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Publié par Saoudi Abdelaziz

Boris Johnson avec les gardes-côtes libyens pour mener la traque des Harraga Photo DRPhoto DR

Boris Johnson avec les gardes-côtes libyens pour mener la traque des Harraga Photo DRPhoto DR

Notre correspondant à Barcelone écrit : "Voici la traduction d'un article de Nazanin Armanian paru dans le journal Publico du 26/10/2017, à l'occasion du 6 ème anniversaire de l'assassinat de Khadafi. L'intérêt de ce texte , c'est qu'il touche principalement des lecteurs "occidentaux". Ci-après le commentaire de l'un d'entre eux: " Il est difficile de ne pas sentir une grosse honte des actions de nos gouvernants au Moyen Orient, mais ce que nous fîmes en Libye est la pire de toutes. La Libye, à l'époque de Khadafi était le pays africain avec la plus faible mortalité infantile, le meilleur taux d'alphabétisation, meilleur accès à l'éducation pour les femmes. ... Il n'est pas étonnant que les gens de ces pays détruits par nos gouvernements nous haïssent. C'est raisonnable car nous tolérons ces actes sans protester, et nous avons une part de responsabilité dans ces atrocités " (Paul Baker).

El ministro británico Boris Johnson hace de “buitre” entre los “halcones”

Par Nazanin Armanian, 26 octobre 2017

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"La seule chose qu'ils doivent faire c'est retirer les cadavres" recommandait Boris Johnson aux libyens de la ville de Syrte, non pour qu'ils donnent une sépulture digne aux milliers de civils assassinés par les forces co-sponsorisées par le gouvernement de "Sa Majesté", sinon pour que les investisseurs du Royaume Uni puissent ériger des hôtels de luxe sur les fosses communes. Cette personne est toujours à son poste !

Au sixième anniversaire de l'exécution du chef de l'état libyen, Mouammar Kadhafi, par la horde dirigée par Hilary Clinton - qui un jour auparavant était en Libye et qui revendiqua ensuite les mérites pour son crime de guerre en criant de joie " Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort" - et la destruction totale de ce pays par l'OTAN, l'Occident n'a pas encore tiré le profit souhaité de son butin.

La destruction perpétrée par l'OTAN-Djihadistes a converti l'un des états les plus vertébrés d'Afrique en un état en déliquescence. Le colonel Edward Lansdale l'avait déjà dit: "Il y a seulement une façon de contrôler un territoire qui résiste, c'est le transformer en désert". Le chaos régnant est géré par les groupes armés locaux et régionaux, criminels, tribaux et intégristes qui sont les supplétifs d'une force étrangère. Chaos qui a empêché le Pentagone d'installer en Libye la base de son commandement AFRICOM et l'a obligé à renforcer ses bases en Espagne. Bien que recruter l'armée privée du "djihadisme" soit rentable - car cela externalise les missions militaires, évite la protestation à domicile, peut mener une "sale guerre" et revient moins cher, cela comporte aussi des inconvénients.

L'attentat suicide de Manchester au mois de mai dernier fut réalisé par un libyen de 22 ans, qui s'était rendu à la "nouvelle" Libye pour s'entrainer et partir lutter contre Assad en Syrie, respectant le plan des Etats Unis de "changement de régime". La presse internationale dénomme ce type d'individus, "combattants pour la liberté" quand ils commettent des attentats en Syrie et "terroristes" quand ils le font en Occident.

L'horreur que ressentent les européens quant ils souffrent d'attentats est la même que celle que vivent des millions de personnes quotidiennement et depuis des années en Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Soudan, Yémen ou Somalie, tous agressés militairement par les Etats Unis , le Royaume Uni et leurs alliés.

La dite "révolution libyenne" ne fut rien d'autre que l'assaut de dizaines de milliers de "djihadistes" contre la Libye, armés par les Etats Unis, Royaume Uni et France, qui ont tiré parti du bruit des Printemps Arabes pour démanteler la Libye et la Syrie, les deux seuls pays méditerranéens qui étaient en dehors du contrôle de l'OTAN.

La "libération humanitaire de la Libye" a laissé des milliers de morts, mutilés, personnes traumatisées, et a converti des milliers de survivants en esclaves ou les a enseveli avec leurs "pateras" (embarcations de fortune) sous les eaux de la mer quand ils fuyaient l'enfer libyen. La ville de Sabha s'est convertie en un grand marché d'êtres humains, où des centaines de femmes, d'enfants ont été réduits en esclaves sexuels, avec coups de fouets et chaines en fer inclus.

Détruire la Libye fut "La mission la plus réussie dans l'histoire de l'OTAN", déclara son chef de l'époque Anders Rasmussen. Pour des gens comme lui, une guerre gagnée est celle qui détruit son ennemi sans pertes propres; ceux qu'ils tuent ne sont que Untermensch "sous-hommes", car ce ne sont pas leurs enfants, ni leurs grands-parents. Il n'y a aucun mérite pour une alliance militaire de trente pays puissants et avec prés de 900 millions d'habitants à écraser une nation de moins de 7 millions d'habitants qu'on a désarmé auparavant.

Sans aucun doute, Kadhafi s'est trompé en suspendant son programme nucléaire: l'OTAN envahit seulement les nations sans défense.

Les affaires , toujours les affaires

On savait déjà que "protéger" la population du régime de Kadhafi était un complot contre la Libye et que l'OTAN poursuivait un ensemble d'intérêts: en Août 2009 The Guardian révélait que le Royaume Uni était à la recherche de contrats lucratifs de pétrole et de gaz en Libye et avait visité 26 fois en trois ans  le pays pour négocier avec son gouvernement. Le terroriste du Lockerbie, Abdelbaset Al-Meghrari, avait même été libéré ! En Août 2011, Obama confisqua 30 milliards de dollars de la Banque Centrale de Libye que Kadhafi avait réservés pour la création d'une Banque Centrale et d'un FMI africains.

La guerre contre la Libye, la principale réserve de pétrole d'Afrique et en plus de haute qualité, fut principalement l'œuvre du Royaume Uni et de la France (alors qu' Obama préférait une "intervention invisible" de Leading from behind "diriger depuis l'arrière"), des pays qui ne pouvaient pas se permettre des scénarios comme en Afghanistan ou Irak où ils ne pouvaient consolider leurs positions.

Si les Etas Unis avaient leurs motifs pour en finir avec Kadhafi, la France en avait d'autres comme éliminer un Kadhafi qui défiait son influence en Afrique francophone; elle prétendait s'emparer d'une plus grande part du pétrole libyen; offrir la possibilité à l'armée française d'améliorer sa position dans l'OTAN et à Paris l'opportunité de réaffirmer sa position dans le monde, avec ses missiles.

Les "pompiers pyromanes" franco-britanniques ont calculé que 70 milliards de dollars en actifs de Libye gelés dans les banques occidentales seraient destinés à la poche de leurs entreprises pour reconstruire le pais. Le patronat français estimait que la Libye pourrait offrir environ 200 milliards de dollars en opportunités d'investissement dans les 10 prochaines années.

Grâce aux guerres contre l'Irak , l'Afghanistan et la Libye, les Etats-Unis et le Royaume Uni ont pu installer de nouvelles bases militaires au Koweït, Qatar, Emirats Arabes Unis, Oman, Arabie Saoudite, Pakistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tajikistan, Seychelles, Kenya, Soudan du Sud, Niger et Burkina Faso.

Ne dites pas que ces guerres ne furent pas une aubaine pour les complexes industrialo- militaires !

Texte original : Publico

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