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Publié par Saoudi Abdelaziz

Professeur des universités , chercheur au CNRS.

Professeur des universités , chercheur au CNRS.

Sur la question de la restauration scolaire: l'Etat assure de très mauvais services et tente de se désengager sans l'afficher, sans en débattre, sans développer la concertation et la responsabilisation des acteurs (services publics centraux, MEN, APC, parents, corps de l'enseignement, entreprises...).

Certes, l'Etat ne peut se désengager des prestations majeures qu'il a assurées depuis l'indépendance dans un contexte économique, financier, démographique et scolaire qui a totalement changé.

L'Etat a au moins les obligations qu'il s'est donné lui même et par lesquels la classe politique a contracté des engagements et des responsabilités de façon certes confuse, non pensée, non évaluée, non organisée autrement que par l'intervention directe.

Outre la gravité générale du désengagement de l'Etat , il faut rappeler que les parents n'ont pas été préparés et que ce mode de désengagement pénalise d'abord les plus faibles et le grand nombre. Il en résulte d'une part manquements dangereux et graves sur le plan contractuel parce que le régime et les dirigeants n'ont de légitimité que par les prestations de l'Etat, le vote n'étant ni vrai, ni massif.

Deux graves problèmes se posent:

1- la réduction drastique des recettes de l'Etat ne lui permet plus d'assurer des engagements qui n'ont jamais été discutés ni dans les principes ni dans la façon de gérer les budgets de façon équilibrée et durable ni en matière de responsabilité. L'Etat se présentant comme un donneur ne peut donc se plaindre au peuple sans expliquer ni mettre au débat public le problème au risque de devoir justifier ses dépenses et ses politiques à ce jour définies de façon centrale, arbitraire, non soumise à contrôle, non débattue publiquement.

Prisonnier de ses propres engagements clientélistes, l'Etat - en fait ses dirigeants- ne présente aucune transparence de ses choix, de sa gestion calamiteuse (gaspillage, corruption, non rationalité , incohérence, arbitraire, détournements...) et des arbitrages qui sont opaques et généralement aussi incohérents que préjudiciables aux seuls publics et classes modestes.

Fondamentalement, la politique de l'état est intenable, incohérente, coûteuse et dominée par le gaspillage, inégale entre territoires et entre populations ,les populations les plus affectées étant les plus faibles habitant les périphéries et les campagnes isolées. Sur le fond a- le principe de gratuité est non durable et dangereux,

2- L'Etat doit associer ses engagements à la contribution des parents et mener une politique de rationalisation, de bonne gestion, de responsabilisation, de mobilisation de la contribution des familles au prorata des ressources, du nombre d'enfants et des conditions particulières, aux types d'élèves, de familles, et de région. Il doit aussi veiller à la qualité des services et à une bonne organisation qui permet de rationaliser de sorte à réduire les coûts et améliorer les prestations. Il doit aussi se désengager au profit de services publics spécialisés autonomisés, responsabilisés et contractualisés, etc.

Le problème est que l'Etat algérien est généralement mal organisé, mauvais mobilisateur des compétences, mauvais organisateur puisque bureaucratique, autoritaire et non soumis au contrôle. Si bien que toutes ses actions, prestations et responsabilités sont faussés par des surcoûts, désordres divers et non responsabilisation des acteurs (services administratifs, services publics, parents, corps professionnels de l'école, ONG, organisations diverses,..).

Les impératifs sont nombreux et liés: réformer en introduisant les principes de transparence des coûts, de rationalisation et de modernisation des prestations et services, responsabilisation, contractualisation entre Etat, Ecole, parents et corps sociaux dont les personnels de l'éducation, etc; préparation d'une réforme associant tous les acteurs sur la base d'études rapides mais de qualité, s'inspirer des modèles et exemples des pays développés mais aussi de certains pays du sud dont l'Union Indienne, l'Afrique du sud, la Tunisie, etc.

Ces commentaires de Nadir Boumaza ont été suscités par un article du blog intitulé:

L'Etat algérien continue d'abandonner les cantines scolaires

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DJAFFAR MOHAMED 18/10/2017 11:58

Bonjour,

Commentaire très juste, très riche de Nadir dont je connais les qualités intellectuelles, la probité et l’honnête, ainsi que la rigueur dans l'analyse sans langue de bois.