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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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"On s’aperçoit qu’ils ont le ventre vide lorsque l’un d’eux perd connaissance, écrit Malika Boussouf. Ces incidents sont plus courants qu’on ne l’imagine. Alors, quand on vous annonce que l’on va fermer certaines cantines scolaires pour des besoins d’économie, vous l’avez forcément mauvaise". D'Oran, J. Boukraa rapporte : "Certaines écoles sont ou bien dépourvues de cuisines ou bien manquant cruellement de personnel pour en assurer le service. "Dans la majorité des cas, le repas se limitait à deux olives, un oeuf et un morceau de fromage», a révélé une source proche du dossier"

 

Ceux qui mangent à leur faim et le reste

Par Malika Boussouf, 23 octobre 2017
 

Il y a quelques semaines, j’ironisais sur le fait que l’on ait osé évoquer, en haut lieu, la fermeture des cantines scolaires pour réduire, en partie, le déficit budgétaire du pays et économiser, des clopinettes, bien sûr, pour assurer un avenir moins inquiétant aux Algériens. Lorsque l’on se retrouve entre ami(e)s, on fait inévitablement le tour de ce qui va, de ce qui va moyennement ou ne va pas du tout. On s’aperçoit, au bout de quelques minutes d’échauffement, que nous partageons les mêmes préoccupations.

C’est là que pour bien plomber l’ambiance, quelqu’un du groupe revient sur cette histoire de cantines sur la générosité desquelles on voudrait parier pour résoudre, en partie, la crise à laquelle le pays est confronté. Même si ces dernières se font rares et n’existent quasiment plus. Sauf peut-être dans les villages reculés où les enfants, qui s’accrochent au besoin d’apprendre et à la nécessité d’en savoir plus sur la vie, obligés de faire parfois des kilomètres à pied pour rejoindre les bancs de l’école, ont droit à un semblant de repas.
La tambouille de l’école, beaucoup d’entre nous se souviennent de son goût insipide et il n’y a aucune raison qu’elle ait changé.

Ce n’est pas comme si on nourrissait nos écoliers à coups de caviar et de saumon. Cachir, loubia ou lentilles, voilà de quoi est composé le menu au quotidien, et encore ! C’est pas mal si les enfants qui ne peuvent pas rentrer chez eux sont nourris à cela. Ceux dont les parents démunis n’ont pas les moyens de leur confectionner un sandwich regarderont leurs camarades s’alimenter. Sans broncher ! Jamais ! Parce que même chez les petits, on perçoit une pudeur et un point d’honneur à ne jamais se plaindre.

Les enfants sont prématurément conscients de leur condition sociale. Ils savent qu’aller à l’école est un privilège et n’avoueront donc à aucun moment qu’ils ont faim. On s’aperçoit qu’ils ont le ventre vide lorsque l’un d’eux perd connaissance. Ces incidents sont plus courants qu’on ne l’imagine. Alors, quand on vous annonce que l’on va fermer certaines cantines scolaires pour des besoins d’économie, vous l’avez forcément mauvaise.

Source : Le Soir d'Algérie

ORAN. Rapport de la commission de l'APW sur les cantines scolaires:  De grandes lacunes dans la restauration dans les zones reculées

Par J. Boukraa, 23 octobre 2017

Le rapport que vient de déposer sur le bureau du wali la commission de l'éducation de l'assemblée populaire de wilaya d'Oran est sans équivoque. Cette commission n'a pas manqué de relever de grosses lacunes dans la restauration scolaire surtout dans les zones reculées de la wilaya d'Oran ou une disparité dans la qualité des menus a été observée en comparaison avec des cantines du centre-ville.

Cette situation a été jugée discriminatoire par les membres de cette commission envers ces écoliers qui sont obligés de parcourir de longues distances afin de rallier leurs établissements qui sont en principe prioritaires pour la restauration scolaire. A titre d'exemple, ils ont cité les cas de certaines écoles sises à Sidi El Bachir, l'école Yahyaoui de Bir El Djir ainsi que la cantine centrale, l'école Moufdi Zakaraia de Cap Falcon ou l'école Belarbi Mohamed dont la cantine est fermée. De son coté, la direction de l'éducation d'Oran a révélé que 98.000 élèves bénéficient de cantine scolaire à travers la wilaya, soit une augmentation de plus de 5 000 par rapport à l'année passée.

La même source affirme que la wilaya dispose de 297 cantines, ce qui représente 55.2% de son parc éducatif. S'inscrivant dans le cadre du programme initié par le ministère de l'Education nationale en Algérie, le réseau des cantines scolaires s'est agrandi au cours de ces dernières années. Le but principal de l'installation de la restauration dans les établissements scolaires étant celui de l'aide sociale, selon les responsables du secteur de l'éducation.

Toutefois certaines écoles sont ou bien dépourvues de cuisines ou bien manquant cruellement de personnel pour en assurer le service. «Dans la majorité des cas, le repas se limitait à deux olives, un oeuf et un morceau de fromage», a révélé une source proche du dossier. Même si le réseau des cantines scolaires s'est densifié ces dernières années en Algérie, la demi-pension n'existe pas encore dans la majorité des établissements scolaires.

Un nombre important d'élèves des écoles primaires ne bénéficie pas encore de repas faute de structures de restauration, alors que d'autres se contentent de repas froids. D'autres cantines ne répondent pas aux normes d'hygiène. De leur côté, les services de prévention à la direction de la santé et de la population ont indiqué l'année passée que pas moins de 11 % des cantines scolaires dans la wilaya d'Oran ne remplissent pas les conditions d'hygiène. Le manque d'hygiène au sein des cantines scolaires constitue un problème de santé publique causant plusieurs maladies dont les intoxications alimentaires, ce qui dicte aux présidents d'APC une bonne prise en charge de ces structures dont bénéficie un grand nombre de la population scolaire.

Source : Le Quotidien d'Oran

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