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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ouargla, en décembre 2016. Photo DR

Ouargla, en décembre 2016. Photo DR

Par Ghellab Chahinez, 11 novembre 2017

 

A part tout va bien, rien ne va. Pendant que les candidats aux élections locales rivalisent de stratégies pour convaincre l’électorat à Ouargla, l’écart entre eux continue de s’excaver. Le cumul des problèmes et du laisser-aller des autorités locales fait descendre les demandeurs d’emploi et les habitants dans la rue pour crier une injustice qui demeure sans écho.

Les habitants de Beni Thour, un des grands quartiers de la wilaya, sont sorti jeudi de leur torpeur pour exprimer leur ressentiment et crier haut et fort leur ras-le bol. Lors d’un grand mouvement de contestation, ils ont dénoncé la situation dans laquelle ils se trouvent. La route principale de ce quartier a atteint un état avancé de délabrement jusqu’à rendre tout déplacement sur la chaussée impossible.

Premières victimes de cette situation, les propriétaires de commerce. Ils ont décidé de fermer la route au niveau du rond-point Che Guevara, à proximité du lycée Boumada. Des pneus ont été brûlés plongeant la zone dans une fumée noire visible à des kilomètres.

Les protestataires appellent les autorités locales à se tourner vers les citoyens et à se préoccuper de leurs conditions de vie dans une wilaya, où 60% des routes et venelles sont impraticables, voire dangereuses sur certains tronçons, et ce depuis plusieurs années. Selon eux, les projets de réhabilitation des routes et des réseaux d’assainissement ont été attribués «anarchiquement» à des entrepreneurs «non-qualifiés et irresponsables» qui disparaissent avant les fins des travaux, laissant derrière eux des routes quasiment impraticables. Des pseudo-opérations de construction, de réfection et d’entretien des chaussées ont rendu la circulation et les déplacements des véhicules et des piétons très difficiles, voire impossibles, et ont donné l’image d’une ville presque sinistrée.

Souk Sebt, Chorfa, Belabès, Boughoufala, Beni Thour, Hassi Boustène, sahet Chouhada… toutes les routes sont défoncées. Décapages, affaissements, fissurations, creux, réseau d’assainissement défectueux et bouches d’égout à ciel ouvert, chemins dégradés et d’autres bloqués servent d’illustrations d’une situation qui dure et perdure dans l’indifférence totale des autorités locales.

«On veut un travail et on n’est pas concerné par le vote !»

Les jeunes chômeurs d’Ouargla montent au créneau et n’hésitent pas à qualifier les candidats aux locales du 23 novembre de «vendeurs de mensonges» et «d’opportunistes» et à réaffirmer qu’ils «ne sont pas concernés par le scrutin».

Les sit-in de ces jeunes se renouvellent au quotidien devant les différentes agences locales de l’emploi et le siège de la wilaya, sans pour autant faire réagir les responsables concernés qui continuent à faire la sourde oreille à leurs cris désespérés.

De grandes banderoles ont pris place depuis des semaines devant la direction locale de l’emploi dans la zone d’équipements, où un groupe d’une dizaine de jeunes font le pied de grue à l’entrée du siège. Un peu plus loin, en plein centre-ville d’Ouargla, l’entrée de l’agence de hai Sidi Abdelkader a été incendiée par des chômeurs qui ont mis le feu à des pneus, mardi dernier.
Pour leur part, les demandeurs d’emploi en colère sont décidés à poursuivre leurs sit-in devant le portail principal du siège de la wilaya où ils campent depuis deux mois. En majorité diplômés de l’université, ils continuent à s’insurger contre «l’injustice, la marginalisation et l’indifférence des autorités».

Source : Reporters-dz

 

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