadjerès a déposé une gerbe de fleurs au pied de la stèle de Abane Ramdane.

Source : Liberté

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