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Publié par Saoudi Abdelaziz

Marie-France Grangaud, ancienne directrice de la section sociale à l’Office national algérien des statistiques, consultante au Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef).

Marie-France Grangaud, ancienne directrice de la section sociale à l’Office national algérien des statistiques, consultante au Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef).

Le 30 octobre 2012, Marie-France Grangaud notait : "le nombre de femmes actives a triplé au cours des 20 dernières années et s’est  multiplié par 12 par rapport à 1977". Celle qui a dirigé la section sociale de l'Office national des statistiques ajoutait : "Malgré cela, l’Algérie, reste parmi les cinq pays où le pourcentage des femmes qui travaillent est le plus bas au monde". En Algérie, la protection sociale est très favorable aux femmes au foyer écrit Salima Tlemçani, rapportant les propos de Mme Grangaud, qui estime qu'il existe plusieurs facteurs favorables au travail des femmes. D’abord la scolarisation de plus en plus poussée des filles, puisque les deux tiers des universitaires sont des femmes, mais aussi les facteurs démographiques de moins en moins contraignants vis-à-vis du travail, ou encore le recul de l’âge au mariage (31 pour les filles en 2011), le nombre réduit d’enfants (moins de 3 en 2011 contre 7 en 1980), l’augmentation du célibat féminin, la non-discrimination en matière de formation et de travail, la protection sociale des travailleuses et en rapport au travail des femmes en évolution.

Qu'en est-il cinq ans plus tard?

 

Mme Marie-France Grangaud : «Plus d’un million d’Algériennes interdites de quitter le domicile»

Taille du texte normalePar Salima Tlemçani, le 30 octobre 2012. El Watan

Mme Marie-France Grangaud, militante des droits des femmes et consultante auprès du Ciddef, aborde les discriminations dans le monde du travail en Algérie, à travers une étude réalisée.

Ainsi, le nombre de femmes actives a triplé au cours des 20 dernières années et s’est  multiplié par 12 par rapport à 1977 pour atteindre, vers la fin de 2011, près de 1 561 000. Il est passé de 5,2% en 1977 à 17,7% en 2011. Malgré cela, l’Algérie, révèle Mme Grangaud, reste parmi les cinq pays où le pourcentage des femmes qui travaillent est le plus bas au monde. Selon toujours la conférencière, les femmes actives sont en majorité instruites puisque sur 100 femmes qui travaillent, 40 ont un niveau supérieur, alors que 10% seulement des hommes actifs ont un niveau supérieur.

Cette proportion des femmes avec emploi  croît avec le niveau du diplôme dans la mesure où 75% de celles ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur au cours des cinq dernières années travaillent. Elles sont particulièrement nombreuses dans les professions intellectuelles et scientifiques où elles représentent 47% des effectifs, soit 478 000. Elles représentent moins de 10% des dirigeants (directeurs, cadres de direction et gérants), soit 26 000 sur 270 000.

En outre,  20% des femmes actives, soit 311 000, travaillent à domicile et 69% sont couvertes par la sécurité sociale contre 52% des hommes. Pour ce qui est du chômage au sein de la population féminine, Mme Grangaud affirme qu’il augmente avec le niveau des diplômes qu’elles ont. Ainsi, celles qui n’ont pas d’emploi sont dans 3,1% des cas sans instruction, dans 7,4% avec un niveau primaire, dans 18,6% avec un niveau moyen, dans 18,6% avec un niveau secondaire et dans 22,4% des cas, elles ont un niveau supérieur. Comme pour les hommes, ajoute la conférencière, le chômage touche dans 73% des cas les femmes de moins de 30 ans.

Par ailleurs, l’étude a montré que  30% des femmes, soit 467 000 de celles qui travaillent, sont en sous emploi par rapport au temps de travail, contre 16% seulement des hommes. Elles sont 696 000 à être inactives, dont  478 000 sont au foyer, alors que 952 000 hommes souhaitent travailler, mais n’ont pas fait de démarches de recherche d’emploi.

Elles n’ont pas cherché de poste d’emploi pour des raisons familiales dans  36,2% des cas contre 1,6% des cas chez les hommes. Mieux, 38% des hommes et 25% des femmes sont opposées au  travail féminin, alors que 80% des femmes sans travail refusent un emploi en dehors de leur wilaya. Pour Mme Grangaud, il existe plusieurs facteurs favorables au travail des femmes. D’abord la scolarisation de plus en plus poussée des filles, puisque les deux tiers des universitaires sont des femmes, mais aussi les facteurs démographiques de moins en moins contraignants vis-à-vis du travail, ou encore le recul de l’âge au mariage (31 pour les filles en 2011), le nombre réduit d’enfants (moins de 3 en 2011 contre 7 en 1980), l’augmentation du célibat féminin, la non-discrimination en matière de formation et de travail, la protection sociale des travailleuses et en rapport au travail des femmes en évolution.

38% des hommes et 25% des femmes sont contre le travail féminin

Néanmoins, ajoute la conférencière, il reste encore des facteurs défavorables au travail des femmes. Selon elle, il s’agit du fait que ce soit le mari qui doit subvenir aux besoins de la famille comme cela est stipulé dans les articles 74 et 75 du code de la famille. De ce fait,  le travail de la femme apparaît facultatif,  sauf en cas d’incapacité du mari.
Autre empêchement, le nombre d’hommes et de femmes défavorables au travail féminin puisqu’une étude faite en 2009 a montré que 38% des hommes et 25% des femmes sont réfractaires au travail féminin.

Mme Grangaud précise en outre que la protection sociale est très favorable aux femmes au foyer (les filles au foyer quel que soit leur âge bénéficient de l’assurance maladie et de la pension de réversion), la restriction de fait à la mobilité des femmes (80% des chômeuses refuseraient un emploi dans une autre wilaya) (27% pour les hommes), et la prise en charge par les femmes des enfants et des tâches ménagères sont autant de facteurs défavorables au travail féminin.

Des chiffres confortés par d’autres puisqu’un sondage effectué par le Ciddef a fait état de quelque 1,5 million d’Algériennes interdites de quitter le domicile conjugal ou familial.

Lors du débat, qui a suivi les communications, un intervenant, Mustapha Benzine, ex-membre du CNES, rappelle lui aussi les statistiques assez révélatrices de l’ONS sur l’évolution du célibat entre 1998 et 2008, interpellant de fait les conséquences sur la démographie. Il affirme que le nombre des femmes en âge de procréation (15 à 50 ans) est passé de 2,490 millions en 1966 à 10,400 millions en 2011.
Selon l’orateur, dans la tranche des 25-29 ans, le célibat est passé de 45% en 1998 à 51,6% en 2008, contre 77,73% et 82,4% pour les hommes, alors que pour les 30-34 ans, le célibat représentait 22,4% des femmes en 1998 et 34,7% en 2008.

Source: El Watan

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