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Publié par Saoudi Abdelaziz

Face à la montée de la révolte endémique de la jeunesse marocaine, notamment des jeunes diplômés, les précurseurs marocains du néolibéralisme mondialisé commencent à réfléchir à un modèle de croissance plus pourvoyeur d'emplois, ce qui suppose évidemment un rôle accru de l'Etat dans le choix des investissements et de la formation. Au même moment, notre Premier ministre Ahmed Ouyahia, plus récemment converti au néolibéralisme, assène avec zèle devant les Patrons du FCE : « L’espace économique d’aujourd’hui est celui des opérateurs privés". "L’Etat va se retirer entièrement de la scène économique  dans 10 ans".»

En cela, il est proche de l'Union patronale tunisienne UTICA dont il semble avoir étudié le rapport diffusé en septembre dernier qui préconisait sous couvert de modernisation, de rationalisation et d’efficacité économique, de réduire l’Etat à ses fonctions administratives et policières. Qui comprend sans doute "l'aide aux indigents".

Au Maroc, la croissance sans emplois

Le 27 octobre, le ministre marocain de l'économie et des finances Mohamed Boussaïd pointe les cinq "tares" qui "bloquent le chemin vers l'émergence" et en premier lieu le fait que "L'emploi ne suit pas les évolutions de la croissance". Cette déconnexion entre croissance du PIB et création d'emplois est la première "tare" exposée par Mohamed Boussaïd, devant les économistes du mouvement Damir comme le rapporte  le site marocain Tel Quel sous le titre Mohamed Boussaïd reconnaît cinq "limites" au modèle économique marocain

 À titre de comparaison, lorsque la croissance du PIB était de 3,2% entre 2010 et 2016 seulement 26.000 emplois ont été créés. Selon le ministre de l'Économie, le prochain modèle de croissance devrait "améliorer le processus de production des richesses" afin que "la croissance profite à l'ensemble des Marocains".

Dans un rapport volumineux de 405 pages, intitulé " le Maroc à l’horizon 2040 : investir dans le capital immatériel pour accélérer l’émergence économique", la Banque mondiale souligne à l'intention du bon élève : "Le modèle de croissance du Maroc donne des signes d’essoufflement et de croissance modérée" . Le secteur de l’industrie n’est pas suffisamment rentable, poursuit la BM. Même dans les filières les plus dynamiques, telles que l’automobile et l’aéronautique, la présence du capital local reste limitée et l’essentiel de la croissance est porté par des acteurs étrangers.

"Beau pari?"

"TangerMed n'est pas une simple zone-franche où quelques Marocains trouvent un emploi. C'est un beau pari industriel et logistique ou, du moins, c'est une tentative concrète de penser une politique économique de développement régional à l'aune du XXIème siècle." C'est ce qu'écrit Akram Belkaïd sur le site économique Maghreb Emergent. La Banque mondiale est plus circonspecte selon le rapport cité plus haut qui note en substance:

"Par exemple, autour de l’usine Renault à Tanger, moins de 10% seulement des fournisseurs de premier rang livrant quotidiennement l’usine sont à capital majoritairement marocain.

Les entreprises marocaines, "peu structurées, de taille modeste et faiblement internationalisées, s’avèrent également peu dynamiques et innovantes", constate le rapport.

"Pourquoi le nombre d’entreprises marocaines exportatrices s’élève-t-il à seulement 5.300 et stagne-t-il depuis le début des années 2000? A titre de comparaison, la Turquie compte aujourd’hui 58.000 entreprises exportatrices", s’est interrogé la BM qui explique que "les politiques publiques au Maroc peinent à créer les conditions suffisantes d’un rattrapage économique"

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